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Accès aux médecins de famille: après les menaces, la conciliation

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La menace de sanctions contre les médecins de famille ne sera pas mise à exécution. Le gouvernement Legault recule et leur accorde un nouveau délai pour prendre en charge plus de patients, alors que 1,5 million de Québécois seraient sans médecin.

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Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a causé la surprise jeudi en déposant un projet de loi destiné à gérer la prise de rendez-vous des omnipraticiens, en plus de les obliger à recourir au Guichet d’accès à un médecin de famille pour recruter leurs patients. 

Depuis plusieurs semaines, le premier ministre François Legault brandissait pourtant la menace de pénalités financières contre ceux qui refusent de suivre un nombre suffisant de patients.  

Capture d'écran TVA Nouvelles

Mais Christian Dubé dit s’être aperçu que le système de santé avance «à l’aveugle, sans les informations nécessaires pour une bonne gestion». Il veut avoir un tableau d’ensemble afin de pouvoir mieux négocier.  

Son projet de loi, dit-il, lui fournira les données nécessaires pour mieux répartir les rendez-vous à l’échelle régionale, même si des experts doutent qu’il s’agisse d’une solution miracle.        

  • Écoutez la rencontre Martineau-Dutrizac avec Richard Martineau et Benoît Dutrizac, sur QUB radio:   

«Je viens d’un secteur où cet alignement-là, d’offre et demande, ça se fait tous les jours dans les usines», explique cet ancien vice-président de Cascades. Il dit appliquer une approche de gestionnaire à l’éternel casse-tête de l’accès aux soins de première ligne.  

Le Trivago de la santé

Le projet de loi permettra de créer un système de prise de rendez-vous unique, dans lequel les médecins de famille devront afficher leurs horaires. «Je vais faire une mauvaise comparaison: c'est un peu comme le système de Trivago pour les hôtels, c'est un peu comme ça que ça a été pensé», a illustré M. Dubé.  

En parallèle, les omnipraticiens devront obligatoirement utiliser le Guichet d’accès aux médecins de famille pour recruter de nouveaux patients. Québec se donne également le pouvoir d’imposer certaines disponibilités en dehors des heures normales de bureau.  

Toutefois, Québec ne se donne aucun pouvoir d’imposer des sanctions aux récalcitrants.  

Avec ces outils, le ministre a bon espoir de voir les listes d’attente diminuer grandement. «Les patients qui sont encore orphelins, qui n'ont pas encore été pris en charge, nous, on va s'engager à s'assurer qu'ils ont un rendez-vous en dedans de 36 heures, qu'ils aient un médecin ou pas, parce que c'est à ça qu'elle sert, la plateforme», a commenté le ministre en reprenant un engagement électoral de son gouvernement.  

  • Écoutez l’entrevue du Dr Marc-André Amyot, vice-président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec   

M. Dubé affirme même garder bon espoir d’offrir un médecin de famille à chaque Québécois, comme son parti s’y était engagé en 2018. «L'année n'est pas finie», a-t-il lancé avec une pointe de défi.  

Le ministre donne maintenant deux mois à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour s’entendre sur sa proposition. «Si on ne s'entend pas, bien, là, on pourra regarder d'autre chose», dit-il.  

Par contre, la promesse de réformer la rémunération des médecins, pour inclure une part liée à la prise en charge, semble avoir été repoussée à un futur mandat. «On reviendra sur la rémunération plus tard», a commenté M. Dubé.  

La FMOQ satisfaite

À la FMOQ, on se réjouit du changement de ton du gouvernement Legault. « Je pense qu’ils ont vu la réaction des médecins, qui exprimaient leurs inquiétudes. Ils se sont probablement rendu compte que l’approche de coercition n’est pas la bonne », affirme son président, Dr Louis Godin.  

S’il se dit ouvert au plan du ministre Dubé, Dr Godin s’inquiète de l’utilisation qui pourrait être faite des données. « Il ne faut pas que ça serve pour décider qui est un bon docteur et qui est un mauvais docteur », dit-il.  

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