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Quand la science est prise en otage

Bonnes adresses université Concordia
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Ne vous laissez pas décourager par le début un peu ardu de ce qui suit.

L’Université Concordia veut combler une chaire de recherche du Canada dans le domaine des nanomatériaux pour l’énergie durable.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

La personne recrutée deviendrait professeur et chercheur aux départements de physique et de génie chimique. 

L’affichage précise qu’on veut quelqu’un avec un doctorat en physique ou en génie dans ce domaine, et avec une liste substantielle de publications dans des revues scientifiques réputées.

Critères

Où est le problème, me direz-vous ?

Il s’en vient le problème.

L’affichage invite ensuite les gens intéressés à expliquer en quoi « leur cheminement professionnel et leur expertise les ont préparés à offrir un enseignement pertinent pour une société canadienne diversifiée, multiculturelle et contemporaine. »

Vous voyez venir l’affaire ?

Je vous rappelle qu’on cherche un physicien ou un ingénieur – donc un scientifique hard – spécialisé dans les nanomatériaux.

Poursuivons la lecture de l’appel de candidatures :

« Nous les invitons par exemple à décrire leur expérience ou leurs projets touchant : l’enseignement sur les populations sous-représentées ; le mentorat d’étudiantes et d’étudiants issus de milieux sous-représentés. »

Le physicien ou l’ingénieur doit donc, comme s’il était un intervenant communautaire en milieu autochtone ou dans un quartier multiethnique chaud, montrer qu’il est socialement engagé derrière la bonne cause.

Ne serait-ce pas, demanderez-vous peut-être, un souhait de l’employeur plutôt qu’une exigence ferme ?

Dans la section « Qualifications et atouts », il est clairement écrit :

« Une (sic !) historique importante de promotion de l’équité, de la diversité et de l’inclusion en science et/ou en génie est aussi un atout considérable. »

Bref, un scientifique de haut vol, sorti du MIT ou de UCLA, qui jugerait que son travail se passe pour l’essentiel dans un laboratoire et qui laisserait le militantisme à d’autres, passera très probablement après quelqu’un issu d’une université de seconde zone, mais qui aura un parcours exemplaire de militant woke.

Un collègue me fait une remarque savoureuse.

Imaginez si le poste affiché disait quelque chose comme : « Nous considérerons en priorité les candidats pouvant démontrer un engagement dans la promotion d’une science conforme à la doctrine chrétienne, au conservatisme, etc. »

Imaginez le tollé tout à fait justifié.

Mais si l’engagement politique est du bon bord, cela passe.

En fait, ce n’est pas juste que ça passerait. C’est carrément un critère d’embauche.

Je pourrais multiplier les exemples dont m’inondent des collègues effarés.

Dévoiement

Tout cela montre deux choses.

La première est que le wokisme a toutes les caractéristiques d’une secte, mais qu’à la différence des marxistes-léninistes des années 1970, les tenants du wokisme se hissent aux plus hauts échelons du monde académique, d’où ils tirent les ficelles.

La seconde est que nous ne sommes plus dans un délire n’affectant que la sociologie, l’anthropologie ou les études littéraires.

Ce sont toutes les disciplines, toutes les sciences que l’on essaie de dévoyer à des fins strictement idéologiques.

Et j’en garde du meilleur pour une prochaine chronique.

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