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Michael Rousseau a trahi les anglos!

CCMM
Photo Chantal Poirier

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Vous avez lu la lettre que Robert Libman a signée dans Le Journal, la semaine dernière ?

L’ancien chef du Parti égalité et ex-maire de Côte-Saint-Luc disait que les anglophones du Québec étaient aussi furieux envers Michael Rousseau que les francophones. 

Parce que le grand patron d’Air Canada, par son refus de parler français, donne une très mauvaise image des anglophones du Québec, qui – selon monsieur Libman – sont tous bilingues. 

UN SECRET BIEN GARDÉ

Au risque de vous surprendre, je suis d’accord avec Robert Libman.

Je suis convaincu que les anglophones du Québec sont effectivement très fâchés contre Michael Rousseau. 

Pas parce que le patron unilingue d’Air Canada donne « une mauvaise image de leur communauté », par contre.

Mais parce qu’il a éventé l’un des secrets les mieux gardés des anglophones du Québec – à savoir qu’on peut passer toute sa vie à Montréal sans parler un maudit mot de français !

Tous les anglophones le savent ! Depuis des décennies ! Mais ils ne le disaient pas, de peur d’alerter les défenseurs de la loi 101 et de réveiller la bête nationaliste !

C’était leur secret...

Qu’ils s’échangeaient (en chuchotant) dans leurs maisons de Kirkland, de Côte-Saint-Luc ou de Westmount.

« Did you speak French today ?

— Nah !!!! Not a damn word ! Don’t have to ! »

Puis ils lisaient une chronique du Montreal Gazette disant que l’anglais était en péril au Québec, et riaient jusqu’à en pleurer. 

ALIVE AND KICKING

Mais Michael Rousseau l’a dit ! À tout le monde ! Devant la télé !

Pour faire son finfinaud !

Le secret est éventé ! 

Et les nationalistes sont sortis de leur torpeur, demandant des lois linguistiques plus sévères ! 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

C’est maintenant au tour du grand patron de SNC-Lavalin d’en prendre plein la gueule !

Tous les patrons unilingues anglophones vont y passer ! L’un après l’autre !

Tout ça parce que Michael Rousseau n’a pas pu se retenir !

Oh my God ! Why, God, why ? Why couldn’t this man keep his mouth shut ?

Because of him, we’re in deep shit, now !

Terminées, les belles années où les anglophones du Québec pouvaient jouer à la victime ! « Bou hou hou, notre communauté fond comme neige au soleil ! Bou hou hou, vous nous utilisez comme bouc émissaire alors que tous les anglos qui sont restés au Québec parlent aussi bien français que Thomas Mulcair ! »

C’est fini !

Les francophones, maintenant, connaissent la vérité !

Ils savent que l’anglais is alive and well and kicking butts all over Ste-Catherine Street !

Michael, pourquoi as-tu brisé le silence ? Pourquoi as-tu dit la vérité ?

N’avais-tu pas prêté serment, un beau samedi matin, dans la cave d’un bar de la rue Crescent, la main droite posée sur un livre de Mordecai Richler ?

LE ROI EST NU !

Voilà pourquoi les anglos du Québec sont fâchés contre le patron d’Air Canada.  

Parce que ce n’est plus possible, maintenant, pour aucun anglophone de perpétuer le mythe d’une communauté anglophone 100 % bilingue. 

Qu’un francophone dise qu’on peut vivre à Montréal sans parler un mot de français est une chose.

On les connaît, les francophones, ils sont hyper paranos concernant leur langue...

Mais là, c’est un anglo qui l’a dit !

Comment nier cette réalité, maintenant ?