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Il faut aider des employeurs à recruter à l’étranger

Handshake to seal a deal after a job recruitment meeting
Photo Stock Adobe

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J’ai immigré au Québec en 2019, quelques mois avant la pandémie. Comme cela a été facile pour mon conjoint et moi-même : j’avais un employeur d’origine française, qui a donc pu décrypter mon CV sans peine. Venant d’un pays avec lequel le Canada a des accords et étant âgée de moins de 35 ans, j’étais éligible à un permis de travail parmi les plus faciles à obtenir. Cerise sur le gâteau : mon employeur étant un cabinet d’avocats spécialisé en immigration, je n’ai pas eu à lui expliquer les démarches pour me permettre d’obtenir un permis de travail, ou le rassurer quant aux délais.  

Arrivée au Canada, j’ai fréquenté différents cercles, lu les journaux, rencontré des acteurs du monde économique pour m’imprégner rapidement du tissu des affaires local. Venant d’Europe, un fléau récurrent et souvent étudié était le chômage, et ses impacts sur l’économie. Et là, de ce côté de l’Atlantique, j’ai découvert les ravages d’un mal que je ne connaissais pas : la pénurie de main-d’œuvre. 

Le mal est si présent que l’on s’habitue à voir des usines qui ferment faute de personnel, des commerces qui réduisent leurs horaires d’ouverture, des restaurants qui choisissent de supprimer certains services, et des panneaux « Nous embauchons » à travers la province. 

Des gens qualifiés veulent venir ici

Ce à quoi je ne m’habitue pas, en revanche, c’est au nombre de CV de qualité de ressortissants étrangers reçus pour chaque offre d’emploi postée sur les grands moteurs de recherche. La compétence de ces étrangers qui veulent aujourd'hui immigrer au Canada, et qui n'y entrent pas, constitue une perte de valeur vertigineuse pour le pays. 

Faut-il en faire le reproche aux employeurs ? Non, les freins au recrutement d’un ressortissant étranger tiennent à l’urgence de pourvoir un poste et, surtout, je crois, à la méconnaissance quant au processus, aux délais et aux coûts. Il y a une perte d’efficacité à envoyer un CV de l’étranger à un employeur non formé à le lire et ne sachant comment s’y prendre pour que son candidat obtienne un permis de travail. 

Je suis donc fière de porter depuis plus d’un an la plateforme Immijob et m’apprête à y consacrer tous mes efforts. Immijob est un site d’emploi dédié aux immigrants francophones ayant la volonté de venir travailler au Québec. Ils y créent un profil, lequel est directement visible d’employeurs Québécois prêts à recruter des candidats étrangers. 

Le recrutement intervient, ensuite, en direct entre les candidats étrangers et les employeurs québécois affichant sur le site. Mais nous leur avons facilité la rencontre en ayant en amont validé le projet d’immigration du candidat étranger, sa faisabilité, le programme disponible. Nous pouvons nous charger ensuite des démarches administratives de permis de travail. L’employeur, intéressé à recruter un ressortissant étranger, sait donc à quoi il s’engage en termes de délais et coûts d’immigration. 

En proposant cette approche différente, j’espère, du fond du cœur, en tant qu’immigrante, qu’Immijob fera partie de la solution à la pénurie de main-d’œuvre, récemment requalifiée de crise de la main d’œuvre. 

Handshake to seal a deal after a job recruitment meeting
Photo Pierre-Paul Poulin

Lorine Benoit, immigrante et responsable de la plateforme Immijob

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