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Catastrophe en Colombie-Britannique: encore plus de pénuries de produits

Inondation
Photos courtoisie, ministère des Transports de la Colombie-Britannique Certains endroits du sud de la Colombie-Britannique ont reçu plus de 200 millimètres de pluie, dimanche dernier. Certaines infrastructures routières comme à Tank Hill, dans la vallée du Fraser, n’ont malheureusement pas su résister à ces importantes précipitations.

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L’heure est grave dans la région de Vancouver, qui vient de recevoir l’équivalent d’un mois de pluie en deux jours. La situation est dramatique et aura des conséquences économiques sur tout le pays, dont le Québec. 

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Le Canadien National (CN) n’accepte plus de conteneurs en provenance de son terminal de Vancouver ni de conteneurs à destination de Vancouver, a appris Le Journal dans un courriel envoyé hier aux clients du CN.

Des inondations et des glissements de terrain ont ravagé tout le réseau de transport. Les quatre autoroutes qui relient la région de Vancouver au reste de la Colombie-Britannique et du pays sont fermées (la 1 ou Transcanadienne, la 3, la 5 et la 99). 

C’est la même chose pour les chemins de fer. Le CN et le Canadien Pacifique (CP), de loin les deux plus importantes compagnies de chemin de fer du Canada, ne savent pas quand les trains rouleront à nouveau. 

« Les opérations du CP entre Spenses Bridge et Falls Creek restent suspendues. Il n’y a pas d’estimation pour la reprise du service », indique une porte-parole. 

« Les équipes travaillent aussi rapidement que possible », ajoute-t-on au CN. 

Le premier ministre de la Colombie-Britannique a déclaré l’état d’urgence, hier, en fin d’après-midi. L’armée a été appelée en renfort.    

  • Écoutez la chronique de Michel Girard au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:  

Une tuile après l’autre

Puisque le transport par train est à l’arrêt, la situation va vite devenir intenable au port de Vancouver, où arrivent la grande majorité des produits qu’on importe d’Asie. 

« On s’attend à des retards de navires et à une augmentation de la demande d’ancrage », indique la porte-parole du port de Vancouver, Matti Polychronis.

Une situation qui fait penser à la Californie pour certains.

« Il y avait déjà des files de bateaux au large du port de Los Angeles, ça risque d’arriver là aussi », lance Nicolas Aubert, président du transitaire international WJ Jones. 

Depuis quelques mois, « c’est une claque après l’autre » dans le transport, dit-il, avec entre autres la pénurie de conteneurs et la fermeture, pendant quelques jours l’été dernier, du troisième port mondial, celui de Ningbo-Zhoushan, en Chine.

Le patron de Dolbec International, l’un des plus importants courtiers en douane et logistique du Québec, est d’accord.

« Les temps sont si mauvais que les clients ont cessé de se plaindre », confie Pierre Dolbec.

Il cite la grève du CP, le blocus autochtone, la grève au Port de Montréal, la congestion du canal de Suez.

« C’est un malheur après l’autre... depuis 1975, je n’ai jamais connu une chose pareille », dit-il.

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Impacts à prévoir

Alors que les autorités de la Colombie-Britannique s’activent à assurer la sécurité de la population, il est un peu tôt pour identifier les impacts de la catastrophe. 

« On pourrait ne commencer à le sentir vraiment chez nous qu’après deux semaines », pense Jacques Roy, expert en transport et professeur à HEC Montréal. 

Au port de Montréal, il y a pour l’instant « très peu d’impacts, puisque c’est tout récent », confirme Renée Larouche, directrice des communications. 

Avec la collaboration de Martin Jolicoeur

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