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C’est important pour moi de parvenir à jouer le rôle d’un père

SPO-HOCKEY QUÉBEC-POINT DE PRESSE-NOMINATION DE JOCELYN THIBAULT
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

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Cette semaine, mon invité est le nouveau directeur général de Hockey Québec et ancien gardien de but de la LNH, Jocelyn Thibault, qui a marqué sans aucun doute l’histoire du Canadien.

Il a été impliqué dans l’échange qui a envoyé Patrick Roy au Colorado et lui vers le Canadien. Je n’ai aucunement l’intention d’analyser l’échange. 

Jocelyn ne craint pas de s’impliquer dans des dossiers du hockey mineur du Québec pour améliorer la qualité de vie de nos jeunes hockeyeurs, administrateurs et entraîneurs.

En passant, Patrick Roy et lui sont des amis de longue date qui n’ont jamais discuté de l’échange, mais, plutôt, ils tentent de trouver des façons d’améliorer la qualité de jeu des jeunes hockeyeurs.  


Saint-Antoine des Laurentides et Laval ont marqué ta jeunesse

Il y a 46 ans, la famille demeurait à Saint-Antoine des Laurentides, jusqu’à mes 4 ans. Ensuite, nous avons déménagé à Laval dans le secteur de Fabreville.


À quel âge as-tu commencé à patiner ? 

J’avais 5 ans et j’étais accompagné de mon père, Jean-Jacques Thibault à l’aréna qui porte aujourd’hui le nom de Richard Trottier.


De là vient ta passion pour le hockey ?

Préférablement l’inverse, car j’ai tellement pleuré la première fois sur la glace. Mon père qui n’a jamais voulu me forcer à jouer au hockey m’a tout simplement dit avec un regard rassurant : « si tu veux revenir une autre fois, on tentera à nouveau l’expérience ». Quel beau message il m’a livré !


Quelles écoles as-tu fréquentées à Laval ?

J’ai fait mon primaire à l’école Petit-Prince, pour le premier cycle, et à Marc-Aurel Fortin, mon deuxième cycle. Ensuite, mon secondaire premier cycle, à l’école Poly-Jeunesse et mon deuxième cycle, à la Polyvalente Curé-Antoine-Labelle avant de terminer mon secondaire à Trois-Rivières, l’endroit où je jouais mon hockey. 


Quelle influence tes parents ont-ils eue dans ta vie ?

Mon père, Jean-Jacques, et ma mère, Micheline Corbeil, n’ont jamais tenté d’influencer ma sœur, Caroline, qui a excellé en patinage artistique, ou moi, dans la pratique d’un sport. Ils acceptaient nos décisions.  


Tes parents étaient-ils impliqués ?

Mon père et ma mère sont devenus nos chauffeurs de taxi privés, car nous avions beaucoup de compétitions et de tournois. D’ailleurs, nos vacances d’été étaient souvent nos compétitions. Cependant, à quelques occasions nous sommes allés en Floride. 


Trois gars de la LNH qui jouent ensemble au hockey dans la rue.

C’est assez rare que trois amis, Martin Saint-Louis, Éric Perrin et moi qui jouions dans la rue et au hockey mineur à Laval se retrouvent dans LNH. 


Le hockey mineur t’a enseigné la résilience.

Martin Saint-Louis et moi avons été rétrogradés au Bantam BB par l’entraîneur du niveau AA. On a pris la décision de continuer à s’amuser au hockey. Résultat, je suis devenu un premier choix au repêchage des Nordiques et Martin est au Temple de la renommée.


Ta première voiture et ton premier emploi d’été. 

Mon grand-père, J.-Jacques Corbeil était un conseiller en ventes de voitures usagées à Laval. Il m’a donné une Hyundai Excel 1987 avec de magnifiques lignes blanches sportives dessus. Je voyageais jusqu’à mon travail chez OMC, à Dollard-des-Ormeaux, où j’étais préposé à la réception de la marchandise. La voiture me permettait aussi de transporter mes coéquipiers juniors qui n’avaient pas de voiture. À bien y penser, j’étais devenu un chauffeur de taxi tout comme mes parents l’ont été pour moi. 


Le journaliste Marc Lachapelle a joué un rôle dans ta carrière.

À l’époque, Marc Lachapelle était assigné par Le Journal de Montréal à la couverture du hockey junior. Je suis persuadé que c’est grâce à Marc que mon futur agent, Pierre Lacroix, est venu me rencontrer à Trois-Rivières. 


As-tu rêvé de jouer dans la LNH ?

Franchement, c’était un rêve. Plus jeune, j’assistais régulièrement aux matchs juniors du lundi soir à l’aréna du Collège Laval. La première fois que j’ai cru que j’avais une possibilité de jouer dans LNH, c’est à mes débuts au hockey junior à Trois-Rivières. 


Aimerais-tu rencontrer Bill Belichick ?

Depuis quelques semaines, j’occupe le poste de DG de Hockey Québec. J’aimerais profiter de son expérience afin de savoir comment insérer au sein des équipes une culture comme celle des Patriotes, qui nous permettra d’être fiers de faire partie du programme de Hockey Québec. 


Le 3 octobre 1992 est une date importante pour toi.

Je jouais pour la formation junior à Sherbrooke alors que je demeurais en pension chez la famille Jacques Durand. Ma future épouse, Mélanie Trachy, qui n’avait aucun intérêt pour le hockey et savait encore moins qui j’étais, est venue saluer sa famille.


Tu ne l’as pas accompagnée à son bal de finissant. 

Ne saute pas trop rapidement aux conclusions. Souviens-toi que je t’ai mentionné que le hockey ne faisait pas partie de ses priorités. La vérité c’est que la réalité de nos vies nous a frappés en plein visage. Le soir de son bal de finissants, c’était la journée même du repêchage amateur de LNH. 


Est-ce que vous vous êtes disputés au retour à la maison ? 

Aucunement. Mélanie m’a raconté comment s’était déroulé son bal et moi je lui ai dit que j’avais été sélectionné au premier rang par les Nordiques. Encore aujourd’hui, mon épouse et moi discutons toujours des suites d’une décision importante qui pourrait changer nos vies et celles de nos trois filles.


Mélanie et toi avez trois merveilleuses filles.

Nous sommes choyés, car elles vont bien aux études et elles jouent au hockey pour leurs équipes scolaires. Noami joue pour les Gaiters de l’Université Bishop, Zoé, à Concordia et Annabel, pour les Cougars du Collège Champlain.


Est-ce que tu crois pouvoir remplir ton rôle de père ?

Oui, car je peux compter sur l’amour de Mélanie et sa compréhension. Le rôle d’un père, c’est d’aimer et de soutenir sa famille chaque jour.