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Le ramassage des feuilles mortes, une activité saine ou polluante ?

1106 CASA Fleurs et potager
Photo courtoisie, Black and Decker Mis à part un râteau, un aspirateur à feuilles électrique est assurément l’équipement le moins polluant pour nettoyer le jardin l’automne venu.

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Le rituel du ramassage des feuilles mortes est une activité saine et agréable qui permet de profiter pleinement des belles journées d’automne et de trouver un certain contact avec la nature. Toutefois, pour certaines personnes confrontées aux souffleurs à feuilles, la période automnale est plutôt synonyme de tension et d’exaspération.

Outils polluants

Comme la plupart des petits outils à essence, les souffleurs à feuilles ont la réputation d’être particulièrement bruyants et polluants. Les moteurs qui actionnent ces machines émettent des quantités plus élevées de monoxyde de carbone, de composés organiques volatils (COV) et d’oxydes d’azote que les automobiles.

En effet, le California Air Resources Board a évalué récemment que l’utilisation pendant une durée d’une heure de certains modèles de souffleurs à feuilles produit autant de pollution qu’une Toyota Camry 2017 parcourant une distance de près de 1800 kilomètres !

Selon l’Environmental Protection Agency, les équipements d’entretien de pelouse à essence, tels que les souffleurs à feuilles, seraient responsables d’environ 5 % de toute la pollution atmosphérique en Amérique du Nord.
Photo courtoisie, Centre de gestion du Bas-Rhin
Selon l’Environmental Protection Agency, les équipements d’entretien de pelouse à essence, tels que les souffleurs à feuilles, seraient responsables d’environ 5 % de toute la pollution atmosphérique en Amérique du Nord.

En Amérique du Nord, ce sont plus de 3 milliards de litres d’essence qui sont brûlés chaque été par les utilisateurs de tondeuses, débroussailleuses, souffleurs à feuilles et autres équipements d’entretien de pelouse. Un autre grave problème environnemental est causé par les déversements d’essence. Aux États-Unis, des chercheurs ont estimé que plus de 64 millions de litres d’essence sont déversés chaque année sur le sol au moment de remplir les appareils d’entretien de pelouse.

De plus, la plupart des modèles de souffleurs à feuilles émettent plus de bruit que ce qui est recommandé par l’Organisation mondiale de la santé et par le Département de la santé publique de Montréal, soit 55 décibels. Quelques-uns de ces appareils peuvent générer près de 120 décibels, constituant le seuil de la douleur et pouvant provoquer des acouphènes ou une surdité temporaire chez ceux qui les manœuvrent. C’est pourquoi il est fortement recommandé de toujours porter une protection auditive lorsqu’on utilise ce type d’outil.

Outils électriques

On retrouve sur le marché des souffleurs à feuilles électriques rechargeables qui n’émettent aucun gaz polluant et qui produisent moins de bruit que ceux dont le moteur fonctionne avec de l’essence. En vous procurant un souffleur à feuilles électrique, vous pourrez ainsi nettoyer votre terrain tout en diminuant votre impact sur votre voisinage et sur l’environnement.

Toutefois, bien qu’ils ne produisent pas de gaz à effet de serre, ils émettent tout de même du bruit, allant parfois jusqu’à 80 décibels. Bref, leur utilisation est moins polluante que celle des équipements à essence, mais elle n’est pas sans impact négatif.

Les souffleurs à feuilles électriques sont nettement moins polluants que ceux munis de moteurs à essence, mais leur utilisation n’est toutefois pas sans impact négatif.
Photo courtoisie, Europe École
Les souffleurs à feuilles électriques sont nettement moins polluants que ceux munis de moteurs à essence, mais leur utilisation n’est toutefois pas sans impact négatif.

D’autre part, puisque leur soufflerie projette l’air à des vitesses supérieures à 200 kilomètres/heure, les souffleurs à feuilles électriques contribuent également à mettre des particules fines en suspension dans l’atmosphère (pollen, spores de moisissures, matières fécales, etc.). À ce sujet, si vous souhaitez éviter de contribuer à la pollution de l’air, il serait peut-être plus judicieux d’opter pour un équipement qui aspire les débris et les feuilles mortes plutôt qu’un souffleur.

Bannis

Dans certaines villes d’Europe, l’utilisation des souffleurs à feuilles est réglementée par des lois sévères, comme c’est le cas dans plusieurs municipalités de France. Depuis octobre 2014, quelques villes d’Autriche ont banni l’utilisation de ces appareils.

Déjà bannie dans plus d’une vingtaine de municipalités, la vente des équipements de tonte à essence sera carrément interdite en Californie à partir de 2024. Dans cet État, on retrouve 16,7 millions de ces outils, soit 22 % de plus que le nombre de voitures !

Le sujet des souffleurs à feuilles suscite actuellement bien des passions !
Photo courtoisie, Europe École
Le sujet des souffleurs à feuilles suscite actuellement bien des passions !

Au Canada, les élus de la Ville de Vancouver ont voté contre l’utilisation des souffleurs à feuilles en 2001. Toutefois, la réglementation a été revue depuis afin de n’interdire que les modèles dont le niveau sonore est supérieur à 65 décibels.

Plus près de nous, à Saint-Lambert, les souffleurs à feuilles à essence ont été bannis depuis mai dernier tandis qu’à Beaconsfield, ces outils ne peuvent pas être utilisés durant l’été. Leur période d’utilisation est limitée à des heures précises au printemps et à l’automne seulement. Dans l’arrondissement Ville-Marie de Montréal, il est interdit d’utiliser un souffleur à feuilles équipé d’un moteur à deux-temps. Il peut en coûter jusqu’à 2000 $ d’amende pour les contrevenants.