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Moins de billets médicaux à signer, plus de temps pour les patients?

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Alors que Québec s'engage à ce que tous les habitants de la province puissent avoir accès à un médecin de famille en moins de 36 heures, la Fédération des omnipraticiens du Québec, qui représente plus de 10 000 médecins, en profite pour réclamer aux assureurs et aux employeurs, entre autres, qu'ils assouplissent leurs exigences en matière de billets médicaux.

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C'est connu, la plupart des assureurs exigent une prescription médicale pour rembourser certains frais liés à la massothérapie, à la psychologie ou encore à la physiothérapie.

Certains employeurs requièrent aussi ce type de prescriptions, mais pour d'autres raisons; pour confirmer, par exemple, qu'un employé qui souffre de troubles musculosquelettiques et qui travaille debout en position statique a bel et bien besoin d'une chaise pour s'asseoir à l'occasion.

Les garderies, les écoles et la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) peuvent aussi être exigeantes en matière de preuves médicales.

Puisque chaque signature du médecin exige une consultation ou une téléconsultation, on perd du temps précieux en cette ère où il manque de médecins de famille.

«Quand je vois un patient qui vient me voir pour avoir un billet de motivation d'absence pour son employeur ou encore un parent qui doit fournir un billet médical à sa garderie pour qu'il puisse mettre de la crème solaire à son enfant, c'est clair que je me dis que ce temps de consultation pourrait être consacré à des patients qui ont vraiment besoin de mon expertise», a affirmé vendredi, en entrevue avec TVA Nouvelles, le Dr Marc-André Amyot, vice-président de la Fédération des omnipraticiens du Québec.

Perte de temps précieux

La Fédération estime à près de 11 heures par semaine le temps qu'un médecin de famille peut consacrer aux tâches médico-administratives.

Si certaines d'entre elles ne peuvent être réalisées que par les médecins, certaines pourraient être transférées à d'autres professionnels, selon le Dr Benoit Heppell, médecin de famille et chef du Département de médecine générale du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

«Souvent un ergothérapeute ou un physiothérapeute, par exemple, va recommander telle ou telle chose, mais on devra avoir la signature du médecin qui va venir confirmer le tout. Ils sont souvent plus compétents que le médecin pour signer le papier alors, selon moi, ils devraient pouvoir le faire.»

Selon le Dr Heppell, une sensibilisation devrait être faite auprès de tous ceux qui exigent des billets médicaux.

Comme la Fédération est consciente de ne pas pouvoir agir directement sur les employeurs et les assureurs, elle a mis en place un comité de travail pour tenter de trouver des solutions. Le gouvernement a aussi été interpellé sur cet enjeu.

«Ça demande une réorganisation du travail et une collaboration. C'est sûr que c'est plus facile [pour le gouvernement] de dire "on va forcer les médecins, on va leur pousser 200 patients, on va leur mettre des pénalités, on va leur mettre des obligations". Mais ça, ça démotive les médecins et ça dévalorise la profession», a affirmé le Dr Heppell.