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Le kidnapping du président Cora est un coup monté selon la défense

GEN - LE PROCÈS DE PAUL ZAIDAN
PHOTO MARTIN ALARIE L’accusé Paul Zaidan lors de son arrivée au palais de justice de Laval, plus tôt cette semaine

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À la toute fin d’un contre-interrogatoire acrimonieux, le président des restaurants Cora s’est fait demander par la défense si son « enlèvement allégué » n’est pas plutôt un coup monté servant à soupçonner et tasser son frère aîné, qui souhaitait un emploi au sein de l’entreprise familiale.  

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« Vous avez engagé [l’accusé] Paul Zaidan pour faire certaines démarches pour mettre en place cet enlèvement allégué ? Vous vouliez créer une situation pour faire tasser [votre frère] Theoharis Tsouflidis de l’entreprise ? », a demandé l’avocat de la défense Me Hovsep Dadaghalian, qui fait équipe avec Me Christopher Lerhe Mediati.

La victime Nicholas Tsouflidis, qui a été enlevé le 8 mars 2017, a répondu au jury que « c’était complètement faux »

« Wow », a-t-il laissé tomber. 

Rappelons que le président a été kidnappé le 8 mars 2017 à sa maison de Mirabel puis séquestré pendant de longues heures avant d’être relâché dans un fossé de Laval. L’ex-franchisé Paul Zaidan, 52 ans, subit actuellement son procès au palais de justice de Laval en lien avec cet enlèvement. Jusqu’à présent, il avait été très peu question de l’accusé depuis le début de son procès, mardi. 

La théorie de la défense expliquerait également pourquoi l’homme d’affaires n’a pas été violenté le soir de son kidnapping, qu’il n’a subi aucune blessure et qu’il a même bu de l’alcool avec ses ravisseurs, selon Me Dadaghalian.

Conflit familial

Plus tôt dans la journée, M. Tsouflidis a été longuement questionné sur un possible conflit entre lui et son frère. Le ton est monté au point où le juge François Dadour de la Cour supérieure a dû intervenir à plus d’une reprises.

À son retour de Grèce en 2016, où il a habité pendant une quinzaine d’années, Theoharis Tsouflidis a demandé à son frère Nicholas pour avoir un poste dans un département au siège social de la chaîne de restaurants à déjeuner Cora. 

Or, le président a refusé de donner un emploi à son frère aîné, « car il n’avait pas l’expérience requise », a expliqué Nicholas Tsouflidis. 

« Les postes sont acquis par mérite, par expérience. On ne reçoit pas un emploi dans l’entreprise juste parce qu’on fait partie de la famille », a-t-il précisé. 

Puis, Me Dadaghalian s’est à nouveau intéressé à un montant de 200 000 $ qui aurait été convenu de verser aux trois enfants de Cora Tsouflidou, peu avant l’enlèvement.

« Est-ce que vous avez été mis au courant que votre frère avait seulement reçu 50 000 $ ? », lui a demandé l’avocat de la défense.

Ce dernier a répondu qu’il ne savait pas quels montants d’argent sa mère donnait aux autres membres de sa famille lorsque l’entreprise faisait des profits.

Son frère suspecté

Plus tôt cette semaine, M. Tsouflidis avait rapporté que ses ravisseurs lui ont mentionné qu’ils auraient été payés 50 000 $ pour l’enlever. Le président se serait aussi fait dire par les malfaiteurs qu’il avait « fourré quelqu’un » de 200 000 $.

« Vous avez tout fait pour que votre frère Theoharis soit le suspect, n’est-ce pas ? », a suggéré Me Dadaghalian. 

Ce dernier a également exhibé au jury un document montrant que Theoharis Tsouflidis a vendu ses actions de l’entreprise – « à un prix moindre », selon la défense – en juin 2017, soit moins de trois mois après l’enlèvement.

Tout au long de la journée, Me Dadaghalian a référé au kidnapping comme un « enlèvement allégué », ce qui a irrité le témoin allant jusqu’à lui demander d’arrêter d’utiliser ce terme. 

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