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Des nouvelles de Cuba

Des nouvelles de Cuba
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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On avait annoncé, un peu partout dans les grands médias et sur toutes plateformes électroniques, que le 15 novembre à Cuba serait l’équivalent du Jour J. Que la population sortirait massivement dans les rues pour signifier son rejet du gouvernement et de ses politiques socialistes. Les promoteurs de ce non-événement, basés principalement à Miami, bien à l’abri et bien rémunérés par les organisations paravents de la CIA, avaient aussi demandé à la population de s’habiller en blanc pour signifier son appui aux opposants.

Or, rien de tout cela ne s’est produit. Cependant, on ne peut pas dire que ce fut le calme plat à travers le pays. Ce 15 novembre, ce fut le retour en classe de milliers d’écoliers, tous et toutes triplement vaccinés avec un vaccin fabriqué dans les laboratoires du pays. Il fallait les voir, bien proprets et souriants, vêtus de leur uniforme et d’un petit mouchoir noué autour du cou ou sous le col de la blouse, accompagnés de leurs parents soulagés et confiants, se rendre à l’école de quartier et saluer leur «profe» tout aussi souriante. On était à mille lieues des manifestations promises.

Ce 15 novembre, ce fut aussi la réouverture des frontières aériennes de l’aéroport José Marti de La Havane, un moment attendu depuis longtemps, qui donne en quelque sorte le signal de la réouverture officielle du tourisme dans la plus grande île des Antilles, même si, à Varadero et à Cayo Coco, on accueillait les touristes depuis quelques mois, des Québécois et des Russes pour la plupart.

Le tourisme est la principale source de devises du pays et Cuba en était privé depuis le début de la pandémie, soit depuis près de deux ans. Une véritable catastrophe dont le pire fut évité puisque tout le monde mange à sa faim et dort sous un toit. Bien sûr, il y a encore des files d’attente, mais de moins en moins longues, devant plusieurs commerces, dues certes aux pénuries mais aussi aux exigences sanitaires – on ne laisse entrer que d'une à cinq ou dix personnes dans un commerce, selon la taille de l’établissement, et cela n’aide pas à la fluidité de la circulation –, mais on sent un certain retour à la normale, à ce qui existait avant la pandémie.

Toutefois, aucun signe d’apaisement dans les relations entre Cuba et les États-Unis. Au contraire, Joe Biden a menacé le gouvernement cubain de nouvelles sanctions s’il ne laissait pas les opposants s’exprimer librement. Pourtant, ces opposants ont toutes les tribunes du monde à leurs pieds pour s’exprimer et ils ne se gênent pas pour faire appel aux professionnels de la fausse nouvelle pour propager leur fiel.

Imaginez un instant comment réagirait le gouvernement québécois si une puissance comme l’Angleterre, par exemple, finançait, à travers des organisations dites humanitaires et des ONG diverses, un parti ou une organisation favorisant la partition du territoire québécois. Et les encourageait, de mille et une façons, à commettre des actions violentes qui vont jusqu’à éliminer physiquement des dirigeants gouvernementaux.

C’est pourtant ce que fait Washington depuis quelque 60 ans, impunément, à la face du monde, sans subir aucune sanction, même si, depuis maintenant 29 années consécutives, l’ONU et la majorité des nations condamnent le blocus économique et financier contre l’île socialiste.

Quant à Cuba, elle se défend du mieux qu’elle le peut contre ces agents perturbateurs financés et encouragés par Washington et la mafia de Miami, dont le fonds de commerce est le retour à la Cuba d’avant 1959. Le Québec réagirait de la même façon face à des agents provocateurs venus d’Angleterre ou d’ailleurs.

Alors, amis de tous horizons, ne boudez pas votre plaisir et n’hésitez pas à visiter cette île magnifique qui en arrache mais qui a beaucoup à offrir. Ce faisant, vous encouragerez un petit pays «bloqueado» qui en a grand besoin, tout en vous faisant plaisir.