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La grande séduction des cégeps en région

Cegep Garneau, Visite du cegep pour la rentree, Quebec, 21 aout 2020. Photo PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI
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Alors que les projets d’agrandissement se multiplient dans les cégeps montréalais, de nombreuses places restent vacantes dans des cégeps en région qui poursuivent leur offensive auprès de Québec pour qu’on leur donne les moyens d’attirer davantage d’étudiants.

«Un cégep, c’est un poumon dans sa région», lance Marie-Claude Deschênes, directrice général du cégep de La Pocatière et présidente du Regroupement des cégeps de région, qui réunit 12 établissements. 

Au cours des prochaines années, Québec financera l’agrandissement de nombreux cégeps montréalais, déjà pleins à craquer. Or, dans ces 12 établissements régionaux qui totalisent 24 000 places, 8000 sont présentement vacantes. 

«Oui, on comprend qu’il y a une croissance de population sur l’île de Montréal et dans sa couronne immédiate, on ne peut pas le nier. Mais plus on rend l’offre attractive et on investit dans le béton à Montréal, plus on vient plomber la stratégie de recrutement potentiel en région. Ce qu’on veut, c’est arrêter de mettre de l’hélium dans le ballon», affirme Mme Deschênes. 

Les cégeps régionaux se sont unis, en mars, pour mieux faire entendre leurs préoccupations auprès de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann. Ils ont depuis «fait leurs devoirs» et ont maintenant une foule de solutions à proposer, indique Mme Deschênes. 

L’avenir des cégeps en région passe par un meilleur financement, mais aussi par des choix politiques, fait valoir le Regroupement. À commencer par le développement de programmes offerts exclusivement en région. «On propose que les cégeps en région soient les incubateurs de programmes émergents», affirme sa présidente. 

Les cégeps en région réclament par ailleurs 200 millions de dollars pour assurer un meilleur financement de leurs infrastructures et rendre la vie étudiante plus intéressante. 

Ce financement permettrait de moderniser les résidences étudiantes, les cafétérias de même que les installations sportives et culturelles. «Ça enverrait un signal important. Un agrandissement, ça coûte pas mal plus cher que ça», laisse tomber Mme Deschênes. 

Ces cégeps ont aussi obtenu récemment une bonification de 33% du programme de mobilité régionale qui permet depuis cinq ans d’octroyer des bourses à des étudiants provenant des grands centres lorsqu’ils viennent étudier en région. 

Or, il reste encore beaucoup de travail à faire pour que cette initiative soit mieux connue parmi la population en général, selon le Regroupement, qui aimerait que Québec s’implique davantage dans sa promotion. 

La survie de plusieurs programmes en région passe par ailleurs par le recrutement d’étudiants internationaux, et ce depuis plusieurs années. Québec pourrait contribuer à faciliter encore davantage les démarches de recrutement, fait valoir Mme Deschênes, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. 

«Il faut arrêter de voir les cégeps en région comme un moyen de répondre uniquement à des besoins régionaux. On est capables aussi de répondre à des besoins de main-d’œuvre à l’échelle nationale», affirme-t-elle.