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Afflux de migrants: l’Europe va finir par crier holà

Un groupe de migrants est aperçu dans un camp près de la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno le 13 novembre 2021. - Des milliers de migrants - la plupart originaires du Moyen-Orient - ont traversé ou tenté de traverser l'UE et l'OTAN frontière depuis l'été. Les pays occidentaux ont accusé le régime biélorusse, qui est soutenu par la Russie, d'avoir organisé la crise en représailles contre les sanctions de l'UE, accusations que Minsk a démenties.
AFP Un groupe de migrants est aperçu dans un camp près de la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno le 13 novembre 2021. - Des milliers de migrants - la plupart originaires du Moyen-Orient - ont traversé ou tenté de traverser l'UE et l'OTAN frontière depuis l'été. Les pays occidentaux ont accusé le régime biélorusse, qui est soutenu par la Russie, d'avoir organisé la crise en représailles contre les sanctions de l'UE, accusations que Minsk a démenties.

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Des dizaines de millions de personnes en Afrique, au Moyen-Orient et ailleurs rêvent d’aller vivre en Europe. Ceux qui en ont les moyens paient des organisations de passeurs criminelles pour y arriver. 

On estime que depuis 2015, des millions de ces migrants ont déjà atteint leur paradis par bateaux à travers la Méditerranée. L’attention se porte maintenant vers l’Est. 

Des tensions migratoires qui couvaient depuis des mois le long des frontières de l’Union européenne (UE) avec la Biélorussie se sont maintenant transformées en une confrontation géopolitique accompagnée dune crise humanitaire majeure

Plusieurs milliers de migrants, surtout moyen-orientaux, sont bloqués à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne dans des conditions très difficiles. Beaucoup sont à court d’argent et de plus en plus désespérés à l’approche de l’hiver. 

Si on en est arrivé là, c’est à cause du dictateur Loukachenko, de Biélorussie, qui veut se venger de l’Union européenne pour lui avoir imposé des sanctions à la suite du vol des présidentielles de 2020 qui l’ont maintenu au pouvoir pour un sixième mandat

Sa fraude électorale avait provoqué des manifestations monstres pendant des semaines. Plus de 35 000 personnes furent arrêtées et des milliers furent battues par la police. La vainqueure, la cheffe de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaya, a dû fuir en exil. 

Arguant que les sanctions le privaient des fonds nécessaires pour contenir les flux de migrants, Loukachenko a décidé de ne plus respecter l’accord visant à endiguer la migration illégale à la frontière de l’UE. Il a lui-même provoqué la crise. Des agences gouvernementales du Bélarus ont offert aux migrants moyen-orientaux une assistance pour les visas. Certains ont même été transportés à Minsk par la compagnie aérienne publique du pays pour être ensuite aidés à se rendre à la frontière de l’UE. 

Loukachenko dépend fortement de son ami Poutine en tant qu’allié et créancier. Le premier ministre polonais est même allé jusqu’à accuser le président russe d’être le «commanditaire» de «l’attaque», amenant Poutine à répliquer: «Je veux que tout le monde le sache. Nous n’avons rien à voir là-dedans.» 

Lorsque Loukachenko a menacé d’interrompre le flot d’un gazoduc russe, qui traverse son territoire vers l’Europe, Moscou a cru bon de rassurer les Européens en leur disant qu’ils continueraient de recevoir le gaz de Russie. 

Mais quand même, des parachutistes russes ont participé, la semaine dernière, à des exercices militaires en Biélorussie. Le Kremlin considère le pays comme une zone tampon de sécurité face à l’OTAN.

Tournant le fer dans la plaie, le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov, déclare que les flux de migrants sont le résultat des guerres menées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan et des soulèvements soutenus par l’Occident en Syrie et en Libye. Amère vérité. 

Les Européens doivent être fermes. Céder à la pression et demander à la Pologne de laisser les migrants entrer en Allemagne permettrait à Loukachenko de sortir vainqueur. Ça l’encouragerait à continuer à prendre de telles mesures. L’opposition biélorusse exhorte l’UE à adopter des sanctions encore plus sévères, notamment un embargo commercial. 

À travers l’UE, les sondages indiquent que les Européens disent «Assez c’est assez» face aux vagues de migrants sans statut qui assaillent leurs frontières terrestres et maritimes. 

En réponse à la pression migratoire, l’Autriche, le Danemark, la Bulgarie, Chypre, la Tchéquie, la Slovaquie, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Hongrie et la Grèce ont appelé Bruxelles à «adapter le cadre juridique existant aux nouvelles réalités»

C’est un appel à abroger des dispositions de la Convention de Genève sur les réfugiés afin de pouvoir légalement refouler les migrants demandeurs d’asile. 

Seulement en 2020, les pays de l’UE ont accordé leur protection à environ 280 000 personnes, qui avaient réussi à pénétrer sans autorisation sur leur territoire.