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Une nouvelle poursuite contre Gilbert Rozon, cette fois-ci par la fille de l’humoriste Jean-Guy Moreau

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Même s’il a été acquitté de viol au criminel, Gilbert Rozon n’en a définitivement pas fini avec la justice puisqu’une sixième poursuite au civil a été intentée contre lui ce jeudi, cette fois par Sophie Moreau, qui lui réclame 1,25 million de dollars.

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«Elle reste choquée et dégoûtée qu’un homme mature [...], son patron, ait demandé avec insistance de lui “prendre sa virginité” alors qu’elle n’était qu’une enfant et en dépit de ses refus répétés», peut-on lire dans le document de cour déposé au palais de justice de Montréal.   

  • Écoutez le journaliste du Journal de Montréal Michael Nguyen avec Benoît Dutrizac sur QUB Radio:   

Mme Moreau, qui fait partie des neuf femmes qui avaient publiquement dénoncé le fondateur de Juste pour rire en 2017, est la sixième femme à le poursuivre à la suite de l’échec d’une action collective intentée contre lui. Comme la Cour d’appel avait affirmé que chaque plaignante devait plutôt entamer des procédures individuelles, c’est ce qu’elle a fait.

Jocelyn Malette

Mineure

Selon la poursuite déposée par le cabinet Trudel, Johnston & Lespérance, Sophie Moreau aurait subi du harcèlement et des agressions sexuelles des mains de Rozon en 1988 et 1989.

Alors âgée de 15 ans, Mme Moreau explique qu’elle travaillait comme réceptionniste pour le festival Juste pour rire lorsque Rozon l’aurait saisie une première fois, en bas d’un escalier.

«Elle fige, lit-on dans la poursuite. Elle est sous le choc et ressent un profond malaise. Elle refuse d’embrasser le défendeur.» 

Rozon aurait relâché son étreinte. Peu après, une jeune femme aurait soufflé à l’oreille de Mme Moreau de «faire attention».

«Avec le recul, elle comprend à quel point cet avertissement était fondé», indique la poursuite. 

  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:  

Harcèlement

Car Rozon aurait continué malgré un premier refus et même s’il était proche du père de Mme Moreau.

«Un jour, alors qu’elle se trouve dans le grand escalier des bureaux, le défendeur la croise et lui agrippe une fesse au passage», explique la poursuite en situant l’événement à l’été 1989.

Par la suite, Rozon aurait agrippé l’ado à plusieurs autres reprises en répétant qu’il voulait «prendre sa virginité».

«Le défendeur s’est livré à de multiples attouchements à caractère sexuel sur la demanderesse tout en la harcelant sexuellement, peut-on lire dans la poursuite civile. La persistance du défendeur a causé chez elle une crainte insidieuse qu’il continue d’utiliser son pouvoir et son statut pour lui arracher ce qu’il voulait.»

Plainte

Mme Moreau, qui est maintenant recherchiste, affirme qu’elle a voulu dénoncer Rozon une première fois quand ce dernier avait reconnu sa culpabilité pour une agression sexuelle sur une croupière du Manoir Rouville-Campbell en 1998. Mais si elle n’a rien dit, c’était par peur des conséquences sur elle et sa famille, qui travaillent dans le monde de l’humour.

Elle dit en avoir parlé à ses parents en 2005 et 2006 pour ensuite faire une sortie publique, entre autres au Devoir en 2017.

Soulignant que Rozon avait empoché environ 65 millions de dollars avec la vente de Juste pour rire, elle demande maintenant justice.

«Par la présente procédure, elle demande que justice soit faite, que le vérité [...] soit démontrée, que les mensonges [de Rozon] soient exposés, qu’il paie pour les dommages qu’il a causés et qu’il soit condamné à des dommages punitifs suffisamment importants pour dénoncer, punir et dissuader son comportement odieux», indique le document de cour.

La poursuite sera présentée prochainement devant le tribunal. Rozon a toujours nié toute agression.

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