/portemonnaie
Navigation

La semaine de 40 heures n'a plus de raison d'être, selon un expert

La semaine de 40 heures n'a plus de raison d'être, selon un expert
Photomontage: Marilyne Houde

Coup d'oeil sur cet article

La semaine de travail de cinq jours est tellement bien implantée qu’on ne la remet pas en question. Un chercheur anglais estime pourtant que le classique 9 à 5 est désuet et n’a plus raison d’être. On vous résume trois de ses arguments.

• À lire aussi: Pourquoi parler d’argent au Québec est si tabou?

• À lire aussi: «Gérer son stress», «porter plusieurs chapeaux»: voici ce que veulent vraiment dire les formulations dans les offres d’emploi

1. Ça ne répond plus aux besoins du monde moderne 

Il y a près d’un siècle, vers la fin des années 1920, travailler six jours par semaine était la norme. 

C’est après la Seconde Guerre mondiale que les travailleurs se sont battus pour de meilleures conditions de travail, donnant naissance à la semaine de cinq jours

Inutile de dire que le monde du travail a beaucoup évolué depuis . Même si la plupart des travailleurs sont en poste à temps plein, du lundi au vendredi, cet horaire ne conviendrait plus aux besoins modernes du monde du travail, selon le co-fondateur et directeur d'Autonomy, un groupe de réflexion axé sur l'avenir du travail, le chercheur anglais Will Stronge.

Il est également co-auteur du livre Overtime : Why We Need a Shorter Working Week.

Dans les années 1930 et 1940, l’économie reposait en grande partie sur l’industrie manufacturière, mais depuis la révolution informatique des années 1980 et 1990, il y a beaucoup plus de travail de bureau.»

Cette nouvelle réalité a complètement changé la culture du travail, d’après Will Stronge. «Aujourd’hui, si on travaille 40 heures par semaine, ce n’est pas parce que c’est nécessaire d’un point de vue productivité, mais c’est parce que c’est ce qu’on exige de vous».

2. Ce n’est pas plus productif 

Un employé serait productif 2 heures 53 minutes par jour en moyenne, d’après une étude menée au Royaume-Uni en 2016 par la firme VoucherCloud. Pourtant, les journées typiques de travail son d’une durée de sept à neuf heures. 

Être au travail physiquement huit heures par jour «n’égale pas une productivité maximale pendant ces huit heures consécutives même si c’est ce que la semaine de cinq jours suggère», estime Will Stronge.

«Les travailleurs de plusieurs domaines souffrent d’épuisement professionnel et doivent apprendre à vivre avec la ligne floue tracée entre leur vie professionnelle et personnelle.»

• À lire aussi: À cause de l'iniquité salariale: les Québécoises travailleront «gratuitement» à compter du 1er décembre 10h36

• À lire aussi: 5 pièges à éviter quand on vous demande vos attentes salariales

3. Ça crée des inégalités  

Selon lui, une semaine de travail plus courte – comme la semaine de quatre jours – profiterait aux personnes aux prises avec un «deuxième quart», soit les responsabilités familiales après le bureau.

«Tout au long du 20e siècle, quand les femmes sont entrées sur le marché du travail et qu’elles se sont éloignées de la vie domestique, elles ont du même coup hérité du "deuxième quart de travail", explique le chercheur anglais. Vous travaillez, vous rentrez chez vous et vous vous occupez de la famille et des repas.»

D’après le chercheur, une semaine de travail de quatre jours ou des journées de travail écourtées seraient bénéfiques à tous ceux et celles qui cumulent un grand nombre d’heures de travail rémunérées et non-rémunérées dans une seule semaine. 

• À lire aussi: Elle réussit à payer toutes ses dettes en assemblant des meubles IKEA

• À lire aussi: Rembourser son prêt étudiant ou mettre de l’argent de côté?

La solution? Changer la culture du travail  

Le principal obstacle à la mise en œuvre d’une semaine de travail plus courte est la culture du travail actuelle. Puisqu’un grand nombre d’entreprises carburent au rendement, le surmenage est chose courante. D’ailleurs, dans étude menée par Indeed au début de l’année 2021, 52% des 1500 travailleurs américains sondés disent avoir souffert d’épuisement lié au travail en 2021, comparativement à 43% en 2019.

«Il y aura toujours des gens qui veulent travailler plus pour prouver leur valeur. Mais ce mode de vie est non seulement néfaste pour le travailleur, mais aussi pour l’organisation, croit Will Stronge. Une organisation avec une culture de travail décente devrait être un lieu à l’ambiance positive où chacun joue son rôle et collabore au sein de l’équipe pour éviter que certains employés sentent le besoin de travailler plus dur que les autres».

Comme solution concrète, Will Stronge propose aux entreprises d’établir des règles claires quant aux heures de travail et ce que l’on attend du personnel. Par exemple, plus personne au bureau à compter de 18 heures.

«C’est ce qui doit être mis en place pour mettre un terme à la culture du surmenage», croit Will Stronge. 

Will Stronge est co-fondateur et directeur d'Autonomy, un groupe de réflexion axé sur l'avenir du travail. Il est également chercheur en politique et philosophie à l'Université de Brighton au Royaume-Uni et il est co-auteur du livre Overtime : Why We Need a Shorter Working Week. Les arguments ci-haut proviennent d’une entrevue accordée au média NPR.

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux