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Biden fête ses 79 ans, quid de sa succession?

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Photo AFP Le président des États-Unis, Joe Biden

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Au moment de sabler le champagne sans alcool pour son anniversaire, samedi, Joe Biden sera le premier président américain en exercice à avoir jamais soufflé 79 bougies.

Le démocrate, plus vieux président de l’histoire des États-Unis, a fait savoir publiquement qu’il comptait postuler à sa propre succession, mais son grand âge alimente les spéculations sur le fait qu’il pourrait renoncer.

La candidature d’un président américain en cours de premier mandat fait habituellement peu de doute: ils ont tous cherché à être réélus depuis Lyndon Johnson, voilà plus d’un demi-siècle.

Mais Joe Biden achèverait un éventuel second mandat à l’âge canonique de 86 ans, et de potentiels successeurs et leurs soutiens sont déjà en train de se placer, arguant que quatre années supplémentaires seraient la ligne de trop à son CV politique déjà bien rempli.

Seuls 40% des électeurs consultés par un récent sondage Politico/Morning Consult considéraient que le démocrate était « en bonne santé », contre 50% pensant le contraire. Un renversement de situation radical: le rapport de force était de 53% contre 34% il y a un an.

En cas de problèmes de santé, « ses projets pourraient changer », estime David Greenberg, professeur de journalisme et d’histoire à l’université Rutger, dans le New Jersey.

« Cela créerait un champ très ouvert, où pourraient figurer beaucoup de ses dauphins (de la primaire démocrate de 2020, NDLR), ainsi que beaucoup de gens qui n’étaient pas candidats. »

Si Joe Biden devenait le premier candidat présidentiel octogénaire, cela discréditerait quelque peu le statut qu’il s’était donné pendant la campagne de « pont » avec la prochaine génération (compris par beaucoup comme une assurance qu’il ne solliciterait pas de second mandat).

« Ensemble »

Kamala Harris, qui a marqué l’histoire en devenant la première femme et la première personne noire et asiatique à être investie vice-présidente, fait figure d’héritière évidente.

Mais son aura a récemment pâti d’informations de presse faisant état de dysfonctionnements au sein de son équipe, et de sa frustration face aux missions ardues qui lui ont été confiées.

« Nous faisons avancer les choses et nous le faisons ensemble », a-t-elle riposté jeudi sur la chaîne ABC. Interrogée au sujet des intentions de Joe Biden pour la suite, elle a affirmé ne les avoir « absolument pas » évoquées.

Il est relativement courant que les vice-présidents se voient assigner des tâches difficiles mais Mme Harris, dont la cote de popularité atteint seulement 35,6% d’opinions positives, a hérité d’un portefeuille de missions particulièrement compliquées, entre organisation de la réponse aux attaques des républicains sur le droit de vote et gestion de la crise migratoire à la frontière avec le Mexique.

Sous le feu des critiques de l’opposition, qui reproche à son administration de n’avoir pas su endiguer l’afflux de migrants venus d’Amérique latine, elle a peiné à expliquer pourquoi elle ne s’était début juin toujours pas rendue à la frontière (elle y est allée le 25 juin).

« Je n’ai pas non plus été en Europe... Enfin, je ne comprends pas ce que vous essayez de dire », a-t-elle lancé à des journalistes lors d’un voyage au Guatemala. « Je n’ignore pas l’importance de la frontière. »

Plusieurs médias américains ont par ailleurs rapporté jeudi la démission de sa directrice de la communication Ashley Etienne, officiellement partie saisir « d’autres opportunités » selon des responsables de la Maison Blanche, mais ajoutant aux questions sur le moral de ses troupes.

« Espoirs et rumeurs »

Autre précurseur, le ministre du Travail Pete Buttigieg, premier membre ouvertement homosexuel d’un gouvernement américain, devrait encore gagner en visibilité en pilotant la mise en oeuvre des colossaux investissements dans les infrastructures, d’un montant de 1200 milliards de dollars.

Il fait toutefois aussi face à l’épineuse crise des chaînes d’approvisionnement. Et ses détracteurs notent qu’en dépit d’une remarquable campagne lors de la primaire, il a souffert d’un flagrant manque de soutien des minorités.

Bien que Pete Buttigieg ait une carte à jouer, Kamala Harris reste la favorite pour succéder à Joe Biden, selon plusieurs experts consultés par l’AFP.

« Au-delà de ces deux là, il faut surveiller le gouverneur de Californie Gavin Newsom », qui a facilement contré une tentative de destitution, avance Tommy Goodwin, un lobbyiste de Washington habitué des arcanes du pouvoir. « Beaucoup s’attendent à ce que Newsom se positionne si l’opportunité de faire campagne se présentait. »

Beto O’Rourke, candidat à la primaire de 2020, qui avait bien failli ravir le siège de sénateur face à Ted Cruz en 2018 et qui a annoncé sa candidature au poste de gouverneur du Texas, pourrait également à nouveau tenter sa chance.

Et parmi les sénateurs démocrates candidats à l’onction suprême en 2020, Cory Booker, Amy Klobuchar et Elizabeth Warren auraient commencé à préparer le terrain.

Gare aux spéculations, avertit toutefois Peter Loge, professeur à l’université George Washington, qui rappelle que les mêmes questions se posaient par rapport à Donald Trump en 2019.

« Il y a toujours des spéculations fondées sur des espoirs et des rumeurs », a-t-il dit à l’AFP. « Mais la plupart ne reposent sur rien d’autre que des espoirs et des rumeurs. »

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