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Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe

Un séjour dans les ligues mineures n’est pas une étape négative dans le développement de Cole Caufield

Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe
Photo Martin Chevalier

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Disons les vraies choses dans le cas de Cole Caufield. Sa rétrogradation n’a rien d’étonnant. Non seulement le jeune ne produisait pas, il était peu visible sur la glace.

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Tous les chiffres le disent.

Pas seulement ceux dans les colonnes des buts, des mentions d’aide et des points. Mais aussi celles portant sur son temps de jeu à forces égales et en supériorité numérique.

Caufield ne peut pas dire qu’il n’était pas suffisamment utilisé.

Dominique Ducharme ne le faisait pas jouer au sein d’un troisième ou d’un quatrième trio.

Son renvoi à Laval n’est pas catastrophique non plus.

Et ce, même si l’organisation nous cause des inquiétudes quant à ses méthodes de développement.

Les surdoués et les autres

Joël Bouchard a fait de bonnes choses avec Jesperi Kotkaniemi, de l’aveu de celui-ci.

La connexion était bonne entre les deux.

Or, à son retour avec le grand club, Kotkaniemi est retombé dans l’inconstance. 

Tantôt bon, tantôt excellent même, comme il l’a montré dans certains matchs des séries, tantôt médiocre.

À tel point que Ducharme l’a sorti de la formation lors des deux derniers duels de la finale de la Coupe Stanley contre le Lightning de Tampa Bay, en juillet dernier.

Contrairement à la croyance populaire, un séjour dans les ligues mineures n’est pas une étape négative pour un joueur prometteur.

Seuls les surdoués y échappent et, à moins que quelque chose m’ait échappé, Caufield ne fait pas partie de cette catégorie.

Il a du talent, certes, mais il lui reste un tas de choses à apprendre dans les rangs professionnels.

Pendant les 26 saisons consécutives (1990-1991 à 2015-2016) où ils ont pris part aux éliminatoires, les joueurs des Red Wings de Detroit étaient appelés pour la plupart à disputer entre 100 et 150 matchs dans les mineures.

Des grands du CH aussi

La même philosophie primait chez les grandes équipes du Canadien.

Serge Savard (une saison), Jacques Lemaire (1), Guy Lapointe (2) et Larry Robinson (2) ont tous passé du temps dans les ligues mineures avant de porter le chandail tricolore.

Ces quatre joueurs ont poursuivi leur chemin jusqu’au Panthéon du hockey.

La coupe Calder

Yvon Lambert (une avec Detroit et deux avec le Canadien) et Pierre Mondou (2), qui ont contribué au succès de l’équipe durant la fameuse période de 1975 à 1979, se sont fait la main avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse.

Cette formation a remporté la coupe Calder en 1972, 1976 et 1977.

C’est vrai que l’organisation du CH était remplie aux as, mais les résultats ne venaient pas comme par magie. Les joueurs étaient formés pour bien performer et travailler en équipe.

Si les temps ont changé, il n’en demeure pas moins que rien n’est perdu pour Caufield.

Restons calmes !

Gros défi pour Houle

Son séjour avec le Rocket constitue le premier gros défi de l’entraîneur Jean-François Houle, un vieux routier du métier.

Houle fera le nécessaire pour aider Caufield à retrouver sa confiance.

Lui aussi a évolué au niveau universitaire américain et dans la Ligue américaine. Comme entraîneur, il a dirigé dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec et la ECHL. Il était adjoint avec le club-école des Oilers d’Edmonton depuis six ans lorsque le poste d’entraîneur-chef du Rocket de Laval s’est libéré.

Il est capable de relancer Caufield, mais le jeune homme devra faire son bout de chemin aussi. 

2005 | CAREY PRICE  

Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe
Photo d’archives

1er tour | 5e dans la LNH

On répète souvent que le Tricolore aurait pu repêcher Anze Kopitar au lieu de Carey Price. Force est d’admettre que l’organisation a vu juste, sans rien enlever à Kopitar. Le Canadien est venu toutefois près d’échapper son gardien étoile. Après l’avoir vu mener les Bulldogs de Hamilton à la coupe Calder, suivant la fin de son stage junior, Guy Carbonneau et Roland Melanson estimaient qu’une saison complète dans la Ligue américaine avantagerait le développement de Price. Or, la haute direction cherchait désespérément un jeune joueur de fort calibre qui pourrait faire jaillir l’espoir chez ses partisans après avoir raté les séries en 2007. Price était l’homme tout désigné après ses exploits au Championnat du monde junior et avec les Bulldogs. La recrue s’est bien débrouillée en saison régulière, mais les choses furent plus difficiles en séries contre les Bruins de Boston et les Flyers de Philadelphie. Price a continué à éprouver des difficultés à ses deuxième et troisième campagnes. Il a atteint le fond du baril lors des séries de 2010, étant remplacé par Jaroslav Halak, dont les exploits lui valurent un grand capital de sympathie des amateurs. Qu’à cela ne tienne, le CH lui aura réitéré sa confiance en cédant Halak aux Blues de Saint- Louis.

2005 | GUILLAUME LATENDRESSE  

Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe
Photo d’archives

2e tour | 45e dans la LNH

Il avait bien joué à son premier camp avec le Canadien. L’administration Gainey avait néanmoins jugé préférable de le retourner aux Voltigeurs de Drummondville. À son deuxième camp, il a frappé durement par derrière Rob DiMaio lors d’un match préparatoire contre le Lightning de Tampa Bay. Victime d’une commotion cérébrale, DiMaio n’a plus jamais rejoué après cet incident. Cet événement a marqué Latendresse au fer rouge. Déjà avant cet épisode, le Tricolore le voyait comme un attaquant de puissance en raison de son gros gabarit. Mais le Québécois ne correspondait pas à ce profil. Il était davantage un joueur de finesse. Utilisé au sein du troisième ou quatrième trio, il a tout de même trouvé le moyen de connaître deux saisons de 16 buts et une autre de 14 buts, sans avoir eu à faire des séjours dans les mineures. À sa quatrième saison, il a été cédé au Wild du Minnesota contre l’Ontarien Benoit Pouliot.

2007 | GUILLAUME LATENDRESSE  

2e tour | 45e dans la LNH

Il avait bien joué à son premier camp avec le Canadien. L’administration Gainey avait néanmoins jugé préférable de le retourner aux Voltigeurs de Drummondville. À son deuxième camp, il a frappé durement par derrière Rob DiMaio lors d’un match préparatoire contre le Lightning de Tampa Bay. Victime d’une commotion cérébrale, DiMaio n’a plus jamais rejoué après cet incident. Cet événement a marqué Latendresse au fer rouge. Déjà avant cet épisode, le Tricolore le voyait comme un attaquant de puissance en raison de son gros gabarit. Mais le Québécois ne correspondait pas à ce profil. Il était davantage un joueur de finesse. Utilisé au sein du troisième ou quatrième trio, il a tout de même trouvé le moyen de connaître deux saisons de 16 buts et une autre de 14 buts, sans avoir eu à faire des séjours dans les mineures. À sa quatrième saison, il a été cédé au Wild du Minnesota contre l’Ontarien Benoit Pouliot.

2007 | MAX PACIORETTY  

Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe
Photo d’archives

1er tour | 22e dans la LNH

Fait rare pour un joueur universitaire américain, Max Pacioretty a mérité un poste au sein du premier trio des Wolverines du Michigan en tant que recrue. Ses droits appartenaient déjà au Canadien, qui l’avait recruté alors qu’il évoluait dans la United States Hockey League. Après une saison avec les Wolverines, Pacioretty signait un premier contrat avec le Tricolore. Il a fait la navette entre Montréal et Hamilton à ses trois premières années professionnelles. À l’automne 2010, il y était allé d’une déclaration-choc en disant qu’il lui était plus utile d’évoluer au sein d’un premier trio dans la Ligue américaine, plutôt que de faire partie d’un troisième ou quatrième trio dans la LNH. Bien servi par David Desharnais à ses premières campagnes dans la LNH, il est devenu le marqueur que l’on voyait en lui.

2018 | JESPERI KOTKANIEMI  

Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe
Photo d’archives

1er tour | 3e dans la LNH

Le Canadien a dérogé de la règle voulant qu’une équipe sélectionne le meilleur joueur disponible quand vient son tour de repêcher. À la recherche du sempiternel gros joueur de centre, Marc Bergevin et ses lieutenants ont placé leur mise sur Jesperi Kotkaniemi. La décision est audacieuse. Après Rasmus Dahlin et Andrei Svechnikov, Brady Tkachuk était un choix quasi unanime au troisième rang. Kotkaniemi n’arrivait pas sans quelques bonnes références. À 17 ans, il avait joué contre des hommes dans la Ligue élite finlandaise dans laquelle il avait montré de belles choses en deuxième moitié de saison. Le Canadien lui a-t-il fait gravir les échelons trop vite ? Oui, quand je me réfère aux propos que m’avait tenus Saku Koivu avant le premier camp d’entraînement de Kotkaniemi à Montréal. L’ancien capitaine de l’équipe montréalaise avait dit au jeune homme de ne pas s’en faire s’il ne parvenait pas à se faire une place au sein de la formation à sa première année, voire à son deuxième essai. Tout en spécifiant que chaque cas est différent, Koivu avait expliqué que les deux années additionnelles qu’il avait disputées en Finlande lui avaient été fort utiles. On ne peut pas encore dire que « KK » est un flop, mais les Hurricanes de la Caroline doivent avoir hâte qu’il produise davantage.

2019 | COLE CAUFIELD  

Cole Caufield à Laval : rien d’une catastrophe
Photo d’archives

1er tour | 15e dans la LNH

Si la marche est haute entre les circuits européens et la LNH, il en est de même pour les joueurs provenant de la NCAA. Même s’il s’est affirmé à son arrivée la saison dernière, on s’est emballé trop vite avec Cole Caufield. C’est vrai que le jeune homme a été appelé à disputer plusieurs matchs sur une courte période, chose à laquelle les joueurs universitaires ne sont pas habitués. Mais le contexte était différent en raison des contraintes créées par la pandémie. Les activités de la LNH sont revenues à la normale cette saison, du moins jusqu’à présent. Marathon de 82 matchs, déplacements aux quatre coins de l’Amérique, séances d’entraînement, le rythme est endiablé ! Caufield doit assimiler tout ça en un temps record. Ajoutons qu’il n’est plus un inconnu pour les équipes adverses et ça donne ce qu’on a vu. Donnons-lui le temps !

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