/sports/opinion/columnists
Navigation

L’homme le plus recherché à Chicago

Agression BlackHawks Chicago
Photo d’archives John McDonough, photographié ici en 2017, a été le président des Blackhawks de 2007 à 2020.

Coup d'oeil sur cet article

De 2009 à 2015, les Blackhawks de Chicago étaient la référence dans la LNH. Ils ont conservé la meilleure moyenne victorieuse dans le circuit (,651) en saison régulière et remporté la coupe Stanley à trois reprises. Tout le monde respectait les Blackhawks. Mais tout ça est terminé. Leur image est ternie pour longtemps.

• À lire aussi: Un gros test pour Caufield

L’enquête indépendante qu’ils avaient commandée en juin à une grosse firme d’avocats internationale a confirmé la sordide histoire de mœurs qui circulait à leur sujet.

Un ancien employé, Brad Aldrich, qui était responsable du vidéo au sein du personnel d’entraîneurs adjoints, aurait agressé sexuellement Kyle Beach, premier choix au repêchage de l’organisation en 2008.

Les faits sont survenus en mai 2010, alors que l’équipe visait une première conquête de la coupe Stanley depuis 1961. La troupe dirigée par Joel Quenneville est allée jusqu’au bout, mais la mésaventure de Beach a été balayée sous le tapis.

Cheveldayoff, comme les autres

Les têtes ont roulé à la suite de la publication du rapport du cabinet Jenner & Block, la semaine dernière.

Stan Bowman a été démis de ses fonctions de directeur général des Blackhawks, poste qu’il occupait depuis une douzaine d’années.

Quenneville a remis sa démission comme entraîneur-chef des Panthers de la Floride, lui qui en était à sa 25e saison à ce titre dans la LNH.

Une personne a été blanchie de tout blâme.

Il s’agit de Kevin Cheveldayoff, directeur général des Jets de Winnipeg, qui était l’adjoint de Bowman au moment des faits.

Gary Bettman a fourni les raisons lors d’une visioconférence avec les journalistes, hier après-midi.

Il a fait valoir que Cheveldayoff n’était en poste que depuis neuf mois lors des événements et que son travail consistait à s’occuper de la masse salariale et à négocier avec les joueurs.

Selon ce que Cheveldayoff lui a expliqué, il n’avait pas l’autorité pour intervenir et s’en remettait à ses supérieurs pour faire le nécessaire.

Quoi qu’en dise Bettman, Cheveldayoff avait la responsabilité d’en parler. Il aurait dû.

Comme Bowman ou Quenneville, qui paient maintenant pour leur erreur.

Excuse insignifiante

Bowman a mis le dossier dans les mains de John McDonough, président de l’équipe qui a été congédié en avril 2020.

Qu’a fait McDonough ?

Rien.

Aujourd’hui, McDonough est l’individu le plus recherché à Chicago. Terré on ne sait où, il est vu comme la personne qui a fui ses responsabilités dans la tourmente.

En fait, il vit incognito depuis son congédiement. C’est comme s’il n’avait jamais existé.

Bowman ne l’a pas épargné dans son témoignage devant les enquêteurs. Il a raconté que McDonough ne voulait pas revivre la perte d’un possible championnat, comme il l’avait vécue précédemment à titre de président des Cubs de Chicago.

Allô ! 

On peut lire les propos qu’il avait tenus à Bowman dans le rapport d’enquête : « Les Blackhawks pourraient ne plus jamais se rendre aussi loin dans les séries et il faut réfléchir quant au moment de dévoiler cette histoire ».

McDonough aurait dit qu’il prendrait l’affaire en main à partir de là. 

Cinq jours après la victoire des Hawks contre les Flyers lors de la finale de 2010, il a avisé le service des ressources humaines des Hawks des actes reprochés à Aldrich, tout en spécifiant de ne rien ébruiter pour ne pas détruire la chimie de l’équipe.

Pendant que les dirigeants et les joueurs de la formation régulière festoyaient, le pauvre Beach se morfondait et se demandait de quoi son avenir serait fait.

Il n’a jamais joué avec les Hawks ni avec aucune autre équipe de la LNH.

Personnalité dominante

Quant à McDonough, il était un personnage bien en vue à Chicago, lui qui avait été aussi président du Sting de la MLS. Il était au sommet de son art. Il avait amené les Blackhawks au 21e siècle en matière de mise en marché.

S’il était populaire auprès des amateurs et des journalistes, il ne l’était pas dans les bureaux des Hawks. Les nombreux employés interrogés par le cabinet d’avocats l’ont décrit comme un être contrôlant qui veut toujours avoir la décision finale.

Il n’en faisait pas un secret non plus.

Dans une entrevue au Chicago Sun-Times en 2013, il avait déclaré que s’il fallait user de beaucoup de fermeté pour faire rouler une entreprise, il n’y voyait aucun problème.

« Ce travail n’est pas pour les cœurs faibles », avait-il affirmé.

Selon Bettman, McDonough n’a jamais informé le propriétaire des Hawks, Rocky Wirtz, de ce qui s’était passé en mai 2010.

« S’il avait su, il aurait agi », a assuré Bettman, hier.

Wirtz dit-il vrai ?

Peut-on le croire ?

C’est peut-être la raison qui se cache derrière le congédiement de McDonough.

Bowman et Quenneville ont perdu leur poste pour cette histoire. Ils ne pouvaient pas y échapper. Ils sont coupables au même titre que les joueurs qui savaient et qui se sont moqués de Beach.

Mais qu’on ne se trompe pas.

Beach est la seule vraie victime dans cette sale histoire. Il a perdu la chance de faire carrière dans la LNH et, malgré toute l’aide que la Ligue s’engage à lui donner, le drame qu’il a vécu le suivra toute sa vie.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.