/opinion/faitesladifference
Navigation

Le Québec de Bernard Landry : un lieu de création culturelle, un état de langue française

Le Québec de Bernard Landry : un lieu de création culturelle, un état de langue française
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Le 6 novembre dernier, trois ans, jour pour jour, après le décès de celui qui fut premier ministre du Québec, le Cercle des ami(e)s de Bernard Landry rassemblait 100 personnes en salle, et plus de mille internautes, pour honorer la mémoire de l’un des grands hommes d’État de sa génération. Présidé par Chantal Renaud-Landry et animé par son secrétaire général Jean-Yves Duthel, le Cercle tenait à souligner, par cette deuxième édition de la Journée Bernard Landry, la contribution de l’homme politique à la vie culturelle et au combat linguistique du Québec.  

S’agissant de la vie culturelle, un accent particulier fut placé sur l’émergence, sous l’impulsion de Bernard Landry, d’une industrie des jeux vidéoludiques devenue aujourd’hui l’une des plus importantes et performantes de la planète. Au témoignage du vice-président d’Ubisoft Francis Baillet, se sont ajoutées des marques d’appréciation provenant de multiples acteurs et actrices d’une industrie qui voit toujours en monsieur Landry le visionnaire qui a permis leur envol. Rappelant l’institution du crédit d’impôt aux entreprises multimédia mis en place par le ministre d’État à l’Économie et aux Finances qu’était Bernard Landry en 1996, plusieurs porte-parole d’entreprises de jeux-vidéo ont dit leur fierté de contribuer à faire du Grand Montréal le 5e pôle mondial de l’industrie où sont établis aujourd’hui plus de 200 studios de création. 

Quant à moi, je joignais ma voix à celle Louise Beaudoin, Lorraine Pintal et Danic Parenteau pour rappeler que Bernard Landry avait aussi été tout au long de sa vie politique un grand allié du milieu culturel dans son ensemble et en particulier des artistes du Québec. Il fut rappelé que lors du discours d’ouverture du 22 mars 2001, le premier ministre Bernard Landry affirmait que « [l]e Québec, on le sait, est aussi une terre de culture, un lieu de création, la patrie d’un grand nombre de femmes et d’hommes de lettres, de théâtre, de cinéma, de télévision, de musique, de danse et de cirque, un lieu d’expérimentation et d’audace créatrice ». Il y saluait aussi cette audace et l’originalité « connues aussi par des millions de personnes qui, dans le monde, ont vu nos créateurs et créatrices à l’œuvre ». Comme cela fut également souligné, le soutien de Bernard Landry aux initiatives visant à protéger et à promouvoir la diversité culturelle n’aura pas été étranger à l’adoption par l’UNESCO d’une grande convention en la matière en 2005. 

Amoureux de la langue française et grand allié de Camille Laurin au moment de l’adoption de la Charte de la langue française, Bernard Landry s’est constamment porté à la défense de la langue officielle du Québec. Il ne serait pas insensible à la volonté de l’actuel gouvernement du Québec de la proclamer également, comme le propose le projet de loi no 96, comme langue commune. Mais il y a fort à parier qu’il irait bien plus loin que François Legault devant le phénomène d’anglicisation en cours à Montréal et la réelle difficulté de faire du français « la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires ». 

L’événement du 6 novembre 2021 aura par ailleurs été l’occasion de remises de prix, notamment le Prix Bernard Landry de la Francophilie qui a été décerné à l’enseignant, chercheur et essayiste québécois, Jean-François Payette. 

Les échanges de la deuxième Journée Bernard Landry ont ainsi permis de mettre en lumière le travail de celui qui fut un phare de notre vie nationale et de rassembler autour de ce Cercle d’ami(es) des personnes qui veulent garder le feu de ce phare bien allumé. 

Daniel Turp

Professeur émérite de la Faculté de droit de l’Université de Montréal

Député du Parti Québécois (2003-2008) et du Bloc Québécois ((1997-2000)

Président de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et des indépendances nationales (IRAI)

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.