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Le problème est profond

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Photo Chantal Poirier Il est temps de donner une chance à Cayden Primeau.

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Une tuile n’attend pas l’autre dans l’entourage du Canadien ces temps-ci, mais ce qui me dérange le plus, c’est que je ne vois pas une équipe désespérée. Pourtant, il est déjà minuit moins une. 

Avant le début de la saison, je voyais difficilement le Canadien se classer en séries avec une équipe en santé, incluant Carey Price. Présentement, les blessures s’accumulent et à la suite de la perte de Jake Allen, la garde du filet revient aux gardiens numéro 3 et 4 de l’organisation. 

On ne sait trop quelle sera la durée de l’absence d’Allen (ni celle de Price), mais il est temps de donner une chance à Cayden Primeau. J’aimerais le voir devant la cage ce soir, au Madison Square Garden. 

Samuel Montembeault a montré quelques bons signes en fin de semaine, mais le projet du CH depuis quelques années est Primeau et l’occasion est belle de voir ce qu’il a dans le ventre. 

On a déjà vu des gardiens arriver des mineures et virer la Ligue nationale à l’envers, comme Andrew Hammond avec Ottawa, en 2015 (avec une fiche de 20-1-2, une moyenne de ,941 et un taux d’efficacité de 1,79), ou Jordan Binnington avec St. Louis, en 2018-2019 (24-5-1, ,927 et 1,89). Mais soyons réalistes. C’est mal barré pour le Canadien et l’on ne risque pas de le revoir en finale de la Coupe Stanley au printemps. 

Sans rien enlever à leur brio en séries, les joueurs du CH se sont rendus en finale grâce à des performances exceptionnelles de Carey Price. Reverra-t-on ce Price un jour ? Je l’espère, mais honnêtement, avez-vous l’impression que le Tricolore sera une équipe dominante la saison prochaine ? 

Depuis trop d’années, le Canadien est, au mieux, un club de milieu de peloton espérant qu’il participera aux séries. En février, on a congédié un entraîneur d’expérience, Claude Julien, pour le remplacer par une recrue, Dominique Ducharme. Autant j’apprécie son travail et son approche, autant je sympathise avec lui. 

Il a les mains liées avec les départs de Phillip Danault, Tomas Tatar, Jesperi Kotkaniemi et Corey Perry, ainsi que les absences de Price, Shea Weber, Joel Edmundson, Paul Byron, Jonathan Drouin et Mike Hoffman. 

Se contenter de peu 

Le problème est cependant plus profond. Je crois que le noyau du CH est habitué à se satisfaire de peu et on le constate dans la crise actuelle. On se contente d’être une équipe ordinaire sans sentiment d’urgence. Je regarde le comportement des joueurs et j’écoute leurs déclarations. J’entends des gars dire qu’ils font de bonnes choses et qu’ils vont espérer un meilleur sort au prochain match. C’est la recette du Canadien, mais il faut la changer. 

On ne voit pas ce mode de pensée chez les formations qui dominent saison après saison. Malheureusement, on ne change pas une mentalité du jour au lendemain et pour changer une recette, ça prend de nouveaux ingrédients. 

Imiter les Rangers 

Je crois qu’il est temps de passer à une autre étape et de suivre l’exemple des Rangers de New York qui ont amorcé une reconstruction accélérée en 2018. Et ça regarde plutôt bien pour l’avenir dans leur cas. En 2018, ils avaient quelques bons espoirs en banque, comme Adam Fox et Igor Shesterkin, mais ils ont aussi acquis un joueur étoile en Artemi Panarin et ils ont pu obtenir le premier choix de 2020, Alexis Lafrenière. 

Du côté du Canadien, seul Nick Suzuki est un intouchable, selon moi. Je serais prêt à me départir de n’importe quel autre joueur avec la bonne offre. Plus la saison progressera, plus Marc Bergevin recevra des propositions intéressantes pour ses vétérans. Il y aura des occasions, mais c’est le temps de préparer le terrain.  

Ce que l’on ne sait pas, c’est si Geoff Molson et le directeur général sont sur la même longueur d’onde quant à l’avenir de l’équipe.  

– Propos recueillis par Gilles Moffet  

Entrefilets 

Cole Caufield

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Photo d'archives, Agence QMI

Certains parlent déjà de rappeler Cole Caufield du Rocket de Laval. C’est trop tôt, à mon avis. Il est là-bas pour développer tous les aspects de son jeu et pour retrouver sa touche de marqueur. Lorsqu’il reviendra chez le Canadien, je veux qu’il soit en pleine confiance et que son entraîneur, Jean-François Houle, soit satisfait de ses progrès. 

Ovi ! Ovi ! Ovi !

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Photo d'archives, AFP

D’accord, j’ai un faible pour Alex Ovechkin, mais comment ne pas en parler ? Il est la première étoile de la semaine dans la LNH, et je répète à qui veut l’entendre qu’il va battre le record de Wayne Gretzky de 894 buts. À 742 filets, il en manque 152 à « Ovi » pour rejoindre Gretzky et il a déjà 12 buts en 15 matchs cette saison. À 36 ans, c’est phénoménal. Je crois que les Capitals de Washington vont lui laisser toutes les chances de surpasser la « Merveille ».  

Chapeau, Fucale !

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Photo d'archives, AFP

Je suis vraiment heureux que Zachary Fucale ait enfin eu, à 26 ans, la chance de jouer un premier match dans la Ligue nationale, et il a obtenu une victoire par jeu blanc avec les Capitals, aux dépens des Red Wings de Detroit. Ses coéquipiers ont offert une superbe performance devant lui. Il a été retourné aux Bears de Hershey, mais j’espère qu’il aura la chance de revenir dans la grosse ligue. J’ai toujours aimé son attitude, et sa persévérance commence à rapporter. J’étais également très fier de le voir porter le numéro 60. 

Le Temple de la renommée

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Photo AFP

Les six nouveaux membres du Temple de la renommée du hockey méritent amplement leur place. Bravo à Kim St-Pierre, qui représente à la fois le Québec et le hockey féminin, une discipline appelée à grandir. Elle suit les traces de Manon Rhéaume. Jarome Iginla a été mon coéquipier au Championnat du monde junior en 1996 et il avait inscrit un but incroyable en troisième période, contre les Russes. C’est un très grand compétiteur. J’ai aussi joué avec lui au Colorado.