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Hydro demande plus d’éthique à ses fournisseurs

Elle somme ses fournisseurs d’adopter un système de traçabilité

GEN-Inauguration de deux premières centrales solaire à La Prairie
Photo Agence QMI, Mario Beauregard La centrale solaire d’Hydro-Québec à La Prairie, dotée de panneaux fabriqués par Jinko Solar, une firme chinoise suspectée de recourir aux camps de travail.

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Éclaboussée après que Le Journal a révélé qu’elle recourait aux panneaux solaires d’un fournisseur soupçonné de profiter des services de camps de travail forcé, Hydro-Québec élève ses exigences éthiques et force ses partenaires à adopter une meilleure traçabilité.

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«Le travail forcé n’a pas sa place dans la chaîne d’approvisionnement d’Hydro-Québec»; tel est le titre d’un avis électronique envoyé au cours des dernières semaines par la société d’État aux 21 000 entreprises avec qui elle entretient ou pourrait entretenir des relations.

Pour mémoire, Le Journal révélait en juillet que les deux nouveaux parcs solaires d’Hydro – ceux de La Prairie et de Varennes – ont été équipés de panneaux fabriqués par Jinko Solar, une société chinoise soupçonnée de recourir aux camps de travail de Ouïghours.

Au cours de la dernière année, au moins deux rapports d’enquête indépendants (américain et britannique) l’avaient identifiée parmi les entreprises qui tirent avantage du travail forcé de membres de minorités ethniques persécutées.

Droits de la personne

Par sa missive, Hydro demande à ses fournisseurs de prendre les mesures nécessaires afin que leurs chaînes d’approvisionnement «soient exemptes de travail forcé» et que leurs pratiques «soient conformes aux normes québécoises et internationales en matière de droits de la personne ainsi que de droits du travail».

Aux fournisseurs exposés au non-respect des droits de la personne, Hydro demande d’adopter des «protocoles de traçabilité, internationalement reconnus», afin d’établir la provenance des intrants et de suivre l’ensemble de leur chaîne, de la fabrication jusqu’à la distribution des produits finis. 

«Ces outils, écrit-elle, sont incontournables pour améliorer la transparence et veiller à ce que notre chaîne d’approvisionnement soit exempte de travail forcé.»

Un suivi serré

Hydro conclut son avis en expliquant avoir apporté des modifications au code de conduite et au formulaire des affirmations solennelles, auxquels sont soumis l’ensemble de ses fournisseurs. Ils sont invités à en prendre connaissance.

Ils y apprennent en outre qu’ils doivent respecter la Déclaration universelle des droits de l'homme, les conventions de l’Organisation internationale du Travail et «les principes directeurs du Pacte mondial des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme».

Hydro-Québec se défend d’instaurer ainsi un changement radical de culture au sein de l’organisation. Francis Labbé, porte-parole de la société d’État, soutient plutôt que les précisions apportées ont surtout le mérite de rendre «explicite» ce qui était jusque-là demeuré «implicite».

Ce dernier insiste: ces règles s’appliquent autant aux fournisseurs qu’à leurs sous-traitants, qu’ils soient par exemple manufacturiers de pylônes ou distributeurs de gants de travail. «On va faire un suivi serré, prévient-il. Tant localement qu’à l’international. Tout le monde est averti.»

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