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Élections sur la Rive-Sud : Catherine Fournier domine à Longueuil

L’élue indépendante de Marie-Victorin pourrait prendre les rênes de la 5e ville en importance au Québec

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Photo d'archives, Agence QMI Catherine Fournier, candidate à la mairie et cheffe de Coalition Longueuil, s’adressait aux médias, le 6 octobre dernier lors d’une conférence de presse concernant le logement dans la ville où elle tente de se faire élire.

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Une lutte à quatre se profilait à la mairie de Longueuil, mais les plus récentes intentions de vote laissent entrevoir une large avance pour la candidate Catherine Fournier de Coalition Longueuil qui pourrait bien prendre les rênes de la 5e ville en importance au Québec.

Anne-sophie Roy, Agence QMI

• À lire aussi: Match de revanche entre Valérie Plante et Denis Coderre

La femme de 29 ans et députée indépendante de Marie-Victorin recueille la faveur de 46 % des répondants d’un sondage de la firme Mainstreet réalisé les 19 et 20 octobre pour le compte de Coalition Longueuil. Un sondage réalisé par CROP–Radio-Canada mené du 7 au 16 octobre faisait déjà état d’une avance pour Catherine Fournier avec 33 % des intentions de vote.

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Photos d'archives

Dans le sondage de Mainstreet, Jean-Marc Léveillé, à la tête de Longueuil Citoyen, arrive en deuxième place avec 11,1 % des intentions de vote. Josée Latendresse, de Longueuil Ensemble, récolte 10,7 % des faveurs des répondants, tandis que Jacques Létourneau, chef d’Action Longueuil – le parti de la mairesse sortante, Sylvie Parent, qui ne se représente pas – arrive quatrième avec 9,6 %.

Rien n’est gagné

À noter que 22,6 % des répondants à ce plus récent sondage demeurent indécis.

Catherine Fournier n’a pas caché son enthousiasme devant ce coup de sonde, mais souligne que rien n’est gagné.

« Ces résultats sont vraiment très encourageants pour toute l’équipe et moi. Ceci dit, les sondages ne valent rien si les gens ne vont pas voter. Le vrai défi arrive donc dans quelques jours et il faut maintenant réussir à concrétiser ces appuis dans les urnes », a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

L’accès au logement et à la propriété a été l’un des thèmes vedettes de la campagne à Longueuil. La crise du logement a particulièrement frappé Longueuil, où le taux d’inoccupation des logements tourne autour de 1,5 %, d’après des données obtenues par la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDCAL).

Et comme ailleurs, il est de plus en plus difficile de se loger à prix abordable et de mettre la main sur sa première maison.

S’attaquer à la crise

Pour répondre à cet enjeu de taille, Mme Latendresse propose un gel de taxes pour 4 ans. Mme Fournier s’engage de son côté à organiser un sommet sur l’habitation pour s’inspirer des meilleures pratiques ici et ailleurs, tout comme M. Létourneau. 

M. Léveillé propose quant à lui de destiner 10 % des terrains appartenant à la Ville au logement social.

Chaque candidat compte aussi mettre un frein à la démolition de maisons unifamiliales en revoyant la réglementation municipale. Ils s’entendent tous pour dire que le rachat des habitations par des promoteurs immobiliers pour accélérer la densification de la ville « défigure » le paysage architectural de Longueuil. 

  

Rebâtir la réputation de Saint-Lambert  

France Désaulniers, candidate
Photo courtoisie, France Désaulniers
France Désaulniers, candidate

Après le mandat truffé de controverses et de guerres intestines du maire sortant de la Ville de Saint-Lambert, Pierre Brodeur, les quatre prétendants à la mairie ont tous ce même objectif en tête : redorer le blason du conseil municipal.

Laurent Lavoie, Le Journal de Montréal

« Ç’a miné totalement les travaux du conseil, l’atmosphère, ajoutez à ça la pandémie », reconnaît France Désaulniers, conseillère du district 8 et candidate à la mairie. 

« Il est vraiment nécessaire de créer une synergie entre les membres du conseil, ce qui n’était pas le cas. »

Afin de tourner la page, elle veut notamment renforcer la formation en matière d’éthique et de déontologie des élus.

De son côté, Karl Villeneuve a décidé de fonder son propre parti, ce qui serait une première à Saint-Lambert.

Pas de secret

« C’est qu’il y a des alliances secrètes entre un maire indépendant et des candidats indépendants, et ce n’est pas au grand jour, explique-t-il. À un moment donné, il faut que ce soit transparent. »

La candidate Pascale Mongrain misera pour sa part sur sa vaste expérience dans des postes de gestion. 

« C’est une question de leadership, d’avoir une équipe qui travaille ensemble », souligne-t-elle.

Pour Vincent Trudel, il faudra permettre aux citoyens d’avoir accès au contenu des différents comités municipaux, notamment en s’assurant que les procès-verbaux « soient disponibles au public et qu’on n’ait pas besoin de la Loi sur l’accès à l’information ».

Trouver de l’argent

Outre la quête d’un climat sain au conseil, les candidats s’entendent pour dire qu’il faudra trouver de nouveaux moyens pour renflouer les coffres de la municipalité.

La « quote-part » de Saint-Lambert à l’Agglomération de Longueuil pourrait être éventuellement révisée, par exemple. 

« Pour 1 $ de taxe que paie le citoyen, il y a 49 sous qui restent à Saint-Lambert et 51 qui s’en vont à l’Agglomération », soutient France Désaulniers.

Plus d’efforts devraient être faits pour obtenir diverses subventions des gouvernements fédéral et provincial. 

« On n’a pas été proactifs [...] pour financer des infrastructures comme on aurait pu l’être », soulève Pascale Mongrain. 

Rendre Sorel-Tracy plus « sexy »  

Le maire sortant, Serge Péloquin, brigue un troisième mandat.
Photo Jonathan Tremblay
Le maire sortant, Serge Péloquin, brigue un troisième mandat.

Les deux candidats à la mairie comptent rendre plus « sexy » le centre-ville de Sorel-Tracy s’ils sont élus, en misant notamment sur des projets touristiques.

Jonathan Tremblay, Le Journal de Montréal

« Il faut lui donner de la gueule, à mon centre-ville. Rendre ça sexy. Les moyens sont là, là, on va pouvoir poser des gestes [en aménagement paysager] », mentionne le maire sortant Serge Péloquin qui brigue un troisième mandat.

Le politicien connu pour sa chevelure flamboyante et son verbe facile jure avoir encore la passion, même s’il semble avoir été au cœur de plusieurs conflits au sein de la MRC de Pierre-De Saurel, dans les derniers mois.

« Il ne faut pas se laisser atteindre. Mes opposants disent que je me chicane avec tout le monde. Ce n’est pas vrai. Je me bats pour l’intérêt de mes citoyens. Un maire se doit de faire des sorties », argue M. Péloquin.

« Je suis d’ailleurs dans mon année sans colère ! » poursuit-il, tout sourire.

Développement économique

De son côté, Jocelyn Daneau, un économiste retraité d’Hydro-Québec, sollicite un premier mandat à la mairie.

« On n’est pas attirant, sexy », a-t-il lui aussi souligné, utilisant le même terme que son adversaire pour décrire le centre-ville dans son état actuel. Il mise sur le développement économique pour remédier à la situation.

Les deux hommes ne s’apprécient guère. L’un qualifie son adversaire « d’illusionniste » capable de camoufler des pertes financières, tandis que l’autre accuse son rival de mener une campagne de désinformation à son sujet.

M. Péloquin a remporté sa dernière élection avec 86 % des voix et estime tout bas pouvoir répéter l’exploit. 

Quant à M. Daneau, il croit être au moins nez à nez avec son concurrent dans les intentions de vote. 

Des projets immobiliers controversés à Saint-Hyacinthe  

La Place Frontenac, à Saint-Hyacinthe, renaîtra de ses cendres et abritera des commerces et des logements.
Photo Agence QMI, Caroline Lepage
La Place Frontenac, à Saint-Hyacinthe, renaîtra de ses cendres et abritera des commerces et des logements.

Le centre-ville de Saint-Hyacinthe est devenu tout un chantier depuis les projets majeurs de construction qui visent à le faire renaître comme un véritable pôle commercial et culturel.

Caroline Lepage, Agence QMI

Le maire sortant, Claude Corbeil, tire sa révérence après deux mandats, alors que s’apprêtent à lever de terre des projets immobiliers au centre-ville. Certains sont érigés sur des terrains abandonnés à la suite d’incendies.

C’est le cas de La Place Frontenac, voisine du marché public, qui accueillera un édifice abritant des commerces et une cinquantaine de logements.

Le complexe Waltz du Groupe Sélection comptera quelque 160 logements et amènera un autre type de résidents.

Mixité sociale

Les deux aspirants à la mairie, le conseiller sortant André Beauregard et la cheffe du nouveau parti Saint-Hyacinthe unie, Marijo Demers, espèrent que les chantiers amèneront une mixité de la clientèle.

Selon M. Beauregard, le centre-ville compte plusieurs immeubles qui manquent d’amour. Comme leur prix de location est moins cher, ils logent des gens moins nantis qui éprouvent des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie. Ils ressortaient du lot durant la pandémie, car le centre-ville était déserté des clients réguliers.

« Des Maskoutains n’osaient plus y aller », a relaté cet élu sensible à cette réalité.

Mme Demers plaide de son côté pour qu’il y ait davantage de logements abordables, notamment pour les résidents actuels. Dans la crise du logement, elle rappelle que Saint-Hyacinthe détient le pire taux d’inoccupation du Québec, soit à peine 0,2 %.

Projets immobiliers controversés

Déjà les projets immobiliers sèment la controverse : des résidents ont été évincés et des bâtisses démolies, tandis que le nombre d’espaces de stationnement est réduit.

« Il y a des pour et des contre. Certains nous accusent de vouloir embourgeoiser le centre-ville, mais on veut le revitaliser », a exposé M. Beauregard.

L’aménagement de la Place des spectacles, la construction de la nouvelle médiathèque et la relocalisation du Centre d’histoire créeront de l’achalandage au centre-ville et engendreront des retombées dans les commerces, dont plusieurs ont été éprouvés par la pandémie.

Mme Demers, qui enseigne les sciences politiques, veut que le programme de subvention municipale, qui assume une part des frais de loyer des commerçants, se prolonge après 2022.

Les deux candidats jugent nécessaire la réfection de la Promenade Gérard-Côté, qui longe la rivière Yamaska à partir du centre-ville. M. Beauregard vante ce projet, évalué à plus de 30 M$. 

Mme Demers épurerait néanmoins le projet, qu’elle compare à une « Lamborghini », pour réduire les coûts de moitié et respecter la capacité de payer des citoyens.

« L’idée n’est pas de jeter les plans, mais il faudrait revenir à sa fonction première : un lien piétonnier et cyclable, un lieu de détente familial près de la rivière », a-t-elle dit. 

Un terrain de golf divise à Chambly  

Le site est le dernier espace vert public à la disposition des citoyens de la municipalité de la Montérégie

Alexandra Labbé (à gauche) est la mairesse sortante de Chambly. Julie Daigneault (à droite) est candidate à la mairie pour le parti Démocratie Chambly.
Photo Ben Pelosse
Alexandra Labbé (à gauche) est la mairesse sortante de Chambly. Julie Daigneault (à droite) est candidate à la mairie pour le parti Démocratie Chambly.

L’avenir d’un ancien terrain de golf à Chambly est désormais le nerf de la guerre dans la campagne électorale municipale et divise les deux candidates à la mairie qui ont des visions différentes sur ce projet.

Francis Pilon, Le Journal de Montréal

L’ancien golf est avant tout le dernier espace vert significatif de la municipalité. 

Plusieurs citoyens se mobilisent depuis des années pour le préserver et créer un parc écologique. L’enjeu refait les manchettes dans cette ville en raison des élections municipales.  

« Quand je fais du porte-à-porte pour ma campagne, c’est la première chose dont les gens me parlent. Pour nous, c’est clair, on veut que le terrain soit converti à 100 % en parc écologique », explique Julie Daigneault, candidate à la mairie pour le parti Démocratie Chambly.

La position d’Alexandra Labbé, mairesse sortante de Chambly, est toutefois différente. Selon elle, au moins une route doit être construite sur une partie du terrain de golf pour diminuer le trafic dans le secteur.

« Oui, on veut préserver le maximum du terrain vert. Mais ça prend des aménagements routiers et tout le monde est d’accord. Il en faut pour régler notre problème de circulation. C’est impossible de convertir le golf à 100 % en site écologique », insiste Mme Labbé, qui sollicite un second mandat de mairesse comme candidate indépendante.

La saga Denis Lavoie

Les Chamblyens et leurs élus ont été secoués au cours des dernières années. 

C’est en partie en raison de leur ex-maire controversé, Denis Lavoie, qui a notamment été visé par une enquête criminelle de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en 2019. 

Durant cette même année, M. Lavoie avait remis sa démission. Il avait prétexté à l’époque des problèmes de santé pour justifier sa décision. La Ville de Chambly avait ensuite été mise sous tutelle par les autorités. 

« L’enquête sur Denis Lavoie se déroule toujours et on n’a pas eu le dénouement. De mon côté, je suis arrivée après [son départ] en 2019. Je viens à peine de commencer. J’ai dressé la table pour aller dans la bonne direction », soutient Alexandra Labbé. 

Pour Julie Daigneault, les prochaines élections donnent plutôt la chance aux électeurs de connaître un « vent de changement ».

« Je pense que c’est maintenant important d’avancer vers d’autres choses avec nos citoyens. Il faut garder un discours positif. Je pense que je suis la leader dont Chambly a besoin, qui peut rassembler les gens pour bâtir des projets permettant à notre ville de se démarquer », conclut-elle.  

L’eau au coeur du débat municipal à Châteauguay  

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Photos Clara Loiseau

Eau brune chez les citoyens, restrictions répétées et surconsommation : Châteauguay doit régler la question de l’eau potable sur son territoire, prônent les trois candidats à la mairie.

Clara Loiseau, Le Journal de Montréal

Dans cette municipalité située sur la Rive-Sud de Montréal, la question et les problèmes entourant l’eau potable sont récurrents.

« On a eu des pénuries d’eau potable, des interdictions d’utilisation de l’eau assez sévères pendant plusieurs mois et pas seulement en période de canicule, mais à partir du mois de mai jusqu’en août. On a aussi des problèmes d’épisodes d’eau trouble, brune », relate Nathalie Simon, mairesse de Châteauguay de 2009 à 2017 qui tente de briguer un troisième mandat à la tête de la Ville.

Pour les aspirants maires en lice à Châteauguay, l’or bleu représente un enjeu fondamental pour la qualité de vie des riverains, puisque la production d’eau potable n’est plus suffisante pour répondre aux besoins de la population croissante.

C’est que, depuis les années 1970, Châteauguay doit fournir en eau potable ses 50 000 citoyens, ainsi que près de 17 000 résidents de cinq villes voisines, soit Mercier, Sainte-Martine, Saint-Urbain-Premier, Saint-Isidore et Léry.

Cette obligation découle de la contamination des lagunes de Mercier, après le déversement des déchets pétrochimiques.

Pour Lucie Lamoureux, candidate à la mairie qui se présente sous la bannière de Parti Impact Châteauguay, les infrastructures vieillissantes seraient aussi responsables d’une perte d’environ 50 % d’eau potable. Il faut donc, selon elle, mettre les bouchées doubles pour colmater les fuites.

« Si on pouvait déjà réparer les fuites, ce serait déjà quelque chose d’extraordinaire », soutient la candidate, qui vit à Châteauguay depuis 34 ans.

Nathalie Simon, cheffe de l’Action citoyenne, souhaite quant à elle que les promoteurs de nouvelles constructions assument les coûts de la mise à niveau des infrastructures.

Qui doit payer ?

« Pourquoi les citoyens devraient-ils assumer les coûts, alors que les promoteurs viennent, font des profits, s’en vont ? Après, les citoyens sont pris à régler les problèmes des [nouveaux résidents] », soutient-elle.

De son côté, Éric Allard, conseiller municipal qui se présente pour le poste de maire avec Alliance Châteauguay, estime qu’il est impossible de refaire tout à neuf et qu’il faut continuer de réparer graduellement les installations, en fonction des urgences. 

La priorité se trouve dans la production d’eau potable, plutôt que dans le colmatage, selon lui.

« On doit fournir plusieurs villes qui grossissent, qui construisent beaucoup. La demande est de plus en plus importante et on a déjà entrepris la construction d’une nouvelle usine », soutient M. Allard.

Les trois candidats comptent aussi sensibiliser la population à l’utilisation de l’eau potable.

Selon le bilan de l’eau potable 2019 présenté en mai dernier par le maire sortant, chaque citoyen de Châteauguay consomme, en moyenne, 300 litres d’eau potable par jour, alors que la norme gouvernementale s’élève à 200 litres.

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