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Aucune entrée par effraction chez l’accusé de meurtre

L’homme aurait feint sa peine devant les policiers après l’assassinat de sa femme

meurtre laval
Photo d’archives La résidence où Nadia Panarello a été trouvée morte en 2004.

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SAINT-JÉRÔME | Le premier policier qui s’est pointé sur la scène du meurtre de Nadia Panarello n’a rien vu lui permettant de penser que quelqu’un était entré de force dans la résidence familiale, à Laval en 2004.

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« Mes constatations sont que personne ne s’est introduit par effraction dans cette maison », a affirmé mercredi Frédéric Bellemare, ancien agent au Service de police de Laval, à propos de ce dont il a été témoin, le 12 février 2004.

Ce matin-là, la femme de 38 ans a été trouvée par sa mère, morte dans une mare de sang, dans la salle de bain de sa résidence cossue de la rue Michel-Gamelin, dans le quartier Vimont.

Elle présentait de multiples lacérations par objet tranchant, notamment au cou, sur les bras et le ventre.

Son mari Ernesto Fera est accusé du meurtre prémédité de sa femme dans le but de toucher l’assurance et d’être capable de rembourser ses dettes.

« Toutes les fenêtres étaient belles, les portes-patio étaient verrouillées. Je suis allé sur plusieurs scènes d’entrée par effraction. On a une entrée et une sortie. Là, je n’ai pas été capable d’en identifier », a précisé celui qui est désormais inspecteur.

Son mari, Ernesto Fera est aujourd’hui accusé du meurtre.
Photo d’archives
Son mari, Ernesto Fera est aujourd’hui accusé du meurtre.

Aucune trace de pas n’avait été constatée dans la neige derrière la demeure, a également signalé mercredi l’agent Simon Charette.

M. Bellemare a confié être « pris avec ces images-là à vie », en revoyant les photos du corps de Mme Panarello. Le policier d’expérience dit avoir été marqué par la violence des coups qu’on lui avait portés.

Fera, assis mercredi dans le box des accusés, n’a quant à lui démontré aucun signe de faiblesse en observant ces photos. Une de ses deux filles n’a pu retenir ses larmes, dans la salle d’audience.

Les réactions du mari de la victime semblent d’ailleurs avoir surpris les policiers qu’il a croisés, le jour du meurtre.

L’inspecteur Bellemare a souligné que Fera n’avait pas semblé « sous le choc » mais plutôt « hagard », en rentrant du boulot pour s’enquérir de l’état de santé de son épouse.

Comportement louche

Même si l’opinion du policier a été déclarée inadmissible par le tribunal, il n’empêche que son collègue Dany Perreault, agent à l’époque, avait aussi trouvé louche le comportement de l’homme.

« Fera regardait sa belle-mère. Il semblait moduler sa peine, a analysé mercredi le sergent détective Perreault. Son intensité montait graduellement en regardant [la mère de la victime]. »

« Exactement comme un enfant qui cherche l’attention de ses parents en les manipulant », a-t-il poursuivi.

Ernesto Fera a finalement été arrêté en 2019, soit 15 ans plus tard, après qu’un nouvel élément d’enquête ait aidé la police de Laval à lui passer les menottes.

Entre-temps, il avait pu se libérer de toutes ses dettes et empocher plusieurs centaines de milliers de dollars provenant de deux assurances vie, d’un remboursement d’hypothèque et du profit de la vente de la maison. De luxueux bijoux appartenant à Mme Panarello n’ont également jamais été retrouvés.


Le procès d’Ernesto Fera se poursuit vendredi devant le juge James Brunton.