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La fracture libérale

La fracture libérale
Photo d'archives, Simon Clark

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Nous ne sommes pas habitués à voir le PLQ laver son linge sale en public. Rarement a-t-on vu des députés d’un même caucus s’interpeller sur les réseaux sociaux comme l’a fait Mme Montpetit à l’égard de Gaétan Barrette.

Certains diraient que c’est une tempête dans un verre d’eau, je leur répondrai que c’est surtout le symptôme d’un problème plus grand, plus profond et ultimement plus dommageable. 

Le tout a commencé lorsque Gaétan Barrette a fait un tweet à propos de la Fédération des médecins omnipraticiens et de son président, le Dr Louis Godin. Il n’en fallait pas plus pour que la porte-parole libérale officielle en matière de santé invite son collègue à changer de ton, lire ici à se mêler de ses dossiers. 

Dr Barrette, que l’on a connu plus volubile et plus expressif, n’a pas réagi à ce tir ami, laissant la patate chaude dans les mains de la cheffe, Dominique Anglade. C’est là qu’un simple tweet s’est transformé en test de leadership. 

Mme Anglade a décidé de retirer des responsabilités aux deux belligérants, comme un enseignant qui confisque le jouet convoité par deux enfants de 3 ans. La récréation est terminée, vous êtes en punition. 

Comme si ce n’était pas assez, se sont rajoutées au débat des allégations de harcèlement psychologique visant Marie Montpetit. C’est alors officiel, c’est une crise. 

On assiste donc à des ras-le-bol, à une accumulation de frustration de part et d’autre qui s’exprime violemment:

La réforme toxique

Gaétan Barrette trouve plus d’appui dans ce qu’il a fait lors de son passage à la santé auprès du gouvernement qu’auprès de ses collègues. Alors que le gouvernement menace d’utiliser le véhicule législatif mis en place par le Dr Barrette pour mettre les omnipraticiens au pas, tant la cheffe que sa porte-parole en matière de santé prennent le soin d’éviter de rappeler que c’est un peu grâce à lui. La réforme Barrette est toxique et ils le lui font sentir.

D’ailleurs, c’est tout de même impressionnant de voir que Marie Montpetit et Dominique Anglade ont fait oublier le fait qu’elles étaient au Conseil des ministres du même gouvernement qui a poussé, qui a mis en place et défendu la réforme Barrette. 

Montpetit gâche un bon travail

Marie Montpetit, quant à elle, a fait un bon travail durant la pandémie. Elle a posé des questions pertinentes, a talonné le gouvernement sur la vaccination obligatoire et sur les tests rapides, mais elle sentait toujours le souffle de son collègue qui n’était jamais trop loin pour lui rappeler que lui aussi connaît le réseau de la santé.

N’ayant pas la langue dans sa poche, elle fait connaître à qui veut savoir que les interventions de son collègue dérangent et qu'il entretient des relations difficiles avec différents membres du caucus, pensant que son bon travail comme porte-parole et sa proximité avec la cheffe la protégeront. 

Dominique Anglade est donc prise entre deux feux. 

À un an des élections. 

Alors que son parti est au plus bas dans les intentions de vote. 

Elle demande à ses députés de s’occuper de leur dossier et de ne pas se mêler de ceux de leurs collègues. 

Est-ce vraiment le secret d’un caucus solidaire?