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Il y a 2 ans, un mystérieux virus apparaissait en Chine

Il était impensable d’imaginer quelle ampleur allait prendre cette étrange pneumonie

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Photo AFP Le 26 janvier 2020, au début de la pandémie, des membres du personnel médical portant des vêtements de protection pour aider à stopper la propagation du nouveau coronavirus accompagnaient un patient dans un hôpital de Wuhan, dans la province centrale chinoise du Hubei.

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Le 17 novembre 2019, une première personne commençait à souffrir d’une mystérieuse pneumonie à Wuhan, en Chine. Deux ans plus tard, cette infection, qui soulevait alors peu d’inquiétudes, a tué 5 millions de personnes et changé le monde à jamais.

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«Jamais on n’aurait pu imaginer que ça prendrait cette ampleur! Je m’attendais plus à ce que ce soit du même ordre que le SRAS ou du H1N1, donc une pandémie qui nécessite certaines mesures, mais pas une crise sanitaire mondiale qui a chamboulé nos existences, nos habitudes et qui va durablement avoir un impact», explique le Dr Amir Khadir, infectiologue et microbiologiste. 

  • Écoutez l'entrevue du chercheur en immunologie à l'Université de Montréal, André Veillette, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Comme lui, de nombreux spécialistes québécois ont appris à travers les médias l’existence d’une «mystérieuse pneumonie» qui touchait une cinquantaine de personnes à Wuhan, en Chine, vers le mois de décembre 2019.

La Chine, inquiète, craignait de revivre l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui avait fait plusieurs centaines de morts entre 2002 et 2003.

«Risque faible»

En Occident, personne ne se doutait que cette infection aurait d’aussi lourdes conséquences. Alors que la Chine annonçait le 20 janvier 2020 près de 200 cas d’infection et trois décès, l’administratrice en chef de la Santé publique du Canada, Theresa Tam, indiquait en parallèle que le risque de propagation de la maladie était «considéré comme faible».

«On avait quand même bon espoir de s’en sortir sans trop de problèmes, du moins ici au Canada, et ça a été l’erreur. On ne s’est pas mis dans la position où ça pourrait devenir catastrophique», pense Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec.

Benoît Barbeau, virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, croit aussi que les pays occidentaux ont été trop confiants et trop peu préparés.

«On éteint toujours des feux au lieu de les prévenir», image-t-il.      

  • Écoutez le tour des actualités de Philippe-Vincent Foisy et Carl Marchand sur QUB radio:   

Durée

Pour Alain Lamarre, virologue et professeur-chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), rien ne laissait présager que la pandémie durerait, en plus, aussi longtemps.

«Ça restait quand même une possibilité que tout le monde redoutait. Mais on se fiait à ce qui s’était passé avec le premier SRAS et qui s’était éteint tout seul», ajoute-t-il.

Pour lui, comme pour le Dr Jacob, il devient de plus en plus clair que le virus n'est pas près de disparaître.

«On va sûrement être pris avec ça pendant longtemps. Ce virus-là ne disparaîtra pas, il est trop répandu dans tous les recoins de la planète et la couverture vaccinale ne pourra pas être suffisamment haute pour protéger l’ensemble de la population mondiale», pense M. Lamarre. 

– Avec Jean-Nicolas Blanchet 

De nombreuses leçons à tirer  

Après deux années de pandémie, de nombreuses leçons sont à tirer pour éviter qu’une nouvelle catastrophe ne prenne autant d’ampleur et tue autant de personnes, clament plusieurs experts.

«Si les pays occidentaux avaient eu le minimum de décence d’être moins arrogants, moins nombrilistes et s’étaient inspirés de meilleures pratiques mises en œuvre au Japon, en Chine ou en Corée du Sud, nous n’aurions pas eu autant de millions de morts, et probablement qu’on aurait pu juguler la pandémie, qui ne se serait pas étalée sur deux ans», estime l’infectiologue et microbiologiste Amir Khadir.

Plusieurs experts scientifiques, qui suivent depuis près de 24 mois la crise sanitaire, espèrent que cette pandémie a obligé les gouvernements à avoir une prise de conscience, notamment sur l’importance des systèmes de santé adéquatement financés.

Se préparer

Pour le virologue Benoit Barbeau, le Québec et le Canada manquaient manifestement de préparation pour faire face à une pandémie de cette envergure.

«On n’avait aucune idée de la façon de réagir si une pandémie de la sorte nous tombait dessus, en plus de ne pas avoir la structure nécessaire pour répondre à la situation! Si bien que finalement en quelques mois on s’est aperçus qu’on avait des problèmes d’approvisionnement, qu’on ne pouvait pas faire de retraçages et qu’on était dépassés par la situation», déplore M. Barbeau.

Science

Même si de nombreuses lacunes ont été mises en lumière par la pandémie, comme la gestion des CHSLD, le virologue Alain Lamarre se réjouit que le gouvernement ait tout de même pris la majorité de ses décisions en fonction des données scientifiques disponibles, contrairement à de nombreux autres pays partout dans le monde.

«On a quand même eu une approche basée sur la science, et ça a donné des résultats», estime-t-il. 


6 janvier 2020 

À cette date, «une mystérieuse pneumonie» commence à inquiéter la communauté scientifique et à susciter des interrogations chez elle. Au total, 59 personnes ont été contaminées, en majorité des vendeurs dans un marché de fruits de mer à Wuhan, en Chine. Tous les patients sont placés en quarantaine par les autorités sanitaires, qui affirment qu’il ne s’agit pas du SRAS, maladie virale qui avait fait des centaines de morts entre 2002 et 2003. 

10 janvier 2020 

Les autorités sanitaires chinoises annoncent finalement que la «mystérieuse pneumonie» est causée par un SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). C’est à ce moment que l’on apprend que la souche fait partie des «coronavirus».

Le lendemain, Pékin annonce que ce nouveau virus fait une première victime : un homme de 61 ans qui fait régulièrement son épicerie au marché de Wuhan. 

20 janvier 2020 

La situation s’accélère en Chine, qui compte 200 cas actifs à ce moment, dans plusieurs villes du pays, en plus de recenser trois décès. Au Canada, l’inquiétude s’intensifie et les autorités du pays publient des mises en garde à l’intention des Canadiens qui iraient fêter le Nouvel An chinois à Wuhan. Ottawa estime alors que le risque de contamination est faible.

Les autorités mondiales de santé publique prévoient de se réunir afin de voir s’il faut déclarer le nouveau virus comme une «urgence de santé publique de portée internationale». Theresa Tam, administratrice en chef de la Santé publique du Canada, indique que le risque de propagation de la maladie au pays est «considéré comme faible», mais que des mesures seront toutefois mises en place, notamment dans des aéroports.   

16 février 2020 

Deux Québécois partis faire une croisière à bord du Diamond Princess ont reçu le diagnostic et ont appris qu’ils étaient tous les deux atteints de la COVID-19, ce qui en faisait les deux premiers Québécois à être frappés par la maladie. Ils étaient coincés depuis déjà deux semaines sur le paquebot, qui était en quarantaine. On recensait 355 cas confirmés sur les 1219 passagers de ce bateau de croisière. 

28 février 2020 

Un tout premier cas de COVID-19 est détecté à Montréal. Une femme de 41 ans qui revenait d’un voyage en Iran a été déclarée positive et est en isolement à son domicile. À l’époque, la ministre de la Santé du Québec, Danielle McCann, dit qu’il n’y a «pas lieu de s’inquiéter». Quatre hôpitaux sont désignés pour accueillir et soigner les patients atteints de la COVID-19. 

12 mars 2020

La planète se met peu à peu sur pause: les Bourses dégringolent, plusieurs compagnies aériennes telles qu’Air Canada commencent à annuler les vols vers certaines destinations. François Legault tient sa première conférence de presse en direct à la télévision, en compagnie du Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec, et de la ministre de la Santé, Danielle McCann. Le chef du gouvernement québécois fait en même temps ses premières annonces, soit celle de l’isolement préventif pendant 14 jours pour toutes les personnes présentant des symptômes et revenant de l’étranger et celle de l’annulation de tous les évènements qui regroupent plus de 250 personnes, durant 30 jours. La veille, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait une pandémie mondiale. Le lendemain, le 13 mars 2020, l’urgence sanitaire est déclarée dans la province. 

16 mars 2020 

Le Québec se met sur pause pour la première fois: le gouvernement annonce la fermeture des bars, des gymnases, des cabanes à sucre, des salles de spectacle, des piscines, des arénas et des centres de ski. Les restaurants diminuent leur capacité de moitié. Les églises annulent toutes leurs activités, y compris les messes. Les Québécois sont incités à maintenir une distance d’au moins 1 mètre entre eux et à limiter leurs déplacements. De son côté, Justin Trudeau annonce la fermeture des frontières avec tous les pays, sauf les États-Unis. À ce moment-ci, le port des masques de protection n’est pas encore recommandé par le gouvernement.

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