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Toute une journée, toute une vie!

Mille secrets, mille dangers
Photo courtoisie

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Alain et Virginie se marient, et ce sera le plus beau jour de leur vie. Enfin, peut-être pour Virginie. Mais pour Alain, c’est plutôt le jour où il revoit sa vie. Tortueux pour lui, délicieux pour nous.

Les amateurs de littérature savent bien de quoi Alain Farah est capable, professeur d’université apprécié, écrivain aux ouvrages remarqués, chroniqueur aussi.

On peut donc parcourir Mille secrets mille dangers en saluant la virtuosité de l’auteur et les repères littéraires qu’il sème dans son récit. Mais on peut aussi simplement se laisser emporter par la folle journée qu’il va traverser, aux côtés d’Édouard, son indispensable cousin.

Farah dit d’ailleurs de son dernier roman qu’il est le plus accessible. Alors il faut y plonger avec un bel élan, histoire de voir comment un mariage célébré à l’oratoire Saint-Joseph permet de remonter jusqu’à l’Égypte de Nasser, à la vitalité du Petit Liban de Montréal, à des déboires immobiliers sur le Plateau et au vol du cœur du frère André ! 

Mais au-delà de la grande et de la petite histoire, le 7 juillet 2007 sera inoubliable d’une tout autre manière pour le futur époux.

Une course à obstacles

Pour lui, elle se vivra comme une course à obstacles : nuit d’insomnie, dent cassée, visite d’urgence chez le dentiste, voiture de luxe qui n’arrive pas, remorqueuse d’Édouard qui arrive à la cérémonie en traversant un trafic infernal, Édouard en témoin distrait qui égare les anneaux...

Quant à la noce, il faut prendre en compte la guerre qui sévit toujours entre les parents divorcés d’Alain. Il y a donc trois tables d’honneur, dûment nommées selon des villes importantes dans l’histoire des mariés. Alain et Vir vont devoir circuler entre Cleopatra, Addis-Abeba et Shawinigan.

Du moins quand Alain est en état de le faire ! Car l’époux est un homme qui souffre d’une maladie qui le fait se tordre de douleur et qui suscite en lui bien des angoisses. Or en ce 7 juillet, ça ne va pas du tout. Nerveux, surmédicamenté, survivra-t-il à ce grand mariage qu’il suit quasiment de loin ?

Le rire et la mort, la quête de l’identité et la sagesse de l’héritage, le triomphe de l’amitié et la force de la jalousie vont encore ajouter des passages qui prennent au cœur. Pendant 500 pages, on est emportés dans un tourbillon, invités à une célébration de la vie.

Alain Farah, fils de parents libanais ayant vécu en Égypte, est ici le narrateur de l’histoire – et même si on reconnaît les lieux, voire des gens, lui seul sait jusqu’à quel point il a tout, et efficacement, arrangé.

Mais tout en restant le maître du récit, il entre avec de belles astuces d’écriture dans la tête des autres : de son père, touchant de quant-à-soi, de Myriam la fabuleuse amie, et surtout d’Édouard, son inénarrable complice.

Le secret du titre sera par ailleurs révélé en finale, clin d’œil à l’enfance d’Alain et à ses tourments, qui trouveront leur apaisement. 

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