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Cette fois sera-t-elle la bonne?

Hockey
Photo d’archives Un coup de barre est nécessaire afin de faire revivre le hockey mineur au Québec.

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Quand on connaît le grand intérêt que François Legault porte au hockey, sa décision de donner le feu vert à la création d’un comité chargé de se pencher sur l’avenir du hockey au Québec allait de soi. 

Comme bien des Québécois, le Canadien est entré tôt dans sa vie. Le CH a encore une grande signification pour lui. 

Avant de rencontrer les journalistes hier après-midi, il est allé faire des tours de patinoire sur la glace du Centre Bell. Il s’est senti comme un jeune réalisant un rêve.

M. Legault suit de près les activités du Canadien et se demande, comme tout le monde, ce que son équipe de prédilection est devenue.

Souvent au cours des dernières années, il a exprimé le souhait de voir plus de joueurs québécois chez le Tricolore. Mais il n’était pas sans savoir que la représentativité québécoise dans la Ligue nationale avait fortement baissé.

Quand sa ministre des sports, Isabelle Charest, l’a informé que des figures connues voulaient contribuer à la relance du hockey au Québec, il a dit : go !

Un séminaire sans résultat

Les comités d’études ne font pas très bonne impression en général. On a le sentiment que ça n’apporte pas de résultats.

Il y a une dizaine d’années, le Centre Bell avait été le théâtre d’un grand séminaire surnommé le Sommet du hockey québécois.

Il s’y était dit beaucoup de choses, mais les résultats furent mitigés, pour ne pas dire inexistants, sur le terrain.

Qui était le premier ministre ? a demandé M. Legault avec un sourire en coin lorsqu’il a rencontré les journalistes après ses tours de patinoire, hier.

Réponse : Jean Charest, le premier ministre au slogan : Nous sommes prêts !

M. Charest ne pouvait être imputé de cet échec. Il avait fait son bout de chemin. Il fallait regarder du côté des intervenants qui géraient le hockey québécois à cette époque.

Pour la cause, pas pour l’argent

Notre hockey est malade depuis longtemps, trop longtemps.

La culture qu’on y retrouve relève du folklore, comme Jocelyn Thibault l’a si bien dit lors de sa récente nomination au poste de directeur général de Hockey Québec.

Thibault s’est donné le mandat de mettre fin au ton archaïque qui sévit dans la pratique et la gestion du hockey au niveau mineur.

C’est toute une tâche qui l’attend, mais il faut espérer qu’il réussisse.

Thibault ne fait pas ça pour l’argent. Il en a gagné amplement durant sa carrière dans la Ligue nationale pour assurer ses vieux jours.

C’est la même chose pour Marc Denis, qui présidera le groupe d’études qui déposera ses recommandations au gouvernement en avril prochain.

Aller jusqu’au bout

L’ancien gardien et analyste au Réseau des sports embarque à son tour parce qu’il a l’impression que notre hockey se dirige vers un mur.

D’un ton haut et fort, il a déclaré qu’il s’assurera que le rapport qui sera remis au bureau du premier ministre ne soit pas remisé sur une tablette.

Quelles observations M. Legault, Mme Charest et Marc Denis font-ils du hockey québécois en ce moment ? Et qu’est-ce qui leur déplaît ?

M. Legault a parlé des coûts onéreux reliés à la pratique du hockey et des parents trop intenses à l’aréna.

« Il faut que les gens aient du plaisir ! », a-t-il lancé.

Pour sa part, Mme Charest s’explique mal que les jeunes décrochent à l’adolescence.

« Mon fils de 16 ans a arrêté de jouer au hockey à 14 ans, a-t-elle raconté.

« C’est une période où plusieurs joueurs arrêtent de jouer. Pour moi, c’est une statistique très marquante. C’est un moment où les jeunes doivent continuer à pratiquer du sport.

« Pourtant, les opportunités sont là. »

Comme Thibault, Marc Denis estime que le temps est venu de mettre fin « aux guéguerres, aux guerres de clocher. » Il veut que cessent les hostilités entre le hockey civil et le hockey scolaire. Il sait une chose aussi :

« La réalité est que ça ne se fera pas du jour au lendemain. »

Changer les mentalités...

C’est difficile de changer les mentalités. François Legault est bien placé pour le savoir, lui qui navigue sur des mers agitées dans ses fonctions de premier ministre.

Est-il possible de mettre fin aux tiraillements qui polluent le hockey québécois ? 

« On se fie beaucoup aux parents, a répondu le premier ministre à cette question.

« Ce sont des parents bénévoles, ce sont des bénévoles qui sont coaches. C’est dans la nature humaine de dire que mon gars ou le chum de mon gars a des chances de faire l’équipe.

« On dit que l’autre ne la fera pas et ça fait de la chicane. »

Ces exemples ne se comptent plus, tellement ils sont nombreux. On me dit que le soccer est atteint du même malaise maintenant. M. Legault pense qu’un changement de mentalité pourrait passer par la formation des entraîneurs.

« On mise sur des parents bénévoles, a-t-il continué.

« C’est le fun dans les petites ligues. Mais quand on tombe dans les doubles ou les triples lettres, ça devient comme stressant.

« Il y a des parents qui voient déjà leur gars dans la Ligue nationale. Il y a cette pression. »

Entraîneurs formés

M. Legault estime que des entraîneurs de formation n’ayant aucun lien avec les parents et leurs enfants pourraient être la solution pour mettre fin aux conflits entre parents.

Mais pour obtenir des entraîneurs de formation, il faudrait les payer.

Y’aurait-il des budgets pour ça ?

Soufflet au Canadien

Monsieur le premier ministre était de bonne humeur hier. Il aime parler de hockey, ça se voit.

Il a fait montre d’humour aussi lorsqu’un journaliste lui a demandé si le Canadien jouait bien son rôle auprès du hockey québécois.

Tout en disant que le CH doit donner l’exemple, M. Legault a terminé son boniment en disant, sourire aux lèvres : « Moi, je ne suis pas contre le retour des Nordiques. »

Geoff Molson, qui n’était pas à la conférence de presse, a rencontré M. Legault en privé.

S’est-il fait servir le même message ?