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«L’arracheuse de temps»: les moyens de ses ambitions

L'arracheuse de temps
Photo courtoisie

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Après Luc Picard et ses films Babine et Ésimésac, c’est au tour de Francis Leclerc de mettre en images l’univers poétique et fantaisiste du conteur Fred Pellerin. En adaptant au grand écran le conte L’arracheuse de temps, le cinéaste a voulu faire un film qui aurait les moyens de ses ambitions et qui exploiterait autant que possible l’aspect fantastique et la noirceur du récit.

«L’arracheuse de temps n’a pas été conçu pour ressembler à un film américain de 100 millions $. Mais on l’a fait avec l’objectif de réaliser un film fantastique québécois qui avait des moyens», indique en entrevue Francis Leclerc, en soulignant qu’il s’agissait du projet le plus ambitieux de sa carrière à ce jour.

Basé sur le spectacle du même titre, que Fred Pellerin a présenté sur les planches de 2008 à 2011 (et qui a été écrit à la suite de la mort de son père), L’arracheuse de temps s’articule autour du personnage de Bernadette (Michèle Deslauriers), une vieille conteuse malade, qui tente de convaincre son petit-fils de 11 ans, Fred (Oscar Desgagnés­­­), que la Mort n’existe pas. Pour le rassurer, elle lui racontera les aventures de sa jeunesse à Saint-Élie-de-Caxton, en 1927, alors qu’elle avait réussi l’exploit d’éliminer la Mort qui rôdait autour du village.

Céline Bonnier prête ses traits à La Stroop, la sorcière du village.
Photo courtoisie
Céline Bonnier prête ses traits à La Stroop, la sorcière du village.

«L’aspect fantastique du récit était très important pour moi, explique Francis Leclerc. Ma vision était très proche des films de Terry Gilliam et de Tim Burton. Ç’a beaucoup allumé Fred, parce que son film fétiche, c’est Big Fish [de Tim Burton]. C’est un film qui l’a beaucoup marqué quand il était jeune et qui a fait partie de son chemin de conteur. On voulait avoir le courage de raconter une histoire qui nous sort du quotidien et des drames intimistes qu’on a l’habitude de voir au Québec. On voulait faire un film durant lequel les gens ne s’ennuient jamais, avec une histoire imprévisible, à l’image des contes de Fred.»

Table rase

Si la majeure partie du film se déroule en 1927, l’histoire que raconte Bernadette au petit Fred sert de fil conducteur au récit. C’est d’ailleurs la première fois que le personnage de Fred Pellerin apparaît dans un film adapté de ses contes. «Fred voulait un petit Fred à l’écran parce que c’était important pour lui qu’on voie la relation entre la grand-mère et le petit-fils. Ce film dans le film nous permet de montrer la passation du conte entre Bernadette et Fred», souligne Francis Leclerc.

Pour s’attaquer à l’univers de Fred Pellerin, Francis Leclerc (Pieds nus dans l’aube, Un été sans point ni coup sûr) a jugé important de repartir à zéro, en ne tenant pas compte des films précédents réalisés par Luc Picard. D’abord par respect pour les deux premiers longs métrages. Mais aussi parce que les acteurs des autres films ont vieilli de dix ans depuis la sortie d’Ésimésac, en 2012.

Le réalisateur Francis Leclerc
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Le réalisateur Francis Leclerc

C’est Jade Charbonneau (5e Rang, Nouvelle Adresse) qui a hérité du personnage de la jeune Bernadette, l’héroïne­­­ principale de l’histoire qui tentera de sauver son village des griffes de la Mort. Céline Bonnier prête ses traits à La Stroop, la sorcière du village. Méo, le «barbier qui décoiffe», est joué par Marc Messier, le marchand général Toussaint Brodeur est campé par Émile Proulx-Cloutier et le curé du village est incarné par Pier-Luc Funk. Ah oui, et pour donner vie à l’inquiétant personnage de la Mort, Leclerc s’est tourné vers un de ses acteurs fétiches : Roy Dupuis.

«J’ai dit à Roy : viens jouer la Mort dans mon film et en échange, tu n’as pas à en faire la promotion, lance le cinéaste en riant. Ça fait cinq fois qu’on travaille ensemble, Roy et moi. On ne le reconnaît pas du tout dans ce personnage, mais c’est un morceau super important du film.»

Jade Charbonneau se glisse dans la peau de Bernadette, la jeune héroïne de L’arracheuse de temps, nouveau film adapté des contes de Fred Pellerin.
Photo courtoisie
Jade Charbonneau se glisse dans la peau de Bernadette, la jeune héroïne de L’arracheuse de temps, nouveau film adapté des contes de Fred Pellerin.

Esprit québécois

Des costumes aux décors, rien n’a été laissé au hasard dans l’aspect visuel du film. Pour les effets visuels, Francis Leclerc a fait appel à Arnaud Brisebois, un expert en la matière, qui a travaillé sur plusieurs productions hollywoodiennes, dont Les animaux fantastiques et les récents films de Denis Villeneuve.

«Je voulais que ça soit beau visuellement et qu’on se dise : wow, ce film-là a été fait ici, mais en gardant un esprit québécois, indique Leclerc. Personnellement, ça me fait rire de voir la Mort parler avec un accent québécois. Je ne crois pas avoir déjà vu quelque chose de semblable dans un film québécois.»


L’arracheuse de temps prend l’affiche le 19 novembre.

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