/opinion/faitesladifference
Navigation

Comment se portent les tout-petits au Québec?

Comment se portent les tout-petits au Québec?

Coup d'oeil sur cet article

Il n’est pas facile de répondre à cette question. En effet, les données les plus récentes dont nous disposons datent pour la plupart d’avant la pandémie. Or, comment répondre adéquatement à la question sans tenir compte de l’effet de la crise sanitaire sur les conditions de vie des tout-petits et de leur famille?  

Pourtant, s’il y a un moment où nous avons besoin de données sur l’état de nos tout-petits, c’est bien maintenant. Comment, en effet, faire des choix de société éclairés sans connaître les enjeux vécus par les familles, sans avoir une idée claire des besoins les plus criants? Dans pareil contexte, les données sont comme un phare qui guide l’équipage et qui lui permet de traverser le brouillard pour se rendre à destination. 

Le portrait de la situation

Le Portrait 2021 des tout-petits au Québec, dévoilé aujourd’hui, dresse un état de la situation. D’abord, celui-ci indique qu’aucun décès dû à la COVID-19 n’a été recensé chez les enfants âgés de 0 à 5 ans, et que le risque d’hospitalisation en raison de la COVID tout comme le risque de transmission du virus de la femme enceinte vers le nouveau-né sont faibles. 

Le Portrait révèle toutefois d’autres données plus préoccupantes et qui seront à suivre de près au cours des prochaines années. Les taux d’accouchement par césarienne (25,5 % en 2018) sont en augmentation depuis le début des années 2000 et se situent au-dessus de la recommandation de l’OMS (entre 10 % et 15 %). Plusieurs des mamans qui débutent l’allaitement cessent dès les premiers mois, ce qui peut indiquer la présence d'obstacles à l'allaitement. Or, l’OMS recommande de nourrir les bébés exclusivement avec du lait maternel durant les six premiers mois de leur vie. 

  • Écoutez l'entrevue de Fannie Dagenais au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:  

De plus, nos tout-petits ne font pas suffisamment d’activité physique et passent trop de temps devant les écrans, phénomène qui a été amplifié par la pandémie. Selon des études menées au cours de la dernière année, la pandémie aurait aussi eu des répercussions sur la qualité de l’alimentation des enfants, tout particulièrement au sein des familles de milieux défavorisés. 

D’autres études jumelées à l’expérience des organismes qui travaillent auprès des familles nous indiquent que la pandémie a fragilisé la situation financière de nombreuses familles, les amenant à vivre de l’insécurité alimentaire. Les bouleversements et l’isolement social vécu par plusieurs ont également eu des effets sur la santé mentale des tout-petits et de leurs parents. Enfin, l’accumulation des sources de stress au sein des familles a augmenté le risque de situations de maltraitance. 

Des choix déterminants

En somme, les études menées à ce jour indiquent que les effets négatifs de la pandémie sur le développement cognitif, socio émotionnel et langagier des jeunes enfants ont davantage d’impacts sur les tout-petits issus de milieux défavorisés, et pourraient avoir des effets à long terme sur leur santé et leur bien-être. 

Les choix que nous faisons maintenant et ceux que nous ferons comme société au cours des prochaines années seront déterminants. Pour nous assurer de mettre en place les mesures collectives permettant à chaque enfant de développer son plein potentiel, il sera essentiel de suivre de près l’état de santé et le développement de nos tout-petits. 

Fannie Dagenais, Directrice de l’Observatoire des tout-petits

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?