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Quartier trop violent: une famille quitte Montréal pour une municipalité de Chaudière-Appalaches

Les membres d’une famille mettent une croix sur la métropole, rendue trop violente dans leur quartier

GEN - ÉMILIE DUBOIS ET SA FAMILLE
Photo Martin Alarie Émilie Dubois et Simon Barriault ainsi que leurs six enfants, Cédrik, Jérémy, Rafaël, Delphine, Béatrice et Livya-Rose (absente de la photo) déménageront en Chaudière-Appalaches.

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L’adolescent victime d’un meurtre gratuit dimanche soir dans le quartier Saint-Michel, à Montréal, vient confirmer à une famille de six enfants que son choix de quitter la métropole est le bon. «Fallait qu’on parte. J’ai six enfants et j’ai vraiment peur», tranche la mère de famille.

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Il y a déjà un bon moment que les Dubois-Barriault souhaitaient s’éloigner de la flambée de violence et de la vague de fusillades dans les rues de Montréal.

Ils ont multiplié les recherches sur internet et, malgré les nombreuses démarches effectuées, ils n’avaient pas encore trouvé l’endroit où élever la marmaille.

La rareté des logements et des maisons, particulièrement pour les familles de huit, n’a pas aidé non plus.

C’était jusqu’à ce que la matriarche inscrive la famille à un concours permettant de gagner la location, sans frais, d’une maison pour un an dans une municipalité de Chaudière-Appalaches. Coup de chance, le nom de la famille a été pigé parmi les finalistes.

Ainsi, les parents et leurs six enfants âgés de trois mois à 14 ans quitteront l’arrondissement LaSalle, pour s’établir à Sainte-Apolline-de-Patton, à environ 30 minutes au sud de Montmagny, au grand soulagement d’Émilie Dubois.

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Le bon choix 

Le meurtre crapuleux du jeune Thomas Trudel, abattu après une soirée au parc entre amis, alors qu’il rentrait chez lui, la conforte encore plus dans son choix de délaisser Montréal.

Il s’agit de la troisième mort violente d’un adolescent cette année à Montréal et le 31e meurtre à survenir en 2021. 

«C’est rendu dangereux habiter ici», laisse tomber la mère de famille, installée dans la métropole depuis quatre ans.

Elle ne peut s’empêcher de penser à son aîné, un garçon «tranquille» et «sans histoire», comme le jeune Thomas.

«Ça m’a choquée. J’ai cru comprendre que ce n’était pas un jeune à problème comme mon garçon. Ça peut arriver à n’importe qui.»

«J’ai un ado moi aussi de 14 ans. Si ça arrive avec un jeune sans histoire, ça pourrait être lui, ça pourrait être ses amis. Même moi je ne l’envoie plus le soir dehors, j’ai trop peur.» 

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Émilie Dubois sur QUB Radio:  

Déploiement policier chez le voisin

Au fil de l’entrevue avec Le Journal, la femme de 30 ans relate différents événements violents qui se sont produits non loin de sa résidence.

Elle parle de fusillade et de coups de feu. D’un meurtre aussi, ayant eu lieu «sur la rue derrière chez moi», le 31 octobre dernier. Et un féminicide, en mars. «Ça fait juste vraiment peur.»

Émilie Dubois a aussi bien en tête un événement survenu devant chez elle récemment et qui a nécessité un déploiement policier.

Le hasard a voulu que ça se produise le 25 octobre dernier, au lendemain de sa visite à Sainte-Apolline-de-Patton, où les familles finalistes du concours avaient été conviées pour une visite. 

Même si l’incident n’a rien à voir avec les fusillades récentes, il a quand même marqué son esprit.

«[Les policiers] avaient barré la rue et on n’avait pas le droit de sortir.» À la suite de l’intervention, elle se rappelle même avoir demandé à ses enfants de s’éloigner des fenêtres et de «baisser la tête» pour ne «pas être visibles».

«J’avais peur pour mes enfants. Je me dis : “coudonc, est-ce que je veux que ce soit ça mon avenir? Est-ce que je veux que ce soit l’avenir de mes enfants?” Je ne veux pas vivre dans la peur. [...] Pouvoir aller au centre-ville, c’est même dangereux. On n’y va plus. C’est rendu invivable Montréal», déplore-t-elle.

«Liberté et sécurité»

Si elle ne se plaignait pas de manquer d’espace à Montréal, Émilie Dubois a bien hâte de trouver «la liberté» et «la sécurité» de Sainte-Apolline-de-Patton.

Avec son conjoint Simon Barriault et toute la marmaille, elle déménagera le 22 décembre, juste à temps pour y fêter Noël.

«Je veux pouvoir sortir le soir sans avoir peur que quelqu’un me tire dessus sans raison ou de recevoir une balle perdue.»  

  • Écoutez la rencontre Dutrizac-Dumont au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:   

Des événements qui convainquent la famille de partir  

Plusieurs événements violents sont survenus à LaSalle dans les derniers mois, note Émilie Dubois, qui habite l’arrondissement. Le Journal a recensé certains d’entre eux.

31 octobre 

Un homme de 48 ans est retrouvé mort dans son logement situé dans la rue derrière chez Émilie Dubois. La victime portait des marques de violence selon la police.

25 octobre

Une dispute conjugale force un déploiement policier devant chez Mme Dubois, à qui on demande «de ne pas sortir de la maison». L’intervention se termine par l’arrestation d’un homme, mais la mère de famille confirme avoir eu peur pour elle et ses enfants.

25 septembre

Un coup de feu tiré à travers le plancher d’un logement de LaSalle mène à l’arrestation de deux personnes. Le projectile a traversé le plafond du logement situé juste en dessous, sans faire de blessé.

7 juillet

Une tentative de meurtre devant plusieurs témoins survient en plein après-midi. Au moins six coups de feu ont retenti et un homme a été blessé.

20 mars 

Une femme est sauvagement battue à mort par son conjoint dans un appartement de LaSalle. Elle succombera à ses blessures quelques jours plus tard.

Le prix remporté par la famille   

  • Location gratuite d’une maison pendant 12 mois.       
  • Résidence située à Sainte-Apolline-de-Patton, en Chaudière-Appalaches.       
  • À l’échéance, la famille pourra continuer de louer la maison.       
  • La municipalité n’exclut pas la possibilité de vendre la maison à la famille.       
  • Près de 50 familles avaient soumis leur candidature pour le concours.             

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