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Enquête publique sur les décès en CHSLD: Arruda questionné sur sa gestion de la première vague

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Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a été pressé d’expliquer pourquoi il n’avait pas anticipé le manque de main-d’œuvre et ses effets dévastateurs dans le réseau de la santé lors de la première vague de pandémie, même si Québec disposait d’un plan qui le prévoyait.

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Son témoignage, livré jeudi dans le cadre de l’enquête publique sur les décès survenus en CHSLD lors de la première vague de COVID-19, était très attendu étant donné son rôle central dans la vie des Québécois depuis l’apparition du virus.

La coroner Géhane Kamel lui a demandé pourquoi le plan préparé en 2006 pour faire face à une éventuelle pandémie d’influenza, et qui prévoyait une importante pénurie de personnel dans ce scénario, n’avait pas été pris en compte.

«Ça m’échappe!»

«Ce qui me dérange, c’est que tout est écrit dans nos plans [...] tout est prévu. Je comprends qu’entre le prévoir et le vivre c’est une chose, mais on a eu des gens qui ont été délestés: des éducateurs, des travailleurs sociaux, des nutritionnistes», a-t-elle rappelé.

Plusieurs de ces professionnels, retournés à la maison après la fermeture de leurs services en mars 2020, ont ensuite été invités à donner un coup de main au réseau par la voie de l’initiative «Je contribue».

«Pourquoi on n’a pas préparé ce délestage-là avant? Pourquoi il faut arriver au téléphone à «Je contribue», pourquoi on ne les prépare pas ces gens-là? C’est ce bout-là qui m’échappe!», a insisté Géhane Kamel.

Problème de main-d’oeuvre

«Notre société a un problème de main-d’œuvre inouï», a débuté le Dr Arruda, aussitôt coupé par la réplique de la coroner: «Ça n’a rien à voir.» «Et donc, on se retrouve dans une épidémie comme la grippe espagnole [...] dans un système déjà fragilisé, a-t-il ajouté. [...] C’est un ensemble de facteurs», a-t-il tout de même complété.

En avant-midi, son prédécesseur et bras droit, le Dr Richard Massé, avait précisé que ce plan avait été mis à jour au début de la pandémie, avec les données parcellaires disponibles à ce moment.

Dr Richard Massé
Photo d'archives, Agence QMI
Dr Richard Massé

Après avoir débuté son allocution par des condoléances destinées aux proches des 5000 personnes décédées en CHSLD, le Dr Horacio Arruda a expliqué à plusieurs reprises que les aînés en CHSLD avaient été «au cœur» de ses prises de décisions.

Au sujet de l’interdiction pour les proches aidants d’accéder aux CHSLD, il a précisé que la décision avait été prise aussi dans le but de protéger le public de possibles éclosions.

«C’était véritablement pour les protéger eux, et protéger les établissements aussi», a insisté le scientifique en rappelant que cette directive avait été ensuite levée à la mi-avril.

Quant à fournir des masques à tout le personnel de la santé et à tester systématiquement les résidents des CHSLD où couvaient des éclosions, tant le Dr Arruda que son collègue, le Dr Massé, ont indiqué que les ressources étaient alors insuffisantes pour le faire, même si le «principe de précaution» l’avait suggéré.

Faute de temps jeudi, le témoignage d’Horacio Arruda se poursuivra lundi prochain au palais de justice de Québec.

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