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Il vend sa startup à une entreprise française : «c’est une introspection très difficile»

Il vend sa startup à une entreprise française : «c’est une introspection très difficile»
Photomontage: Julie Verville / Photo: courtoisie Roberto Casoli

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Longues nuits éveillées, discussions ardues et introspection d’une «brutale honnêteté» : un entrepreneur montréalais revient sur la vente de sa jeune pousse technologique, l’une des décisions les plus difficiles de sa vie.

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CHK PLZ avait le vent dans les voiles. Lancée au début de la pandémie après un an de développement, l’entreprise avait fait sa place dans 300 restaurants, comme Joe Beef et Satay Brothers. Elle leur offrait des outils de paiement sans contact par code QR, mais aussi de commande à table et de commande en ligne avec livraison. « On proposait toutes les solutions technologiques dont un restaurant pouvait avoir besoin pour prospérer dans l’ère post pandémie », résume le cofondateur de la compagnie Roberto Casoli. 

En septembre, CHK PLZ était rendue à l’étape suivante : obtenir des fonds supplémentaires pour poursuivre sa croissance à l’extérieur de la province. « Ça allait bien, on avait trouvé des gens intéressés », raconte Roberto Casoli, en entrevue avec le 24 heures. Une discussion avec un concurrent européen est toutefois venue tout chambouler. 

sunday : de concurrents à collègues

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Cette discussion, c’est celle avec sunday, une jeune pousse française qui offre plusieurs outils similaires à CHK PLZ. Si sunday est une entreprise plus récente – elle a été lancée il y a 8 mois à peine – elle a aussi les reins plus solides, grâce à une ronde de financement de 100 millions de dollars américains pour soutenir sa croissance mondiale. 

« On a beaucoup aimé notre premier contact avec les fondateurs de sunday. Ils avaient la même vision que nous et la même passion pour aider les restaurateurs », explique Roberto Casoli. 

La discussion s’est transformée en acquisition, dont la valeur n’a pas été divulguée. Aujourd’hui, à 26 ans, Roberto Casoli est maintenant directeur général de sunday pour le Canada. Il s’apprête à percer le marché à l’extérieur du Québec, tel qu’il l’avait initialement prévu, mais avec un autre nom d’entreprise sur sa carte professionnelle (les outils de CHK PLZ peuvent encore être utilisés par les restaurants, mais ils seront intégrés à sunday dans les semaines à venir). 

« Toute l’équipe est maintenant avec sunday. On continue de faire la même chose qu’avant, mais avec plus de ressources », observe-t-il. 

L’entreprise française sunday a mis la main en septembre sur la jeune pousse technologique montréalaise CHK PLZ, qui offre des solutions numériques pour les restaurants, comme la commande à table avec un code QR.
Courtoisie: CHK PLZ
L’entreprise française sunday a mis la main en septembre sur la jeune pousse technologique montréalaise CHK PLZ, qui offre des solutions numériques pour les restaurants, comme la commande à table avec un code QR.

Une décision très difficile

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Si Roberto Casoli semble en paix avec sa décision, on comprend rapidement qu’elle n’a pas été facile à prendre. « Maintenant, c’est plus clair dans ma tête quand j’en parle, mais au début, ça a été beaucoup de nuits longues et de conversations difficiles avec les autres cofondateurs et nos conseillers », explique l’entrepreneur. 

« Nos affaires allaient bien, mais la majorité des jeunes entreprises échouent. Tu ne peux pas ignorer ça, surtout qu’on avait des investisseurs et des employés », médite-t-il. La question était de savoir si CHK PLZ allait être capable de poursuivre sa croissance avec ses moyens plus limités, ou si elle risquait de tomber aux mains d’un autre joueur mieux nanti. 

Les entrepreneurs ont l’habitude de vendre leurs produits et de présenter surtout les bons côtés du métier. Quand vient le temps de décider s’ils doivent se séparer de leur entreprise, les lunettes roses doivent être laissées de côté. « Il faut être brutalement honnête avec soi-même, et évaluer ses forces et ses faiblesses. C’est une introspection très difficile », ajoute Roberto Casoli. 

« Il faut enlever l’émotion de l’équation et prendre la décision qui va être la plus sensée et rapporter le plus de valeur pour toi, mais aussi pour tout le monde impliqué dans l’aventure », poursuit-il. Il faut également se retrouver dans un bon environnement par la suite, ce qu’il estime être le cas avec sunday, en qui il voit une future licorne - le nom donné aux jeunes entreprises valant plus d’un milliard de dollars. 

« Si je lance un jour une autre startup, je ne prendrai peut-être pas la même route, note Roberto Casoli. Mais pour ce projet, pour CHK PLZ, c’était la meilleure chose qu’on pouvait faire. »

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