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Enquête publique: Arruda redoutait l’impact de la COVID-19 en CHSLD en février

Enquête publique: Arruda redoutait l’impact de la COVID-19 en CHSLD en février
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Dès février, soit bien avant le déclenchement de l’état d’urgence sanitaire, la santé publique redoutait l’impact de la COVID-19 dans les CHSLD si le virus commençait à se transmettre dans la communauté.

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«Il y avait une pensée comme quoi ces milieux-là allaient être touchés», a révélé le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, au deuxième jour de son témoignage à l’enquête publique de la coroner Géhane Kamel sur les décès en CHSLD lors de la première vague.

«J’ai vraiment un malaise», a d’ailleurs indiqué cette dernière au sujet de cette information qu’elle a qualifiée de «troublante». À l’époque, les milieux de soins, tels que les CHSLD, étaient beaucoup moins préparés à l’arrivée de la pandémie que les hôpitaux, a rappelé la coroner Kamel.

Compte tenu de la situation d’alors en Italie, où les hôpitaux débordaient, la priorité a été donnée «à la réorganisation des soins», a admis le Dr Horacio Arruda. «Mais dans les faits, il y a peut-être eu certains enjeux avec la gestion des milieux de soins qui auraient dû être là», a-t-il ajouté.

Le scientifique a ensuite été interrogé par l’avocat Patrick Martin-Ménard à savoir si les CHSLD étaient «l’angle mort» du gouvernement. «Ça dépend de ce que vous dites par "angle mort". On savait que le risque allait être là», a répondu le Dr Arruda.

Pas consulté

Il a également précisé ne pas avoir été consulté par rapport à la décision de Québec de transférer des centaines d’aînés des hôpitaux vers les CHSLD, au tout début de la pandémie, afin de libérer des lits pour accueillir la vague de malades anticipée.

Cette décision relevait plutôt du ministère de la Santé et des Services sociaux, puisqu’il s’agissait de la gestion du réseau, a-t-il indiqué. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Rappelons qu’en mars 2020, des centaines d’aînés ont été transférés des hôpitaux vers des CHSLD et d’autres milieux d’hébergement afin de libérer une partie des 6000 lits, dont le gouvernement prévoyait avoir besoin pour faire face à une vague de patients infectés par la COVID-19.

Critiqué de toute part, le gouvernement avait mis fin à ces transferts quelques semaines plus tard, après avoir réussi à libérer 8000 lits. Plus de 5000 personnes décéderont dans les mois suivants, en CHSLD, en raison du virus.

«C’est ce qu’il fallait faire, prendre les personnes qu’on était capables de transférer dans des CHSLD pour libérer des lits dans les hôpitaux, pour accueillir éventuellement la vague qui viendrait à la suite de la COVID-19», s’était ensuite défendu le premier ministre, François Legault, le 15 avril 2020.

35 000 hospitalisations

Selon la sous-ministre Lucie Opatrny, qui témoignait à la suite du Dr Arruda, environ 1200 patients ont ainsi été transférés. L’un des scénarios présentés au gouvernement début mars prévoyait qu’au pire de la première vague, 35 000 personnes devraient être hospitalisées chaque semaine au Québec si rien n’était fait pour ralentir la transmission dans la population.

«Ça nous a frappés quand on a vu ça», a-t-elle indiqué.

La gestionnaire a aussi reconnu que la directive envoyée par le gouvernement de ne pas rapatrier de patients dans les hôpitaux à moins de circonstances «exceptionnelles» avait pu être interprétée différemment sur le terrain.

Anglade veut entendre Blais

Pour la cheffe libérale, Dominique Anglade, l’aveu du Dr Arruda soulève de nombreuses questions. «Si le gouvernement savait, depuis le mois de janvier, quels sont les gestes qui ont été posés pour pouvoir renflouer les réserves en termes d’équipement» de protection personnelle, a-t-elle demandé à titre d’exemple.

Par ailleurs, Mme Anglade estime que la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, doit absolument venir témoigner devant la coroner lorsque son congé de maladie pour épuisement professionnel sera terminé.

«Elle était là lorsque les décisions ont été prises, a dit Mme Anglade. Alors, c’est certain que son témoignage est essentiel.»

Le témoignage de la ministre de la Santé et des Services sociaux à l’époque, Danielle McCann, est attendu mercredi.

– Avec la collaboration de Patrick Bellerose, Le Journal de Québec

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