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Nous, les macro-agressés

Nous, les macro-agressés
Photo d'archives, Didier Debusschère

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Il y a cinquante ans, on inaugurait le Grand Théâtre de Québec. Le grand artiste Jordi Bonet y a créé une murale monumentale pour décorer le lieu. D’origine catalane, il avait demandé au poète plus grand que nature Claude Péloquin d’inscrire une phrase dans sa murale. Le vibrant Péloquin y avait écrit : « Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves ! C’est assez ! » Ce fut un scandale. Les Québécois se sont sentis obligés de choisir leur camp.

Cinquante ans plus tard, le Franco-Ontarien assimilé Michael Rousseau concrétise par ses propos méprisants sur la langue française la sainte colère du poète Pélo, cet homme paradoxal, écorché vif, qui n’a eu de cesse de choquer les bourgeois de l’époque.

Cinquante ans plus tard, rien ne nous est épargné. Au contraire. Il ne se passe pas une semaine sans que les francophones du Québec soient traités de colonialistes et de racistes par ceux qui nous ont dominés historiquement.

Depuis la disparition de la menace souverainiste, ces Canadiens ont cru que nous, les taiseux endémiques, plus turbulents que dangereux, étions désormais immunisés grâce au vaccin multiculturel de Justin Trudeau.

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier, chroniqueuse au Journal de Montréal Journal de Québec au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Réélection assurée

Car il y a un couac, et c’est la CAQ. Ce parti politique, qui reçoit l’appui de la majorité francophone du Québec, prépare sa réélection tranquille.

François Legault, l’ex-péquiste, n’est pas du genre à se prendre pour un cave. Il est craint au Canada grâce à son pouvoir politique, que lui envient tous les politiciens d’un océan à l’autre.

Est-ce possible que les indignations du premier ministre Legault face aux macro-agressions du Canada anglais et des militants de la diversité tous azimuts au Québec, qui s’attaquent aux quelques valeurs qui nous définissent collectivement, ne soient que du bluff ? Allons-nous sous sa gouverne accepter de mourir, au propre comme au figuré ?

Il faut, dans un geste de dignité, réaffirmer que nous sommes les agressés dans ce courant woke et qu’il n’est pas question de nous excuser et de pleurer pour notre droit à exister en français et debout.