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​Le PDG d’Air Canada prié de partir

Des manifestants souhaitent voir un dirigeant bilingue à la tête de la compagnie aérienne canadienne

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Des manifestants en colère ont réclamé le départ du nouveau PDG unilingue anglophone d’Air Canada, samedi, devant le siège social de l’entreprise, pas prêts de lui pardonner son « manque de respect » envers les Québécois. 

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« D’avoir eu le culot de dire qu’il n’avait pas besoin d’apprendre le français pour vivre au Québec, c’est inadmissible pour moi. C’est ce qui m’a le plus choqué. C’est une question de respect », a martelé Marc-André Dupont, un manifestant de 55 ans, avec son drapeau du Québec entre les mains.  

Malgré le temps froid et la pluie battante, ils étaient plus d’une centaine à scander des slogans dans l’espoir que leur frustration soit entendue jusqu’à l’intérieur de l’imposant bâtiment à l’effigie d’Air Canada. 

Plus d’une centaine de manifestants étaient rassemblés samedi devant le siège social d’Air Canada.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Plus d’une centaine de manifestants étaient rassemblés samedi devant le siège social d’Air Canada.

« Rousseau, fait de l’air. Rousseau, tu ne voles pas haut. Rousseau, décolle », criaient-ils tous en chœur. 

Aucun mot en français 

Une dizaine de jours plus tôt, le nouveau patron d’Air Canada, Michael Rousseau, a prononcé un discours en anglais seulement, malgré ses 14 ans passés au Québec. Son allocution a fait couler beaucoup d’encre et suscité un nombre record de 2000 plaintes au Commissariat aux langues officielles. 

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Depuis, il a annoncé avoir commencé son apprentissage du français, mais c’est trop peu trop tard selon plusieurs, a pu constater Le Journal, samedi. 

« C’est très bien des cours de français, mais ça ne s’apprend pas comme ça, une langue [...] C’est un affront à la nation québécoise. Air Canada, vous pouvez et devez faire mieux », s’est insurgée Marie-Anne Alepin, présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. 

Cette dernière était satisfaite de voir tous ceux qui se sont déplacés malgré la distance. « La STM ne dessert pas le coin la fin de semaine. Mais ça montre vraiment que ce genre de mentalité n’a pas sa place », a-t-elle ajouté.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

« Déconnecté » 

Ce qui tourne le fer dans la plaie, c’est qu’Air Canada est une entreprise canadienne dont le siège social est situé à même la grande métropole. 

« Les chefs d’entreprises ne sont pas conscientisés. [Michael Rousseau] devrait avoir honte de vivre ici depuis aussi longtemps et de n’avoir jamais appris le français. Il est déconnecté », a déploré la manifestante Hélène Dufresne, 76 ans, sous son parapluie. 

Une manifestante tient une pancarte lors de la manifestation.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Une manifestante tient une pancarte lors de la manifestation.

Le député bloquiste Mario Beaulieu, responsable du dossier de la Loi sur les langues officielles, n’a pas mâché ses mots sur sa frustration quant à la nomination d’une directrice générale du Musée des Beaux-Arts du Canada et d’une gouverneure générale, toutes deux unilingues anglophones.

« Ils ouvrent aussi des postes unilingues anglais comme agent d’immigration à Montréal. Je pense que c’est assez clair qu’on se fait niaiser. Ça va faire. C’est assez », a-t-il lâché. 

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Discours reporté

Vendredi, le président de SNC-Lavalin, Ian Edwards, a annoncé qu’il reporterait son discours prévu lundi, pour s’assurer de répondre aux attentes des Québécois en matière de français. 

« Le Canada est un pays bilingue. On n’est pas contre l’anglais, mais un dirigeant d’une compagnie canadienne devrait parler les deux langues », a conclu fermement Mathieu Houle, 18 ans.

Mathieu Houle, 18 ans, avec son drapeau du Québec entre les mains.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Mathieu Houle, 18 ans, avec son drapeau du Québec entre les mains.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard