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Appel d’urgence à l’écolucidité

Appel d’urgence à l’écolucidité
Photo AFP

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Je comprends le cynisme, la colère autant que l’écoanxiété qui ont levé le cœur de nombreux observateurs de la conférence sur le climat qui se termine à Glasgow.

Plus on maîtrise les sciences de l’environnement, plus on a de raisons de paniquer. Mais plus on sait aussi que l’inertie n’est pas une option si on veut protéger nos enfants. 

Trop de pays n’ont pas encore compris qu’il est dans leur intérêt égoïste de se mettre en mode solution. En mode action. Même si d’autres n’en font pas autant.

Tous dans le même canot

Pour reprendre les mots de ma collègue Catherine Potvin, biologiste spécialiste du climat, c’est comme si l’humanité était dans un canot qui se dirige à toute vitesse vers une immense chute. 

Plus on approche, plus il devient difficile de ramer vers le bord, mais plus chaque coup de pagaie peut faire la différence. Ce n’est certainement pas en arrêtant de pagayer qu’on évitera la chute. 

Si nos dirigeants étaient à l’écoute des scientifiques, ils s’engageraient fermement à réduire leurs émissions d’au moins 45 % d’ici à 2030. C’est ce qui est nécessaire pour dévier de la trajectoire catastrophique sur laquelle nous sommes.

S’ils avaient un peu d’écolucidité, ils s’entendraient sur un accord international contraignant les obligeant à ramer solidairement dans la même direction.

Malheureusement, il n’y a rien d’aussi ambitieux dans la dernière version de la déclaration sur laquelle les pays sont encore en train de s’obstiner, au moment où ce texte part sous presse. 

S’engager à la carboneutralité pour 2050, sans plan d’action contraignant pour s’y rendre, ressemble à des paroles d’ivrognes, saoulés par les lobbies des énergies fossiles. 

Ils étaient d’ailleurs plus de 500 durant cette COP, dont plusieurs canadiens. Si le lobby pétrolier était un pays, c’est celui qui aurait la plus grande délégation.

Il n’est donc pas étonnant que, malgré certaines avancées, on soit encore si loin de la rive à atteindre. Il faut absolument que le Québec et le Canada donnent l’exemple en pagayant encore plus fort. Nous avons la capacité et le devoir de le faire.