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Environnement: lettre à mes enfants

Environnement: lettre à mes enfants
AFP

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Mes chers enfants,

Je vous écris pour vous rassurer sur la suite du monde. Même si les aiguilles de l’horloge climatique ne tournent plus rond depuis des années et que tout le monde préfère se cacher la tête dans les sables bitumineux quand il est question d’environnement, je suis persuadée que les personnes qui ont parcouru des centaines de kilomètres en jet privé pour se rendre à la COP26 vont tout arranger ça, les affaires de couche d’ozone qui s’étiole et de banquises qui fondent.

Plus besoin de vous inquiéter du niveau de la mer ni du déclin des populations de poissons. Nenon. Des millionnaires – surtout des monsieurs millionnaires – se sont penchés sur la question toute la semaine en Écosse en buvant du Single Malt. Justin Trudeau a dû en boire beaucoup, de la boisson, je parle, pour oublier le fait que le Canada a raté – et pas rien qu’un peu – ses cibles de réduction des GES en 2000, 2012 et 2020.

Mais ça, c’est le passé. Tout sera réglé en 2030, les enfants. La preuve ? Plus d’une centaine de pays se sont engagés à arrêter la déforestation d’ici là. Vous n’aurez même plus besoin de pas manger de Nutella pour préserver l’habitat naturel des orangs-outangs. C’est pas beau ?

Grâce à cette seule petite semaine à faire des ronds avec la fumée de leur cigare, les plus hauts dirigeants de la planète ont songé à comment la biodiversité sera magiquement préservée. Paraît qu’on aura plus besoin de champs où faire pousser les bœufs qui vont dans nos hamburgers. Même le Brésil embarque. C’est pas mêlant, en 2030, c’est le retour au jardin d’Eden. Tout est réglé, mes enfants, vous pouvez vous endormir sur vos deux oreilles en vous faisant conter des histoires à dormir debout. Fini les cauchemars éco-anxieux où vous vous crevez les yeux avec votre paille de métal. Ça va bien aller. Ils l’ont promis.