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CF Montréal: réparer les cœurs brisés

Impact de Montréal
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin

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C’est en entendant Nick De Santis au 91,9 Sports que j’ai senti la peine profonde de tous ceux qui avaient consacré un quart de siècle à bâtir l’Impact de Montréal.

De Santis avait la voix étranglée par l’émotion quand il a raconté comment c’était crève-cœur de voir 25 ans de passion et de travail détruits en moins de deux ans. 

Il parlait de la fidélité des partisans, des vrais amateurs de foot, des Jacques Thériault de ce monde.

Et il a fini l’entrevue en n’osant espérer que l’Impact retrouve son nom et son identité malgré le départ de Kevin Gilmore.

Dans le fond, il parlait du club des cœurs brisés. Heartbreak Club.

L’identité d’un club

Kevin Gilmore a occupé des fonctions importantes tant dans la NBA, qu’au baseball avec les Angels, qu’avec les Kings de Los Angeles et le Canadien de Montréal. Et il a donné un sérieux coup de main au Comité olympique canadien aux Jeux de Pyeongchang, en 2018. 

Mais son passage à la présidence du Club de foot de Montréal aura été marqué par trois grandes étapes. Et à cause de son tempérament d’homme très décidé et volontaire, ces étapes ont miné les plans de Gilmore.

◆ La pandémie a frappé l’Impact de plein fouet. C’était impossible de gérer les pertes financières tout en organisant de longs séjours à l’étranger pour l’équipe. Même un président aussi affable et souriant que Mario Cecchini avec les Alouettes n’aurait pu faire mieux que Gilmore. Il ne faut jamais oublier que c’est le Québec qui a payé le plus lourd tribut à la
COVID-19.

◆ Puis, celui que je considère comme un ami a commis une erreur qui a déchiré le lien d’amour de l’Impact avec le public sportif québécois. À ce jour, je ne comprends toujours pas la décision de « réinventer » le club de soccer de la ville en jetant aux orties le nom, les couleurs et l’amour du public. 

Le tout agrémenté d’une présentation en mohawk pour compléter la charge.

Sortir les fans du stade

◆ Le troisième drame de la présidence de Kevin Gilmore a été le conflit incontrôlable entre l’organisation et les Ultras ainsi que les membres de la section 132. Dans les faits, Gilmore avait raison de dénoncer l’impolitesse et les actes frôlant le vandalisme des Ultras. Mais dans la réalité du sport professionnel où rien n’est plus difficile que de vendre des tickets pour un événement post COVID-19, c’était une solution qui faisait du CF Montréal un perdant dans l’affrontement.

Surtout que Gilmore et sa famille ont été ciblés par une campagne de salissage sur les réseaux sociaux à la limite de la violence. Tellement que sa maison et sa famille devaient être protégées 24 heures par jour. 

Et que Kevin Gilmore a décidé qu’assez c’était assez.

Courts règnes

Les deux derniers vice-présidents directeurs du Canadien, Ray Lalonde et Kevin Gilmore, ont connu de courtes présidences avec les Alouettes et le CF Montréal. 

Faut croire que le monde est plus coriace au Centre Bell...