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Quelle est la place du français au travail?

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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S’il y a une leçon à retenir de l’« affaire Rousseau » et maintenant de l’annulation du discours du patron de SNC-Lavalin, c’est qu’on doit réfléchir sur la place du français au travail.

Le constat est assez clair pour peu qu’on fréquente les milieux d’affaires. L’unilinguisme des patrons d’Air Canada et de SNC-Lavalin n’est pas simplement le fait d’hommes d’affaires regardant le Québec de haut. C’est plutôt symptomatique de l’évacuation du français du monde des affaires. 

Travail

Depuis la loi 101, les gouvernements québécois ont épargné le milieu des affaires. 

Pour les entreprises, toute intervention linguistique de l’État a toujours été considérée comme un sacrilège, qui se finirait inévitablement en catastrophe économique. La défense du français s’est toujours faite malgré elles. 

Il n’est guère surprenant, dans ce contexte, que du haut au bas de l’échelle, le français se soit transformé en accessoire de bureau, que des patrons de SNC-Lavalin et d’Air Canada, ayant pourtant comme actionnaires des acteurs gouvernementaux, ne s’y sentent pas obligés d’en apprendre les rudiments, et que 63 % des emplois à Montréal exigent l’anglais comme critère d’embauche (OQLF, 2020). 

C’est un désintéressement historique et systématique. Pourquoi alors faudrait-il se gêner de contraintes linguistiques ?

Qu’y aurait-il d’illégitime à ce qu’un État qui crée les conditions favorables au développement du « Québec inc. » demande à ces « personnes morales » d’agir selon des intérêts collectifs et selon une certaine moralité, autre que de payer des impôts ? 

CAQ

La politique linguistique de la CAQ sur la langue est timide sur ce sujet. On fait dans le bricolage et la symbolique, alors que tout diagnostic raisonné indique que l’usage et la maîtrise du français s’étiolent. Notre langue, on la parle mal et on la parle moins. 

Une loi 101 renforcée qui ne renversera pas la table des lieux d’anglicisation, soit les cégeps et les lieux de travail, ne changera rien à cette triste trajectoire qu’entreprennent Montréal et ses couronnes. 

La CAQ devrait profiter de l’indignation collective pour ratisser plus large et bousculer les esprits. Qu’elle fasse vite, car l’indignation ne dure jamais bien longtemps dans ce demi-pays.