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Facile de vivre ici sans parler français

Le président d'Air Canada en est la preuve

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Il est possible de vivre seulement en anglais au Québec sans jamais utiliser le français. C’est ce qu’a avoué le grand patron d’Air Canada, Michael Rousseau, qui demeure dans la métropole depuis 2007, et qui n’a pas été en mesure de répondre à de simples questions de la part des journalistes.  

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« J’ai été capable de vivre à Montréal sans parler français. C’est tout à l’honneur de cette ville », a affirmé le dirigeant en marge d’une conférence donnée seulement en anglais (hormis quelques secondes en français), ce qui a causé la controverse depuis le début de la semaine. 

Tel qu’annoncé, le PDG d’Air Canada Michael Rousseau a prononcé, mercredi, un discours en anglais devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Il n’a prononcé que quelques mots dans un français assez bancal, au début de son allocution.
Photo Chantal Poirier
Tel qu’annoncé, le PDG d’Air Canada Michael Rousseau a prononcé, mercredi, un discours en anglais devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Il n’a prononcé que quelques mots dans un français assez bancal, au début de son allocution.

Au préalable, le dirigeant avait demandé aux journalistes de lui poser les questions en anglais car visiblement il ne comprenait pas la langue de Molière dans un point de presse complètement chaotique. 

Encore plus étonnant, M. Rousseau a également avoué qu’il n’a pas comme priorité d’apprendre le français même si Air Canada est assujettie à la loi sur les langues officielles.           

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Le français, loin de ses priorités

« J’aimerais être capable de parler français. Ma famille a des origines francophones. Mais maintenant ma priorité est de relancer Air Canada qui apporte tellement à la province de Québec et à Montréal », a-t-il lancé. 

Et pour justifier sa décision, il affirme que son emploi du temps l’empêche de travailler à son français. 

« Si vous voyiez mon horaire de travail [...] vous comprendriez que c’est sur quoi je dois me concentrer », a-t-il poursuivi. 

Cette sortie du dirigeant a été vivement dénoncée par le gouvernement Legault. 

« Le grand patron d’Air Canada exprime tout ce que nous avons rejeté il y a des décennies : le mépris pour notre langue et notre culture chez nous au Québec. Ces propos sont indignes des fonctions qu’il occupe », a tweeté le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette. .

  • Écoutez les actualités de Mario Dumont et Vincent Dessureault sur QUB radio:    

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon s’est aussi emporté sur Twitter. 

« Le français, une peccadille optionnelle pour le patron d’Air Canada. [...] Rester au Canada, c’est consentir au déclin de notre langue nationale », a-t-il écrit. 

Photo Chantal Poirier

Plusieurs plaintes

Air Canada est constamment critiquée par le Commissariat aux langues officielles avec une moyenne de 80 plaintes chaque année. Seulement pour ce discours, 24 plaintes ont été enregistrées. 

« Je peux vous dire qu’Air Canada est profondément attachée à la loi aux langues officielles afin d’assurer un service dans les deux langues à notre clientèle. Nous investissons des dizaines de millions de dollars dans la formation de nos employés », a-t-il souligné. 

Ce qu’ils ont dit  

« Nos deux langues officielles sont notre richesse et nos leaders se doivent d’en faire la promotion. Je vous invite à faire l’effort d’apprendre la magnifique
langue qu’est le français »

– Ginette Petitpas Taylor, ministre des Langues officielles

« L’insulte à l’injure. Air Canada doit des explications aux Québécois et aux francophones de partout au pays. C’est un manque de respect envers notre langue. Inacceptable ! » 

– Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien et lieutenant québécois

« Le Québec, dont la seule langue commune et officielle est le français (une des deux langues dites officielles du Canada), paie plus de 20 % des subventions et aides fédérales à Air Canada. Le patron n’y a aucune considération pour le français. Revoit-on l’aide ? »

– Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois

« Vraiment désolant de voir aussi peu de considération pour les francophones. Le déclin du français est bien réel. Il faut montrer l’exemple et agir »

– Alain Rayes, député conservateur

« Je trouve ces propos épouvantables et irrespectueux. Air Canada a franchement la manie de ne pas comprendre l’impact de ses décisions » 

– Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

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