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Ne lançons pas la serviette tout de suite

Série de la Coupe Stanley 1993
Photo d'archives Séries éliminatoires de la Coupe Stanley 1993 opposant le Canadien de Montréal aux Nordiques de Québec.

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La fiche des Nordiques de Québec de 1989-1990 et celle du Canadien de cette saison sont peut-être identiques après 14 matchs, mais, pour moi, c’est la seule et unique comparaison qu’on peut faire entre les deux équipes. 

Évidemment, j’ai vécu de l’intérieur la catastrophique saison lors de laquelle nous n’avions récolté que 31 points au classement général. 

À ce moment, les Nordiques étaient dans une importante transition. Nos deux meilleurs joueurs étaient Michel Goulet et Peter Stastny, mais ils étaient vieillissants et avaient demandé à l’organisation de les échanger. Quand ils sont partis, on s’est retrouvé avec une équipe de jeunes menée par Joe Sakic qui aura probablement été le seul point positif de cette saison. 

On avait du mal à s’en sortir et ce n’était pas par manque de travail. Au contraire, les gars se battaient comme des démons dans le bénitier chaque match, mais, soir après soir, notre manque de profondeur nous rattrapait. 

On ne peut pas en dire autant du Canadien. L’équipe n’est pas dans une reconstruction profonde comme c’était le cas à Québec il y a 32 ans. Montréal compte sur des joueurs établis et signés à long terme qui, pour la majorité, ne sont pas en fin de carrière. Les Tyler Toffoli, Josh Anderson, Jonathan Drouin, Nick Suzuki et compagnie font tous partie des plans à long terme. 

Le constat est donc évident : le Tricolore a une bien meilleure formation que celle que j’avais sous la main en 1989-1990. Elle ne livre tout simplement pas la marchandise. 

ÉLIMINÉS EN NOVEMBRE 

À pareille date en 1989, on savait qu’on ne participerait pas aux séries. On tentait de demeurer positifs malgré tout, mais c’était difficile de se fixer des objectifs quand il te reste entre quatre et cinq mois de hockey à jouer et que tu sais que c’est peine perdue. À un certain moment, notre objectif était devenu de permettre à Sakic d’atteindre le plateau des 100 points, ce qu’il avait réussi. 

Ça avait été une saison difficile pour tout le monde parce qu’on savait qu’on n’était pas de taille, nos adversaires le savaient et nos partisans aussi. Ils ont été merveilleux, d’ailleurs, cette année-là. On n’a presque pas été hués de la saison parce qu’ils comprenaient qu’on ne pouvait pas faire mieux. 

ESPOIR 

Ça détonne de ce qui se passe en ce moment à Montréal. Déjà, des huées ont commencé à se faire entendre au Centre Bell lorsque le Tricolore ne livre pas la marchandise. Les amateurs montréalais connaissent leur hockey et savent reconnaître une équipe qui travaille d’une formation qui ne donne pas tout ce qu’elle a.  

Ceci étant dit, contrairement à mes Nordiques de 1989-1990, je ne suis pas encore prêt à lancer la serviette dans le cas du CH. Certes, leur fiche de 3-10-1 est peu reluisante, mais ils ont les outils à l’interne pour redresser la barque. 

Par contre, il faudra le faire rapidement.  

–Propos recueillis par Kevin Dubé