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Secourue grâce à des vidéos: une esclave sexuelle mineure libérée par la police

Une ado a été sauvée des griffes de proxénètes après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux

PALAIS - Benjamin DION
Photos Ben Pelosse et courtoisie de la cour Benjamin Dion [sans masque en mortaise] hier au palais de justice de Montréal.

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Une ado qui aurait été forcée à se prostituer par deux jeunes hommes a été sauvée par le Groupe d’intervention tactique, après un signalement que des images d’elle circulaient sur les réseaux sociaux.

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« Ça se passait dans une chambre d’hôtel, c’était sur Facebook, elle se faisait pointer une arme à feu dans la bouche, on nous a demandé de nous préparer pour intervenir rapidement », a témoigné un membre du Groupe d’intervention tactique (GTI) au procès de Steve Bédard et de Benjamin Dion, hier, au palais de justice de Montréal.

L’affaire remonte à l’été 2019, quand la fille de 17 ans serait tombée dans les griffes des deux accusés. Selon la preuve de la Couronne, elle aurait atterri à l’hôtel Le Chablis, dans l’est de la métropole. 

C’est là qu’elle aurait été exploitée par les accusés de 27 et 20 ans, qui ne se seraient pas gênés pour se filmer en train d’agresser sexuellement la victime.

« Aweille, t’as six clients à faire aujourd’hui, dépêche-toi », aurait lancé Bédard à l’ado, nue, dans une vidéo transmise à une autre mineure par messagerie privée.

Cette dernière a toutefois prévenu les autorités, qui n’ont pas tardé à lancer une enquête. 

Et parallèlement, les policiers auraient trouvé d’autres images de l’ado traitée en esclave sexuelle sur les réseaux sociaux.

« On m’a parlé de Facebook Live [NDLR : une diffusion en direct] », a témoigné le policier hier.

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Porte défoncée

Dès que la victime a pu être localisée, le GTI s’est rendu au Chablis. Et comme les suspects semblaient armés, les policiers n’ont pris aucun risque.

« On avait un bouclier balistique, il y avait aussi un bélier pour défoncer la porte, a expliqué le policier. On est entrés en criant “police !”. »

Le lit de la chambre de l’hôtel Le Chablis où se trouvait la victime à l’arrivée du GTI de la police de Montréal pour la sauver.
Photo courtoisie de la cour
Le lit de la chambre de l’hôtel Le Chablis où se trouvait la victime à l’arrivée du GTI de la police de Montréal pour la sauver.

Et une fois dans la chambre, ils ont trouvé l’ado couchée sur le lit, entourée de Bédard et de Dion pendant qu’un film pornographique jouait à la télévision.

« Immédiatement, on a donné la commande verbale [aux suspects] de voir leurs mains, puis de se coucher au sol pour le menottage, a-t-il ajouté. La jeune fille ne parlait pas, elle avait le regard fixe, elle avait l’air apeurée. »

Imitation d’arme

Une paire de menottes et des préservatifs ont été retrouvés sur une table dans la chambre.
Photo courtoisie de la cour
Une paire de menottes et des préservatifs ont été retrouvés sur une table dans la chambre.

Dans la chambre, les enquêteurs ont trouvé une paire de menottes, des condoms, mais aussi un pistolet qui s’est avéré être une arme à air comprimé. 

Le pistolet à air comprimé qui aurait été utilisé.
Photo courtoisie de la cour
Le pistolet à air comprimé qui aurait été utilisé.

Il s’agissait d’une réplique très réaliste d’un Glock 17, qui était à une époque largement utilisé dans les corps policiers.

Bédard et Dion ont pour leur part été arrêtés. Ils font face à une kyrielle d’accusations, dont de traite de personne mineure, de proxénétisme, d’agression sexuelle armée, de production et distribution de pornographie juvénile ainsi que de séquestration.

Il se défend

Steve Bédard lors de son interrogatoire policier.
Photo courtoisie de la cour
Steve Bédard lors de son interrogatoire policier.

À la suite de leur arrestation, Bédard et Dion ont été interrogés par les enquêteurs. Et lors de la rencontre, Bédard s’est défendu d’avoir forcé l’adolescente à faire quoi que ce soit.

« Moi, je tenais le gun, c’est elle qui le rentrait dans la bouche, a-t-il dit. Je ne sais pas combien de fois je lui ai demandé si c’est correct. »

Ajoutant qu’il ignorait que l’ado était mineure, il en a ensuite remis.

« Moi, j’ai jamais forcé personne à rien faire », a-t-il dit.

La présentation de son interrogatoire devant le juge Alexandre St-Onge se poursuit aujourd’hui, au palais de justice de Montréal. 

De la preuve technologique sera ensuite déposée, suivie de la rencontre de Dion avec un enquêteur.

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