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La rainette de retour au mont Saint-Bruno

Le Biodôme devient une pouponnière de grenouilles

Oeufs de rainette faux-grillon
Photo courtoisie, Espace pour la vie Des milliers d’œufs de rainettes ont été obtenus dans la pouponnière du Biodôme de Montréal.

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La rainette faux-grillon, qui fait trembler les promoteurs immobiliers, tentera de se réinstaller dans un étang construit à son intention à l’abri des regards dans le parc du mont Saint-Bruno.

Au total, ce sont 732 rainettes élevées au Biodôme de Montréal qui ont été relâchées durant les derniers mois. « Nous espérons qu’elles s’y reproduiront dès le printemps prochain et qu’elles partiront à la conquête de cet écosystème d’où elles ont totalement disparu », explique Odile Colin, technicienne en soins animaliers au Biodôme de Montréal. 

La situation de cette minuscule grenouille qui tient sur une pièce de 2 $ est préoccupante. Elle figure sur la liste des espèces menacées d’extinction depuis 2000. La raison : son habitat est sans cesse grugé par l’étalement urbain dans le sud du Québec.

Une jeune grenouille prête à coloniser le mont Saint-Bruno.
Photo courtoisie, Espace pour la vie
Une jeune grenouille prête à coloniser le mont Saint-Bruno.

Une rainette de 2 M$

Encore récemment, un chantier de plus de 2 millions de dollars, visant le prolongement du boulevard Béliveau, à Longueuil, a été stoppé par la Cour supérieure en raison des risques causés à cette espèce. Cette histoire a eu des répercussions jusqu’à Glasgow, en Écosse, où le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbault, a donné son appui à la grenouille.

La réintroduction de l’espèce dans le parc national est un défi de taille. À partir de 2008, on a tenté diverses techniques de reproduction en captivité ; toutes ont échoué. Une nouvelle approche, mise au point au cours de la dernière année, a enfin été couronnée de succès, selon Mme Colin. 

La biologiste a orchestré la reproduction des petites grenouilles, sous la supervision de la vétérinaire Emiko Wong et de Vance Trudeau, professeur et titulaire de la chaire de recherche en neuroendocrinologie de l'Université d'Ottawa. Il a fallu recourir notamment à des traitements hormonaux pour stimuler la ponte d’œufs. 

Optimisme prudent

Une soixantaine de rainettes adultes, les « parents » de ces amphibiens, passeront l’hiver au Biodôme où on leur fera connaître une hibernation sous haute surveillance pour une nouvelle mission de reproduction l’an prochain.

On exprime un optimisme prudent depuis que 1118 rainettes ont été introduites dans un étang de Saint-Constant, sur la Rive-Sud de Montréal. L’espèce était complètement disparue de la région. Pour la première fois, on les a entendues chanter au printemps 2021.