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Diriger par décret, le rêve de bien des patrons

Quebec
Photos d'archives Avant de lever l’état d’urgence, les syndicats allaient aussi passer dans le tordeur de Legault. Comme disait Yvon Deschamps : « Les unions, qu’ossa donne ? » après tout.

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Ce rêve, François Legault le vit depuis deux ans. Il était temps qu’il se réveille et qu’il se rappelle que le Québec est une démocratie.

Lors de la pandémie, de nombreux gouvernements à travers la planète ont découvert une recette pour faire avancer leurs idées qui, autrement, ne seraient jamais passées. Tu déclares l’état d’urgence et tu fais ce que tu veux.

Pourquoi pas ? Les journalistes étaient plutôt dociles lors des conférences de presse quotidiennes, où il était de mauvais ton de poser des vraies questions comme : pourquoi le Québec a-t-il eu le pire bilan des décès au Canada lors de la pandémie ?

C’est un bar ouvert pour le patronat qui nous gouverne en ce moment au Québec.

ATTAQUER NOTRE MILIEU DE VIE

Ce n’est pas seulement Donald Trump qui a voulu saborder des lois environnementales qui « nuisent » à la reprise post-pandémie. Legault a fait la même chose avec sa loi 66 et avec les mêmes arguments : nous n’avons plus le loisir de faire des évaluations environnementales de projets majeurs, c’est trop urgent !

C’était un peu gros et le public y a vu clair.

Trump a été battu et ses lois anti-environnement abrogées par Biden. Legault était obligé de revenir sur les pires aspects de sa loi anti-environnement. Une rare défaite pour un boss qui s’était habitué à tout décider, tout contrôler et régner par décret. Et, il faut dire, il a commencé à y prendre goût.

ATTAQUER NOTRE QUALITÉ DE VIE

Donc, tant qu’à y être, et avant d’être obligé de lever l’état d’urgence, Legault a décidé de se faire plaisir.

Les syndicats allaient aussi passer au tordeur. Comme disait Yvon Deschamps : « Les unions, qu’ossa donne ? » après tout.

Qu’ossa donne ? Les luttes des travailleurs ont donné, pour tout le monde (pas juste pour les syndiqués) : une fin de semaine, des indemnités en cas d’accident de travail, un système de pension de retraite, des vacances annuelles... On avait besoin de plus qu’une « une job steady pis un bon boss » pour y arriver.

Négocier collectivement pour défendre et promouvoir les intérêts socioéconomiques des travailleurs n’est pas un cadeau des patrons, c’est aujourd’hui un droit reconnu par une série des décisions de la Cour suprême. En conséquence, ce n’est pas non plus un droit que les patrons peuvent enlever, même si le boss en question s’appelle premier ministre.

ATTAQUER NOTRE NIVEAU DE VIE

Avec une série de manœuvres d’une mauvaise foi crasse, Legault tente d’usurper le rôle des syndicats dans la négociation des conditions de travail des employés de l’État.

On va donner des grosses augmentations de salaire dans les CPE ! Qu’est-ce que t’as à chialer ? Euh, boss, c’est que tu augmentes en même temps les heures de travail sans négocier l’ensemble !

On va payer des bonis aux infirmières pour en attirer d’autres ! Tu ne vas pas me dire que t’es contre ça ? Euh, boss, c’est que ce n’est pas clair à qui ça s’applique et dans quelles conditions, c’est pour ça que ça doit être négocié !

C’est un peu gros et le public commence à y voir clair !