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«L’arracheuse de temps»: la magie opère

Francis Leclerc réinvente avec succès l’univers du conteur Fred Pellerin

L'arracheuse de temps
Photo courtoisie

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Neuf ans après la sortie d’Ésimésac, les habitants de Saint-Élie-de-Caxton reprennent vie au grand écran, cette fois-ci sous la houlette du réalisateur Francis Leclerc, qui a pris le relais de Luc Picard. Tout en demeurant fidèle à l’imaginaire de Fred Pellerin, le cinéaste a réussi à donner un nouveau souffle à cet univers en y insérant davantage d’éléments fantastiques et même un peu d’épouvante.

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Basé sur le conte du même titre que Fred Pellerin a écrit après la mort de son père, L’arracheuse de temps s’articule autour du personnage de Bernadette (Michèle Deslauriers), la grand-mère de Fred, qui tente de convaincre son petit-fils de 11 ans (Oscar Desgagnés) que la Mort n’existe pas. Pour le rassurer, elle lui racontera les aventures de sa jeunesse, à Saint-Élie-de-Caxton, en 1927, alors qu’elle avait tenté d’éliminer la Mort qui rôdait autour du village. 

Si la relation entre le petit Fred et sa grand-mère sert de fil conducteur au récit, le film s’attarde surtout aux aventures de la jeune Bernadette (incarnée par la pétillante Jade Charbonneau) qui fera équipe avec La Stroop (Céline Bonnier) pour éloigner la Mort du village. 

D’abord, chapeau au choix très judicieux des acteurs. Même si on s’était attaché à la distribution de Babine et Ésimésac – les deux films de Luc Picard tirés de l’univers de Pellerin –, les comédiens recrutés par Francis Leclerc ont su insuffler chacun leur propre couleur aux personnages. Ainsi, Marc Messier est savoureux sous les traits de Méo, le coiffeur alcoolique qui décoiffe ses clients. Pier-Luc Funk a injecté beaucoup d’humour au personnage du curé Neuf qui zozote, tandis que Céline Bonnier interprète une sorcière très moderne pour son temps. L’inquiétant personnage de la Mort, incarné par un Roy Dupuis méconnaissable, risque quant à lui de procurer quelques frissons aux tout-petits.

Humour et fantaisie

En misant beaucoup sur les interactions entre ces personnages colorés, Francis Leclerc (Pieds nus dans l’aube) rend bien justice à l’humour et à la fantaisie des contes de Fred Pellerin. La poésie et les délicieux jeux de mots du célèbre conteur sont aussi omniprésents dans les dialogues et la narration du film.

La facture visuelle du film est magnifique. Pour créer l’univers de L’arracheuse de temps, Francis Leclerc s’est inspiré de modèles hollywoodiens – de Harry Potter aux films de Tim Burton – et a fait appel au créateur d’effets visuels Arnaud Brisebois, qui a travaillé notamment sur Blade Runner 2049. Il en résulte un film fantastique inventif et ambitieux qui n’a pas grand-chose à envier aux productions américaines du genre.  

  • L’arracheuse de temps ★★★1/2   

Un film de Francis Leclerc

Avec Jade Charbonneau, Céline Bonnier, Marc Messier et Émile Proulx-Cloutier. 

À l’affiche vendredi

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