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Au ras-le-bol

Au ras-le-bol
Photo Martin Chevalier

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Les amateurs ont lancé un message qui ne doit pas atteindre les oreilles d’un sourd. 

Ils en ont au ras-le-bol.

On les a entendus, jeudi soir, au centre Bell.

Peut-on les blâmer?

Ils paient le gros prix pour assister à un spectacle de haut niveau, pour apprécier l’effort collectif d’une équipe. Ils ne demandent pas la lune. Ils veulent apprécier une performance où les joueurs offrent une prestation répondant aux attentes. Ils savent que ce n’est pas une grande équipe, mais ils veulent un effort de tous les instants.

Ce qu’on leur sert plutôt, ce sont des performances où tout est faux.

La brigade défensive est une véritable passoire, l’attaque est inexistante et les gardiens doivent réaliser des miracles pour éviter le pire.

Jeudi soir, Cayden Primeau a passé deux périodes à subir les contre-attaques des Penguins. A-t-il été aussi efficace que lors du match contre les Rangers? Non.

Mais, devant lui, ce n’était pas très reluisant. C’était même désolant.

Pourtant, les Penguins éprouvaient des ennuis depuis quelques jours. C’était une équipe vulnérable et avec un effort collectif poussé par un engagement convaincant qui fait souvent la différence entre le victoire et la défaite, il y avait une occasion pour mettre un peu de lustre à une saison horrible.

Qu’on cesse de nous casser la tête avec les blessures, qu’on cesse de répéter que cette équipe a été marquée durement par l’adversité, toutes les équipes de la ligue vivent des expériences difficiles.

Le Canadien n’a jamais été dans le coup. Jamais. Comme l’a affirmé Dominique Ducharme après le match: «On n’a pas été bons.» Quelques minutes plus tard, il a dit: «On a été mauvais.»

Il aurait pu ajouter: une telle performance, c’est inacceptable.

Il faudra bien que les décideurs de cette organisation se manifestent. Ça ne peut pas continuer ainsi. L’équipe bousille présentement ce qu’elle avait réussi à créer le printemps dernier. On avait regagné la confiance des partisans. On avait réussi à ramener le plaisir dans l’amphithéâtre et un peu partout dans la ville et en province.

Cette équipe, capable de réaliser l’impensable, avait rassemblé tout le monde.

Or, les liens ne sont peut-être pas rompus. Les amateurs garderont toujours un petit espoir.

Cependant, depuis le début de la saison, cette équipe a poussé un peu trop loin son manque de conviction, parfois son indifférence.

Et quand les amateurs laissent entendre leur mécontentement, c’est qu’on abuse de leur patience.

C’est là que ça devient inquiétant pour un propriétaire, pour une organisation. D’autant plus que l’équipe possède l’un des trois plus importants budgets salariaux de la ligue et qu’elle occupe l’avant-dernier rang de la division atlantique.

Avec cette équipe, le scénario est toujours le même.

Parfois, on peut pimenter la sauce, mais on s’empresse de tout gâcher en commettant les mêmes erreurs stupides, celles que les entraîneurs nous répètent à chaque jour.

«Quand on s’empare de la rondelle, il faut savoir par la suite la conserver et surtout fabriquer des jeux menant à la confusion chez l’adversaire» affirmait Dominique Ducharme récemment.

Et il devait ajouter: «Hélas, on n’a pas de système pour corriger ça.»

Non, il n’y a pas de système pour qu’un joueur prenne la bonne décision, ou encore, pour qu’un joueur compétitionne au même niveau que l’ennemi.

Comment expliquer que le Canadien soit si brouillon en première période, concédant une priorité de trois buts aux Penguins, et n’effectuant qu’un seul tir au but lors des 10 dernières minutes de la période?

Brouillon? Non. C’est l’individualisme qui écarte la collectivité. Comment expliquer qu’une équipe se présente devant son public et manifeste un intérêt pas très convaincant dans ses actions, pour ne pas dire un effort laissant miroiter un engagement plutôt mitigé?

Sans doute, on a levé le ton entre la première et la deuxième période, on a vu une équipe un peu plus impliquée en deuxième période. Il y a eu quelques séquences spectaculaires, surtout celle du grand favori des amateurs, Cole Caufield.

Mais, encore là, ce sont les Penguins qui, au pointage, ont gagné cette deuxième période.

Et il y a ce problème récurrent chez le Canadien. Un problème qu’on cherche à résoudre depuis des lunes. On ne marque pas de but.

Le peu d’occasion où on parvient à expédier l’adversaire dans les câbles, on ne réussit jamais à lui asséner un coup solide pour l’ébranler. Hier, Kristopher Letang, Sidney Crosby et les Penguins ont passé une soirée agréable au centre Bell.

Au moins, en quelques occasions, Cole Caufield a gardé les amateurs sur le bout de leur siège; hélas, il a terminé la soirée avec une fiche de -3. Son rappel a peut-être créé un malaise dans le vestiaire. Je pense à Brendan Gallagher, entre autres. Je peux comprendre que Gallagher ait été un joueur d’impact pour l’organisation, mais, présentement, ce n’est pas concluant. Et y a-t-il un vétéran dans ce vestiaire qui peut faire la grimace parce que l’on a rappelé Caufield et qu’on l’a utilisé au sein du trio complété par Nick Suzuki et Tyler Toffoli? Qu’ils mettent «leurs bottes de travail» et qu’ils corrigent une situation qui s’aggrave à chaque match. Qu’ils prônent la collectivité plutôt que de s’attarder à gonfler leur fiche personnelle.

Entre-temps, Mattias Norlinder s’est bien débrouillé dans les circonstances. Il a formé un beau duo avec David Savard. Alexander Romanov a disputé un match où il s’est impliqué. Mais Tylor Toffoli -2, Nick Suzuki -2, Brendan Gallagher -1, Josh Anderson -1, Jonathan Drouin -1, Christian Dvorak -1, ce sont des membres du top six.

Une soirée d’horreur pour Ben Chiarot -4 et Jeff Petry -3.

Le marque: 6-0. Une 13e défaite en 19 matchs.

De quoi animer les bureaux administratifs.