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Le PQ en danger de mort

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Paul St-Pierre-Plamondon

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À moins d’un an des élections, on voit mal comment la CAQ pourrait ne pas être triomphalement réélue.

Elle peut raisonnablement espérer 90 sièges, peut-être plus, et ne laisserait que des miettes aux autres formations.

Le gouvernement a un bilan appréciable, sur lequel nous reviendrons, mais il est aussi fort de la faiblesse d’une opposition complètement fragmentée.

Mourir

Le PLQ et QS patinent dans le beurre. Éric Duhaime semble en progression. 

Le PQ, lui, est carrément en danger de mort. 

Si la CAQ balaie le Québec francophone, le PQ pourrait perdre tous ses sièges.

Quand les militants du PQ cherchent des causes à leurs déboires, ils pointent du doigt tous leurs chefs successifs : pas assez ceci, trop cela, etc.

Plus ça va mal, plus le chef est visé. Paul St-Pierre-Plamondon n’y échappe pas.

C’est trop court comme analyse.

La base électorale du PQ, à ne pas confondre avec l’appui à la souveraineté, baisse inexorablement depuis 1994.

Au-delà des chefs et des erreurs de circonstance, il y a deux raisons fondamentales à ce déclin.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Richard Martineau sur QUB Radio:

La première raison est que le PQ traîne comme une croix ses deux terribles défaites référendaires.

Elles ont démobilisé deux générations de militants qui, dépités, ont cessé de s’activer et n’ont pas transmis le flambeau aux jeunes.

Ces derniers, pour beaucoup, voient donc le PQ comme le parti de leurs parents et de leurs grands-parents, et comme un parti de perdants. Comment les en blâmer ?

La seconde raison fondamentale des déboires du PQ est qu’il avait toujours été une coalition hétéroclite, qui tenait parce que la proximité de la souveraineté justifiait des compromis sur les autres enjeux.

Comme la perspective de la souveraineté s’est éloignée, ces compromis ne semblent plus nécessaires à beaucoup de militants.

D’ici au grand soir, s’il survient, beaucoup de ces militants se rallient à d’autres partis plus près de leurs vues sur d’autres enjeux.

Prenons maintenant un peu de hauteur.

Nonobstant ses mérites, le gouvernement Legault ne peut stopper l’indiscutable perte de poids démographique et politique du Québec au sein du Canada, sans cesse accentuée par une immigration massive.

Il n’y aura aucune réforme constitutionnelle.

La souveraineté reste donc la seule manière d’éviter l’« acadianisation » et la folklorisation du Québec français.

Certes, il est irréaliste d’espérer un vigoureux rebond du PQ qui en ferait un candidat au pouvoir dans un an.

Mais imaginons que le PQ meurt carrément.

Le Canada anglais y verra un autre signe que le Québec rentre dans le rang pour de bon et accepte son déclin programmé.

La souveraineté, en attendant des jours meilleurs, doit rester une carte dans le jeu du Québec, une carte qu’il pourrait un jour choisir de jouer.

Flamme

Ce serait une gravissime erreur de s’en priver pour toujours.  

Le PQ aide à garder vivante cette petite flamme. 

Voilà pourquoi il ne doit pas mourir.

Au-delà des calculs partisans, le Québec serait-il plus fort sans le PQ ?

Je ne vois pas en quoi.