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26 arrestations dans la province: grand nettoyage chez les pédophiles du Québec

La Sûreté du Québec a procédé à l’une de ses plus grosses opérations en la matière

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La récréation est terminée pour près d’une trentaine de pédophiles des quatre coins de la province alors que la Sûreté du Québec (SQ) a procédé ces derniers jours à l’une des plus grosses frappes de son histoire en matière de cyberexploitation d’enfants.  

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« On sait où vous êtes, on a les ressources pour vous surveiller et on va tout mettre en œuvre pour vous trouver », prévient le lieutenant Marc-Antoine Vachon, responsable de la division des enquêtes sur l’exploitation sexuelle des enfants sur internet à la SQ.

Sébastien Deshaies est l’une des 26 personnes arrêtées depuis mardi. On le voit hier à la sortie du poste de police de Granby hier.
Photo Martin Alarie
Sébastien Deshaies est l’une des 26 personnes arrêtées depuis mardi. On le voit hier à la sortie du poste de police de Granby hier.

Cette opération d’envergure a permis à l’équipe spécialisée en cyberpédophilie de la SQ de mener 28 perquisitions et 26 arrestations depuis mardi.   

  • Écoutez l’entrevue avec Franca Cortoni, psychologue spécialisée en agressions sexuelles à l’École de criminologie de l’Université de Montréal au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio :   

Les services de police de Montréal, Québec, Laval, Longueuil et Gatineau ont également participé au coup de filet puisqu’ils font tous partie d’une nouvelle équipe intégrée facilitant la coordination des opérations contre la cyberexploitation.

Des récidivistes

Parmi les hommes mis hors d’état de nuire au cours des derniers jours, quatre d’entre eux sont des récidivistes en matière de crimes sexuels sur les enfants. 

C’est notamment le cas d’Yves Cloutier, un criminel reconnu coupable d’agressions sexuelles sur des enfants en 2012. 

L’homme aujourd’hui âgé de 62 ans avait écopé d’une sentence de 15 ans de pénitencier pour une série d’agressions sexuelles sur des femmes seules et des mineurs.

Denis Héroux, Concierge
Photo d’archives
Denis Héroux, Concierge

D’autres n’étaient pas connus des autorités pour des crimes similaires, comme l’enseignant au secondaire et musicien de Drummondville Jean-Michel Fontaine, 35 ans et le concierge d’une école primaire de La Sarre, en Abitibi-Témiscamingue, Denis Héroux, 64 ans. 

Fraîchement réélu, le conseiller municipal de Saint-Christophe-d’Arthabaska Simon Arsenault fait partie des accusés. 

Les hommes devront principalement répondre à des accusations de possession et de distribution de pornographie juvénile et d’avoir rendu de la pornographie juvénile accessible.

Jean-Michel Fontaine, Enseignant
Photo d’archives
Jean-Michel Fontaine, Enseignant
  • Écoutez l’entrevue de René Morin, porte-parole du Centre Canadien de Protection de l'Enfance  

570 000 fichiers

Dans les appareils électroniques saisis lors des perquisitions, une quantité hallucinante de fichiers de pornographie juvénile ont été découverts par les techniciens en informatique des différents corps policiers. 

Dans l’ordinateur de l’un d’eux, les experts ont découvert plus de 570 000 images montrant des enfants dans un contexte sexuel.

Simon Arsenault, Conseiller municipal
Photo d’archives
Simon Arsenault, Conseiller municipal

Dans le cadre de cette opération, les hommes arrêtés ont été identifiés par les enquêteurs sur des forums de cyberpédophiles. Certains ont également été arrêtés parce qu’ils avaient rendu accessibles des fichiers de pornographie juvénile sur des logiciels de téléchargement.

Ils peuvent vraiment être n’importe qui  

La cyberpédophilie touche toutes les sphères de la population et n’a pas de profil type, contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer, explique la Sûreté du Québec.

« C’est vraiment monsieur et madame Tout-le-Monde, explique le lieutenant Marc-Antoine Vachon, responsable à la SQ de la division des enquêtes sur l’exploitation sexuelle des enfants sur internet. Il ne faut pas avoir de préjugés en la matière parce que ça peut être n’importe qui. »

Au fil des ans, son équipe a passé les menottes à des gens sans emploi, des avocats, des ingénieurs et des serveurs de restaurant, entre autres. 

Chaque cas a toutefois un élément en commun : les proches des cyberpédophiles sont anéantis chaque fois. 

« On brise des familles à toutes les fois qu’on perquisitionne quelqu’un, explique le responsable de l’équipe spécialisée, qui a longtemps été lui-même enquêteur. L’impact que l’arrestation de ces individus a sur la famille est non négligeable et ils en deviennent des victimes collatérales. »

La SQ souhaite que les enfants soient vigilants et ne partagent pas de photos sexuellement explicites d’eux même sur le web ou avec leurs amis.

« On va toujours être là pour protéger les enfants, il faut juste nous le signaler », conclut le lieutenant Vachon.

Si vous êtes victime d’exploitation sexuelle sur internet, vous pouvez obtenir de l’aide  

En personne dans un poste de police

À Cyberaide

www.cyberaide.ca

À Échec au crime

echecaucrime.com

À la Centrale d’information criminelle de la SQ

1 800 659-4264

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