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Le saule, une plante aux multiples usages

1113 CASA Fleurs et potager
Photo courtoisie Des saules ont été utilisés pour décontaminer ce terrain de la raffinerie de Suncor à Oakville, en Ontario.

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Avec ses longues et gracieuses tiges retombantes, le saule pleureur confère aux parcs et aux jardins un romantisme bucolique. Outre cette variété, il existe environ 400 autres espèces de saules dont certaines gagnent en popularité à cause des grands bienfaits qu’elles procurent.

Dépollution de l’air et du sol

Une propriété peu connue du saule est sa grande efficacité à dépolluer l’air et le sol. Comme elles ont une croissance particulièrement rapide, certaines espèces telles que le saule discolore et le saule japonais ont la capacité d’absorber de grandes quantités de gaz carbonique. Ainsi, on estime qu’un mètre linéaire d’une haie composée de ces fameux saules peut séquestrer jusqu’à 6 kg de gaz carbonique. Ces espèces de saules auront donc un rôle important à jouer dans la lutte aux changements climatiques.

Comme leurs racines stabilisent efficacement le sol, diverses espèces de saules indigènes sont plantées aux abords des cours d’eau dont les berges sont en mauvais état.
Photo courtoisie
Comme leurs racines stabilisent efficacement le sol, diverses espèces de saules indigènes sont plantées aux abords des cours d’eau dont les berges sont en mauvais état.

D’autre part, diverses espèces de saules peuvent aussi accumuler dans leurs tissus plusieurs polluants présents dans le sol tels que les hydrocarbures et les métaux lourds. Ainsi, les saules sont maintenant utilisés pour effectuer de la phytoremédiation. Plusieurs études sur ce sujet ont été effectuées récemment par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke et de l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal.

La phytoremédiation implique l’utilisation des plantes et des microorganismes qui leur sont associés pour dépolluer l’environnement. Il s’agit donc d’un ensemble de techniques misant sur les plantes pour extraire, dégrader ou immobiliser les contaminants dans les sols, les sédiments, les boues ainsi que dans l’eau de surface ou souterraine.

Écrans acoustiques

Écran antibruit composé de saules vivants.
Photo courtoisie
Écran antibruit composé de saules vivants.

Depuis quelques années, des murs végétalisés sont installés aux abords de certaines routes québécoises. Ces murs composés d’une structure de bois ou d’acier, d’un grillage et d’une membrane géotextile sont remplis de sable et entourés de tiges de saule.

L’espèce qui fut utilisée pour la fabrication de certains de ces écrans était le saule osier, une essence d’origine européenne. Cependant, d’autres essences, comme le saule discolore et le saule japonais, ont été mises à l’essai récemment et ont donné d’excellents résultats, supérieurs à ceux obtenus avec le saule osier puisqu’il s’agit d’espèces beaucoup mieux adaptées à notre climat nordique.

Grâce à leur feuillage, ces saules améliorent sensiblement l’efficacité des écrans contre les bruits. En fait, un mur végétalisé de ce type est nettement plus esthétique et tout aussi efficace, sinon plus dans certains cas, qu’un mur de béton conventionnel.

Clôtures et sculptures

Une clôture de saule vivant fort originale.
Photo courtoisie
Une clôture de saule vivant fort originale.

Le long de l’autoroute des Laurentides (autoroute 15), dans le secteur de Montréal, on a érigé récemment une palissade fabriquée avec des branches de saule – non vivantes dans ce cas-ci – sur lesquelles poussent des plantes grimpantes. Ce mur de saule est doublé d’un isolant acoustique épais qui assure une diminution importante des bruits provenant de la route.

Des clôtures faites de branches de saule – qui ne sont toutefois pas combinées à des isolants acoustiques – sont également offertes sur le marché pour les terrains résidentiels. Ces clôtures peuvent être composées de branches de saule avec écorce, dont l’allure est champêtre, ou écorcées et dont le look convient mieux aux milieux urbains. Il est facile d’y faire pousser des plantes grimpantes comme la vigne vierge, le houblon ou les haricots.

Clôture de saule écorcé.
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Clôture de saule écorcé.

On peut également utiliser de jeunes branches de saule pour créer des clôtures vivantes. Au printemps, la base de ces boutures géantes est simplement enfouie dans le sol ce qui lui permet de former des racines. Quelques jours suivant leur mise en terre, les branches de saule forment de nouvelles feuilles. Les tiges de saule peuvent ainsi être tressées ou entrecroisées afin de donner un aspect fort original aux clôtures.

Le saule est aussi utilisé pour la création de sculptures. Inspirées à la fois du land art et de la vannerie, quelques sculptures végétales vivantes ont été récemment installées dans divers parcs et jardins québécois. Un peu comme on le fait avec les clôtures, il est possible de planter dans le sol de grandes boutures de saule au printemps pour en faire des sculptures végétalisées. On peut croiser les tiges et les disposer en arceaux afin de créer diverses structures dont certaines ne manquent pas de rappeler l’architecture des cathédrales.

Une sculpture vivante fabriquée à partir de branches de saule plantées dans le sol.
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Une sculpture vivante fabriquée à partir de branches de saule plantées dans le sol.