/news/politics
Navigation

La jeunesse et les femmes à l’avant-plan aux élections municipales

Coup d'oeil sur cet article

La jeunesse et les femmes auront été les grandes gagnantes des élections municipales au Québec, signe d’une évolution des mentalités dans la société.

• À lire aussi: Catherine Fournier nommée mairesse de Longueuil

• À lire aussi: Valérie Plante défait Denis Coderre et est réélue mairesse de Montréal

• À lire aussi: Laval élit le plus jeune maire de son histoire

«Je pense que c’est intéressant de voir ce changement de cap, mais aussi de voir des femmes qui de plus en plus vont choisir de se porter candidates à des postes importants. J’ose croire que ça pavera la voie à d’autres dans les plus petites municipalités du Québec, mais également sur les scènes politiques québécoises et fédérales», lance Catherine Fournier, nouvelle mairesse de Longueuil.

Si elle est âgée de 29 ans, son homologue de Laval, Stéphane Boyer, a 33 ans. Deux exemples parmi tant d’autres qui témoignent d’un virage jeunesse en politique municipale.

«Je pense qu’on est rendu là. Ça fait longtemps qu’on parle de la place des femmes, de la place des jeunes, de la place des diversités culturelles partout dans notre société. [...] Je trouve que c’est un super beau virage qui vient d’être pris», mentionne M. Boyer, qui dirigera le premier conseil municipal paritaire de la Ville de Laval. 

  • Écoutez l’entrevue de l’ex-mairesse de Magog Vicki-May Hamm sur QUB radio:   

L’élection de maires et conseillers venant de divers horizons fera en sorte que le conseil municipal sera plus représentatif de la population, estiment les nouveaux élus.

«Qu’est-ce que ça change en fait? C’est que ça représente davantage la population. C’est que chaque citoyenne et chaque citoyen peut se dire qu’il a sa place. Quand on prend des décisions autour de la table, la diversité fait en sorte qu’on va tenir compte de toutes sortes d’expériences de vie», explique Catherine Fournier.

«Souvent, on parle de règlements qu’on adopte, des budgets, de projets qu’on met de l’avant, mais les élus, on a aussi un rôle symbolique. Je pense qu’une des choses qui est intéressantes c’est de contribuer à briser les préjugés. Ce que je souhaite pouvoir démontrer c’est que la compétence n’a pas de sexe, de couleur ou d’âge», ajoute Stéphane Boyer.

Plus de mairesses en Mauricie et au Centre-du-Québec

Amélie Simard-Blouin

Au lendemain des élections municipales, force est de constater que le nombre de femmes élues à la mairie a augmenté en Mauricie et au Centre-du-Québec, avec notamment Bécancour qui compte une mairesse pour la deuxième fois de son histoire.

Lucie Allard l’a emporté avec seulement 47 voix de plus que son adversaire, Karl Grondin. Il aura ainsi fallu attendre le dépouillement de la dernière des 56 boîtes de scrutin pour confirmer la victoire de Mme Allard à Bécancour.

«Ça a été une soirée très enlevante», a confirmé Lucie Allard, qui peut enfin se reposer d’une soirée pleine de rebondissements.

Elle devient ainsi la deuxième femme qui accède à la mairie, succédant à Jean-Guy Dubois, qui s’est retiré de la vie politique après plus de 20 ans.

«Il y a tellement eu de femmes au Québec qui ont ouvert le chemin pour qu’aujourd’hui, ça soit possible pour plusieurs d’entre nous», a-t-elle déclaré.

Et elle n’est pas la seule à accéder ou à conserver le poste de mairesse en Mauricie – Centre-du-Québec. À Saint-Tite, les électeurs ont décidé de renouveler leur confiance envers Annie Pronovost, qui débutera son deuxième mandat. La mairesse l’a remporté avec 75% des votes.

«Les gens me donnent leur confiance encore pour un autre quatre ans. [...] Je pense que là, les gens voient vraiment qu’on est capable de livrer la marchandise», a assuré Mme Pronovost.

Pour la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, réélue par acclamation, les chiffres sont encourageants. Elle qui a siégé durant de nombreuses années à la Commission femmes et gouvernance de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) s’est réjouie de l’élection de nombreuses femmes à la mairie des villes du Québec.

«J’ai toujours eu une préoccupation pour avoir plus de femmes en politique. [...] En fait, un moment donné, plus il y en a, plus ça donne le goût aux femmes d’être là. On va avoir des modèles accessibles qui nous inspirent», a-t-elle souligné.

Vent de changement

À Saint-Élie-de-Caxton, c’est l’ancienne conseillère municipale Gina Lemire qui prend la relève avec 58% des voies. Elle affrontait dimanche la conseillère sortante Lucie Hamelin.

Au cœur de ses objectifs, elle veut améliorer les services aux citoyens, ramener l’harmonie tant au sein du conseil que parmi les employés de la municipalité, mais aussi tenter de rebâtir une relation avec Fred Pellerin.

Sous le règne de l’ancien maire Robert Gauthier, la séparation avec le conteur avait été fracassante.

«J’ai confiance que, pas avec une municipalité, même si c’est moi qui suis mairesse, mais avec un organisme, je crois qu’il va être encore là pour nous», a fait savoir Mme Lemire.

Le phénomène est visible partout à travers la province. Les femmes et la jeunesse prennent de plus en plus de place sur la scène municipale.

Dans la région, 26 femmes ont été élues au poste de mairesse dimanche.

Élections historiques en Estrie

Mélissa Fauteux

L'élection historique d'Évelyne Beaudin à la mairie de Sherbrooke n’est pas un cas isolé en Estrie, où pour la première fois de leur histoire, les citoyens de Granby ont aussi élu une femme à la tête de la Ville.

Julie Bourdon, 38 ans, a facilement défait ses trois adversaires masculins, rapportant 45 % plus de votes sur son plus proche rival.

«Je suis contente de faire l'histoire. Très heureuse. J'ai travaillé très fort d'ailleurs avec toute l'équipe qui est ici et c'est le résultat du travail et des idées qui étaient amenées pour Granby», a fait savoir la nouvelle mairesse.

À Magog, les femmes sont toujours bien présentes à l'hôtel de ville. Nathalie Pelletier a succédé à Vicky-May Ham. Elle a remporté l'élection avec plus de 26 % des voix.

Même chose à Drummondville, dans le Centre-du-Québec où Stéphanie Lacoste a défait le maire sortant, Alain Carrier.

Ces résultats démontrent que les femmes s'impliquent de plus en plus en politique, mais cette tendance ne doit pas être tenue pour acquise, selon l'analyste politique Guillaume Rousseau.

«Il pourrait y avoir des reculs dans de prochaines élections, ce n'est jamais acquis ces choses-là, mais on peut penser que c'est une tendance de fond qui augmente depuis quand même longtemps. Je pense que c'est le temps de se demander si on n'est pas rendu ailleurs comme société», a-t-il indiqué.

La parité homme femme semble de plus en plus atteignable.

Au lendemain de ces élections, 44 % des élues de 55 ans et moins sont des femmes selon la Fédération québécoise des municipalités.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.