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Air Canada: comme Marie-Antoinette...

CCMM
Photo Chantal Poirier

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Le PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, s’est comporté comme Marie-Antoinette, l’ancienne reine de France, en étant insensible à la réalité qui l’entoure. 

Marie-Antoinette fut surprise de la révolte du peuple réclamant du pain pendant qu’elle vivait dans le luxe. Elle ne trouva rien d’autre à dire que: «S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche.» Elle n’avait pas compris que le peuple voulait surtout qu’on arrête de le saigner. 

Michael Rousseau n’a pas anticipé la réaction que susciterait son allocution livrée exclusivement en anglais. Ses excuses sont comme la brioche de Marie-Antoinette, c’est le signe d’une grande incompréhension de la réalité québécoise. 

On réclame aujourd’hui la tête de Michael Rousseau en voulant qu’il soit éjecté de son poste de PDG. Consolation pour lui, c’est un sort moins radical que celui qui fut réservé à la reine de France. 

En supposant qu’il quitte effectivement ses fonctions, cela changera-t-il vraiment les pratiques d’Air Canada? Le passé laisse plutôt croire que l’exploitation de l’entreprise se poursuivra comme avant, avec les mêmes travers. 

L’indignation est à son comble face à sa bourde. Politiciens, chroniqueurs et citoyens crient leur exaspération. Malheureusement, nous avons l’indignation occasionnelle et la faculté d’oublier rapide.  

Cela nous empêche de réaliser que nous ne sommes pas maîtres chez nous et de prendre enfin notre destin en main. 

Il ne faudra pas, alors, se surprendre de voir des candidats à la mairie de Montréal louvoyer au sujet de la protection du français. Aussi, nous ne nous étonnerons pas que l’anglais prenne de plus en plus de place dans notre environnement, et plus particulièrement dans les milieux de travail. 

Multiculturalisme et langues officielles du Canada sont des subterfuges pour assimiler la nation québécoise et la réduire à un état folklorique. Un ami me disait dernièrement que les deux langues officielles du Canada sont l’anglais et la traduction simultanée, cela résume tout. 

L’indignation temporaire et la colère de monsieur Legault ne suffiront pas à protéger la nation québécoise. À défaut d’un sérieux coup de barre, nous sommes condamnés à nous étioler. 

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